01242017Headline:

Nouvelle Constitution ivoirienne : Ouattara garderait-il un mauvais souvenir de la succession d’Houphouët-Boigny Vraiment?

Houphouet-ado

Dans le projet de la nouvelle Constitution, qui sauf changement de dernière minute passera en référendum le 30 octobre prochain, on note la création d’un poste de vice-président.

En cas de vacance de la présidence de la République, précise l’article 180 du chapitre II relatif à la vacance de la présidence de la République, les fonctions de président de la République sont exercées par le vice-président. Le nouveau Président de la République achève le mandat du président de la République élu. Un article qui vient balayer du revers de la main l’article 40 de la constitution de 2000 qui stipule qu’en cas de vacance de la présidence de la République, l’intérim du président de la République est assumé par le Président de l’Assemblée nationale.

Mais pourquoi, le Président Alassane Ouattara qui est allé présenter et défendre son projet de nouvelle Constitution, le mercredi dernier, face aux députés veut-il coûte que coûte arracher le dauphinat du président de la République au Président de l’Assemblée nationale pour le remettre à un vice-président ?  La question fait son petit bonhomme de chemin. Mais pour des observateurs avertis, il s’agit ni plus ni moins d’un mauvais souvenir que l’actuel chef de l’Etat ivoirien garde de la succession du Président Félix Houphouët-Boigny.

La mort du Père fondateur de la Côte d’Ivoire avait donné lieu en 1993 à une guerre de succession entre Alassane Ouattara, alors Premier ministre, et Henri Konan Bédié, Président de l’Assemblée nationale d’alors. Alassane Ouattara qui était habitué à exercer l’exécutif du fait de l’état de santé fragile du Président Félix Houphouët-Boigny, est celui qui a officiellement annoncé le décès du « Vieux ».

« Après l’annonce du décès de Houphouët-Boigny, une compagnie entière du BIA (1er bataillon d’infanterie d’Akouedo) encerclait la RTI. Durant la journée, les tractations se firent d’une part comme de l’autre mais finalement vers la mi-journée, Bédié escorté par une division entière d’éléments de la gendarmerie du camp d’Agban équipée de véhicules légers avant blindé. Il s’en est suivi un face à face de quelques minutes entre les deux forces, les premières suivant les ordres du Premier ministre, selon lesquelles l’entrée devrait être bouclée. Les militaires forcés de capituler face à la démonstration de force des gendarmes cédèrent le passage, et Bédié triomphant, entra enfin au siège de la Radiodiffusion télévision ivoirienne pour y faire  son allocution en tant que président par intérim de la République de Côte d’Ivoire », se rappelle un contemporain.

La tension perceptible à l’annonce de la mort de Félix Houphouët-Boigny avait fait croire à certains que l’ancien Premier ministre d’alors, Alassane Ouattara, voulait perpétrer un passage en force à la tête de l’Etat au détriment de la Constitution qui faisait d’Henri Konan Bédié le successeur constitutionnel. Après plusieurs tractations, force a été donnéE à la loi, et le Président Henri Konan Bédié a retrouvé le pouvoir qui lui revenait de droit. Evitant ainsi à la Côte d’Ivoire une vraie guerre de succession. Ce souvenir est-il à la base de la nouvelle loi sur la vacance de la présidence de la République ? Seul l’avenir nous situera !

David YALA

linfodrome

 

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