07212018Headline:

Pdci Bureau politique du 17 juin: Ce que va faire Bédié…

Ce ne sera sans doute pas une partie de pugilat eu égard à la longue expérience- 70 ans- du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (Pdci).

Pour autant, le bureau politique de ce dimanche 17 juin 2018, s’annonce houleux. Il est censé plancher sur la question cruciale du « parti unifié ». Or le sujet divise profondément le Pdci-Rda et a donné lieu, ces derniers jours, à un déchaînement médiatique sans précédent.

Dimanche 10 juin 2018, en meeting, dans la ville de Soubré, Jean-Louis Billon, secrétaire exécutif du Pdci, réaffirmait son opposition au parti unifié : « la Côte d’Ivoire n’a pas besoin de parti unifié, les Ivoiriens veulent une Côte d’Ivoire réunifiée » (in L’inter du mardi 12 juin 2018). Il soutenait, encore, que le temps des sacrifices était terminé, et que le Pdci aura forcément un candidat à la présidentielle de 2020. « En 2020, vaille que vaille, le Pdci aura un candidat, militant actif du Pdci-Rda. C’est non négociable », a énoncé Jean-Louis Billon, précédemment porte-parole du Pdci. Dans la foulée, il fustigeait ceux qui, dans l’appareil, défendent « éperdument la cause du parti unifié ». « Ils défendent des intérêts personnels, des postes, or nous, nous défendons la Côte d’Ivoire », a argué l’ex-ministre du Commerce.

Il y avait comme une réponse du berger à la bergère dans le meeting de Fofana Siandou, également secrétaire exécutif du Pdci, ministre du Tourisme dans l’actuel gouvernement. En meeting à Port-Bouët, lundi 11 juin 2018, cet autre baron du Pdci, pro-parti unifié, répliquait : « des gens ont vite fait de dire que nous avons été achetés parce que nous militons pour le parti unifié (…) Il faut éviter de tenter le diable. Notre pays a besoin de paix, d’aller de l’avant. Je ne suis pas en train de demander à assumer un poste. A quoi ça sert d’être ministre dans un pays en guerre et défiguré ? » (in Le Patriote du mercredi 13 juin 2018). Offensif, Fofana Siandou s’est défendu d’être un traite et a expliqué que les traites se trouvaient…de l’autre côté : « J’ai géré l’exil du président Bédié. Je sais de quoi je parle. Quand il les appelait, certains refusaient de prendre le téléphone et faisaient dire par leurs enfants ou leur épouse qu’ils n’étaient pas là. D’autres ont déchiré ses posters qui étaient chez eux. Ce sont eux qui nous traitent de vendus. Quand Bédié était en exil, nous savons ceux qui ont trahi ».

Camps opposés. Dans sa prise de position en faveur du parti unifié, Fofana Siandou n’est absolument pas seul. Avec lui, le délégué départemental de Port-Bouët a ses camarades Pdci membres du gouvernement : Kobenan Kouassi Adjoumani, Abinan Kouakou Pascal, Raymonde Goudou Coffie…, mais aussi et surtout Daniel Kablan Duncan, vice-président de la République et vice-président du Pdci.

En face, les anti parti unifié revendiquent de nombreux cadres et structures du parti. Si Jean-Louis Billon passe pour le porte-étendard de cette frange de militants, il est largement connu que Maurice Kakou Guikahué, numéro 2 du Pdci, juge que la « base » n’est pas encore prête pour le parti unifié. Les structures de jeunesses, certaines organisations féminines, et le Réseau des cadres Pdci notre héritage sont des alliés de Maurice K. Guikahué.

Ce dimanche, les débats seront forcément animés. Ils devraient refléter l’intensité des joutes de ces dernières heures, y compris sur la toile. Dans une publication sur facebook, mardi 12 juin, Emile Ebrottié, cadre du parti, dans un style un peu amusé, consignait : « Néo bedieïtes et Bediestes des jours fastes yako ! Au Bureau politique du 17 juin 2018, vous allez prendre drap (argot ivoirien pouvant être traduit par « vous serez désillusionnés »). Le ton railleur, Innocent Yao, patron d’une frange de la jeunesse (Jpdci rurale) répliquait, dans le même style : « ko, vous allez prendre drap ».

Le bureau politique s’ouvre, à 16 heures. Il donnera lieu à d’âpres discussions dont personne, même pas Maurice Kakou Guikahué, organisateur en chef de la réunion, ne peut parier sur la durée : « il peut y avoir 20 intervenants, 40 ou 100 ou encore 200. Tout le monde a le droit à la parole au bureau politique. On peut aller jusqu’à 22h. Ça dépendra du nombre d’intervenants (…) Si les premiers à s’exprimer convainquent la salle, personne ne parle plus. Donc, c’est jusqu’à ce que le débat s’épuise » (in Le Nouveau réveil du mercredi 13 juin 2018).

La réaction de Henri Konan, chef du Pdci, est particulièrement attendue. C’est lui qui présidera ce bureau politique. Pro et anti parti unifié se réclament de part et d’autre de sa pensée profonde. Tous assurent être sur la même longueur d’onde que Henri Konan Bédié. Pendant ce temps, l’allié d’Alassane Ouattara ménage la chèvre et chou. Son principal allié attend de lui un engagement fort dans le sens de la création du parti unifié dénommé Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (Rhdp). Mais l’ex-chef d’État est sérieusement contrarié par la base conservatrice du Pdci. Peut-être trouvera-t-il, comme si souvent, l’astuce pour contenter les différents camps. Une façon, pour lui, de toujours garder la main.

 

 

koaci.com

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