12192018Headline:

Plusieurs Ivoiriens détenus au Liberia, sont-ils exclus de l’ordonnance d’amnistie prise par Ouattara, le 6 août 2018 ? Cette question est sur toutes les lèvres des parents de ces détenus.

Plusieurs Ivoiriens détenus au Liberia, pour leur implication présumée dans des attaques perpétrées dans le département de Toulépleu en 2012, sont-ils exclus du champ d’application de l’ordonnance d’amnistie prise par le chef de l’État, El Hadj Alassane Ouattara, le 6 août 2018 ? Cette question est sur toutes les lèvres des parents de ces détenus.

Nioulé Franck Olivier, Nioulé Junior, Nioulé Ourago Édouard et Toué Badisson Julien, tous originaires de Pékan-Village, village ivoirien adossé à la frontière ivoiro-libérienne, ont été arrêtés en territoire ivoirien, notamment à Pékan-Barrage, et conduits au Liberia par la police de ce pays, peu après une incursion meurtrière en 2012. Depuis, ils sont détenus dans une prison de haute sécurité, de Monrovia, capitale du Liberia. Leurs parents sont dans l’attente de leur libération, fondée sur l’ordonnance présidentielle. Mais, depuis, toutes leurs démarches, selon une source proche de la famille, se heurtent au refus de la justice libérienne, renvoyant les parents aux autorités ivoiriennes.

« Nous demandons au chef de l’État d’étendre cette amnistie aux détenus ivoiriens dans les prisons du Liberia. Ils vivent un vrai calvaire, sans aucune assistance. Ces jeunes sont de simples paysans qui, revenant de leurs champs, à proximité de la frontière libérienne, s’étaient fait arrêter, alors qu’ils ne savent pas manipuler une arme. Les vrais meneurs des attaques de la frontière de Pékan-Barrage avaient été arrêtés, emprisonnés au Liberia, avant d’être rapatriés en juillet 2018 en Côte d’Ivoire. Ceux-là ont bénéficié de l’ordonnance d’amnistie. Nous ne comprenons pas pourquoi les innocents sont maintenus en prison au Liberia. Nos regards sont tournés vers le chef de l’État, le ministre de la justice et le ministre des Affaires étrangères », nous a confié un colonel des Forces armées de Côte d’Ivoire (Faci), parent des détenus.

De fait, le 12 juillet 2018, la Cour de justice de Monrovia (City Libérien) a approuvé l’extradition de 8 militaires ivoiriens des ex-Forces de défense et de sécurité vers la Côte d’Ivoire. Le magistrat Peabody, qui a prononcé le jugement, a ordonné leur extradition vers la Côte d’Ivoire, après avoir passé cinq ans dans les geôles du Liberia (11 juillet 2018). Ces huit Ivoiriens sont accusés de s’être rendus au Liberia après avoir commis des crimes de guerre pendant les crises post-électorales de 2010-2011 en Côte d’Ivoire. Accusations qu’ils ont niées à plusieurs reprises, au cours de leur audience de cinq ans.

Les prévenus ont été arrêtés en août 2012, par la sécurité conjointe affectée à la frontière des deux pays, pour leur implication présumée dans des attaques transfrontalières contre deux villages, Para (Liberia) et les casernes militaires à Toulépleu en Côte d’Ivoire. Le tribunal a approuvé leur extradition vers la Côte d’Ivoire où ils font face à des accusations qui incluent le viol, le meurtre et le vol de biens. L’avocat des huit personnes, Amara Sheriff, avait maintes fois, soutenu que les accusés étaient des réfugiés ivoiriens qui avaient quitté leur pays pour se réfugier au Libéria. « La Cour a estimé que le gouvernement remplissait les conditions légales énoncées dans la demande d’extradition, et que les accusés n’avaient pas réussi à prouver que l’extradition demandée par leur gouvernement était politique », a déclaré le magistrat. La décision d’extrader les accusés a été transmise au ministre des Affaires étrangères, par l’intermédiaire du ministère de la Justice, pour les faire expulser à la demande de leur pays d’origine. Ces militaires viennent de recouvrer la liberté, du fait de l’ordonnance d’amnistie. Les parents des détenus originaires de Pékan-Barrage espèrent que ceux-ci pourraient, à leur tour, bénéficier des effets de l’ordonnance présidentielle. Dans cette attente, tous les regards sont donc tournés vers le président Alassane Ouattara, pour accomplir ce vœu des populations de Pékan-Barrage, qui permettra assurément à ces détenus de refaire leur vie, en famille.

Armand B. DEPEYLA

linfodrome.com

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