02052023Headline:

Pérou : des milliers de manifestants convergent vers Lima malgré l’état d’urgence

Dans le sud du pays, où Pedro Castillo compte de nombreux sympathisants, quelque 200 habitants d’Andahuaylas ont été bloqués par la police sur leur chemin vers la capitale.

“Faire partir cette femme”
“Nous irons à Lima, peu importe la manière. À pied s’il le faut (…) Dina Boluarte a dit qu’elle ne voulait pas nous voir, alors elle va nous entendre”, a déclaré à l’AFP Anastasia Lipe Quispe, 63 ans et dont les cinq fils sont paysans.

Depuis Cusco, des dizaines d’autres sont partis en bus pour Lima. Un voyage de quinze heures au minimum pour abattre environ 1 100 kilomètres.

Tous ont pour objectif de “faire partir cette femme (Boluarte)”, a affirmé un de ces manifestants qui a requis l’anonymat.

Dans la région de La Libertad (nord), des habitants bloquaient la route reliant cette région à la capitale avec des pneus, comme dans plusieurs autres localités du Pérou.

À Puno, c’est le pont d’Ilave, qui relie le Pérou à la Bolivie, qui est occupé par des dizaines de protestataires. L’un des habitants de la ville, Richard Acero, a dénoncé auprès de l’AFP la “confiscation du pouvoir économique par ce petit groupe qui ne nous représente pas”.

Afin de juguler ces mouvements populaires, l’exécutif a décrété, dimanche, l’état d’urgence pour 30 jours à Lima, Cusco, Callao et Puno, permettant à l’armée d’intervenir pour maintenir l’ordre. Des manifestants bravent depuis lundi cette mesure, qui autorise aussi la restriction de plusieurs droits fondamentaux, comme celui de protester.

Le ministre de la Défense, Jorge Chavez, a averti que le nécessaire serait fait pour “éviter une situation de violence”, bien que le gouvernement ait aussi déclaré que le droit de manifester serait respecté.

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