08192017Headline:

Palais de justice: un rescapé de la résidence de Gbagbo accuse la Licorne, l’Onuci et Yao N’dré…

proces pro gbagbo

Le procès en assises des pro-Gbagbo se poursuit. La 15e session qui s’est déroulée le mardi, a vu la comparution de Yodé Ozi Nathanaël, âgé de 28 ans et mécanicien de son état.

A son arrivée dans la salle d’audience, peu avant 10 H, menottes aux mains, le prévenu, vêtu d’un pantalon Jeans et d’un tee-shirt blanc et noir, est accueilli par huit gendarmes chargés de la sécurité. Tous lui indiquent le box des accusés où il doit prendre place. Suivi de près par un policier, l’accusé, serviette au cou, rejoint sans tarder le box où les menottes lui sont retirées.

Installé depuis plus d’une demi-heure, Me Rodrigue Dadjé, avocat de la défense, se dirige vers son client afin de lui prodiguer des conseils. A 10 H, la cour fait son apparition avec à sa tête le président, Tahirou Dembélé. Le parquet général est également au grand complet. Cinq minutes plus tard, Yodé Ozi Nathanaël est appelé à la barre. « Pourquoi êtes-vous devant nous ce matin ? », lui demande le président de la cour. « Je n’ai rien fait et je ne sais pas pourquoi je suis ici. J’étais chez le président Gbagbo pour le soutenir et j’ai été arrêté le 11 avril, en même temps que lui », réagit le prévenu. « Expliquez-vous bien. Vous étiez chez le président Gbagbo pour le soutenir en quoi faisant ?», se reprend Tahirou Dembélé. Micro en main et fixant la cour, l’accusé commence alors son show par des déclarations fracassantes.

Arrêté le 11 avril à la résidence présidentielle à Cocody en compagnie de plusieurs patriotes, le prévenu a ouvertement accusé la Licorne et l’Onuci « d’avoir fait le boulot ». Il relate son arrestation dans un silence de cathédrale. « Depuis mon arrestation le 11 avril à 11 H à la résidence du président Gbagbo, on nous a conduits à l’hôtel du Golf. Après deux jours dans ce lieu, nous avons reçu la visite du ministre de la Justice d’alors, Me Ahoussou Jeannot, qui nous a rassurés. A notre grande surprise, le troisième jour des gens sont venus nous prendre pour nous envoyer à Korhogo en faisant des escales à Yamoussoukro. A Korhogo, je me suis retrouvé dans un camp où j’ai passé 3 ans et deux semaines », raconte M. Yodé, à la barre.

« Arrivé chez Gbagbo le 27 mars 2011, j’ai intégré la cellule de prière»

« J’étais à la cité du port. Le 27 mars 2011, en regardant la télévision, un message demandait aux Ivoiriens de se rendre à la résidence de Laurent Gbagbo pour le soutenir pour ne pas qu’il soit arrêté. C’est ainsi que je me suis rendu chez le président. J’ai intégré la cellule de prière. Je n’avais pas d’armes, je n’ai jamais fait partie d’une bande armée, je ne suis pas milicien. Mon rôle était de prier afin que les gens ne viennent pas l’attaquer. J’ai fait deux jours avant que les bombardements commencent. Ce sont les hélicoptères de la Licorne et ceux de l’Onuci qui ont bombardé la résidence. Ils ont ouvert la voie aux rebelles qui sont entrés. C’est ainsi que j’ai été arrêté et envoyé au Golf », ajoute-t-il.

« Le 27 mars 2011, selon vous, qui était le président de la Côte d’Ivoire ?», lui demande encore le président. «M. le président, avec tout le respect que je vous dois, c’est Laurent Gbagbo qui était le président de la Côte d’Ivoire. Je respecte la Constitution de mon pays. Et elle dit que c’est le Conseil constitutionnel seul qui donne les résultats définitifs de l’élection présidentielle », argumente le prévenu. Comme si cette réponse ne suffisait pas, l’accusé poursuit pour accabler l’ex-président du Conseil constitutionnel, Yao N’dré. « C’est lui qui a fait que la Côte d’Ivoire est dans cette situation. S’il n’avait pas proclamé Alassane Ouattara comme président, on ne serait pas dans cette situation », affirme-t-il. Les questions du parquet général fusent également. Mais, l’accusé ne démord pas. « Le mandat de Laurent Gbagbo n’est pas encore fini, il lui reste quelques mois. Son mandat prend fin avec l’élection présidentielle de 2015. Je suis contre la colonisation des Africains. Je ne veux plus que les Africains soient sous le couvert des Blancs », a encore indiqué Yodé Ozi Nathanaël.

Devant le ”fanatisme” du prévenu, la cour lui demande son mot de fin après plus de deux heures d’échanges qui ont marqué l’auditoire. « Depuis le 2 mai 2014, je suis détenu à la Maca. Je suis déçu de la justice ivoirienne. Je veux que, dans mon cas, le droit soit dit afin que je recouvre la liberté », a-t-il dit,avant de rejoindre à nouveau le box des accusés.

Deux cousins également à la barre

Deux autres accusés se sont également présentés à la barre, après Yodé Ozi. Il s’agit de Bly Marius et Dié Keï Serges Pacôme, des cousins germains. Ils sonpoursuivis pour ”atteinte à la défense nationale”, ”attentat ou complot contre l’autorité de l’Etat” ; ”constitution de bandes armées”, ”direction ou participation à une bande armée”, ”participation à un mouvement insurrectionnel”, ”trouble à l’ordre public”, ”coalition de fonctionnaires”, ”rébellion”, ”usurpation de fonction”, ”tribalisme” et ”xénophobie”.

Le premier, footballeur de son état aux Diables noirs du Congo et le deuxième, planteur à Guézon-Tawaké, dans la sous-préfecture de Bangolo, ont nié les faits qui leur sont reprochés. Selon eux, ils n’étaient pas à Abidjan lors des événements de la crise post-électorale. Si Dié Kéi est resté constant dans ses déclarations tant devant le juge d’instructions qu’à la barre, Blé Marius a refusé ses déclarations faites devant le juge d’instructions.

L’inter

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