08222018Headline:

Politique nationale : Abou Drahamane Sangaré (Fpi) c’est vrai, je suis membre des instances et inspecteur du parti…

La plateforme d’opposition Ensemble pour la démocratie et la souveraineté (Eds) organisait, vendredi 20 avril 2018, un déjeuner de presse, à l’hôtel communal de Cocody, à l’occasion du premier anniversaire de sa création.

Son président, le professeur Georges-Armand Ouégnin, était accompagné de quelques ténors du mouvement pro-Gbagbo, dont Abou Drahamane Sangaré (Front populaire ivoirien), et Innocent Anaky Kobena (Mouvement des forces d’avenir). Akué Georges Aimé, présenté comme membre du Bureau politique du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (Pdci, membre de la coalition au pouvoir), faisait partie des officiels. Interrogé sur le sens de sa présence aux côtés de responsables de l’opposition, M. Akué, président du club Félix Houphouet-Boigny, a répondu : « c’est vrai, je suis membre des instances, inspecteur du parti, mais je suis ici en ma qualité de président du club houphouétiste. A ce titre, partout où il sera question de réconciliation nationale, de lutte pour les libertés publiques, de libération des prisonniers politiques, de réforme de la Cei, nous serons présents. Nous sommes en phase avec Eds ».

Abou Drahamane Sangaré, bien connu pour l’étroitesse de ses rapports avec Laurent Gbagbo, se saisissait de la question pour évoquer les liens entre l’ex-président, incarcéré à la Cour pénale internationale, et le tout premier président ivoirien, Félix Houphouet-Boigny. « En février 1993, le président Houphouet a fait sortir tous ses collaborateurs, et il a dit à Laurent Gbagbo, en tête-à-tête : ”Hélas, tu me ressembles, tu respectes et honores un pouvoir politique. Tu es un dur (…) en allant dans la brousse, dans les savanes, sous la pluie et sous le soleil (…) nous nous ressemblons” », a relaté M. Sangaré, ancien inspecteur général d’État. « À la mort d’Houphouet-Boigny, Laurent Gbagbo a dit : ”enterrons dignement le premier président de la Côte d’Ivoire. De l’état de servitude, il nous a amenés à l’état de liberté” », ajoutait Abou Drahamane Sangaré. Il a encore expliqué que Laurent Gbagbo, président de la République, se rendait davantage à Yamoussoukro, plutôt qu’à Mama, son village d’origine, dans le département de Gagnoa. C’était une façon pour l’ex-chef d’Etat d’honorer Yamoussoukro en tant que capitale politique, a fait valoir M. Sangaré. « Je pense qu’aujourd’hui, ce qui lie ces deux personnages, c’est l’amour et la passion de la Côte d’Ivoire. Je pense que tous ceux qui, aujourd’hui, sont pour l’amour et la passion de la Côte d’Ivoire, doivent jeter les étiquettes à la rivière et se retrouver pour soutenir (le pays) », a énoncé cet ancien ministre des Affaires étrangères.

Réforme de la Cei. Georges-Armand Ouégnin, président d’Eds, interrogé plus tôt sur le combat de la plateforme pour une réforme de la Commission électorale indépendante (Cei), a assuré que la détermination d’Eds demeurait « intacte ». Jeudi 22 mars 2018, la coalition avait initié une marche contre l’organe électoral, ainsi que les sénatoriales qui devaient avoir lieu, deux jours après. La marche a été étouffée par les forces de l’ordre et des militants Eds étaient interpellés puis écroués à la prison civile. En dehors de Jean-Gervais Tchéidé, un des barons de la plateforme visé par une autre procédure, les autres militants arrêtés ont été élargis, vendredi 6 avril 2018.

D’après M. Ouégnin, Eds se trouve dans une « phase stratégique » de sa lutte. « Nous sommes dans une phase stratégique qui nous permet de faire un peu de lobbying (…)

Si demain, rien ne marche, nous allons prendre nos responsabilités », a avancé le leader de la plateforme, membre du gouvernement Gbagbo pendant la crise post-électorale. « Cet organe (Cei) a été déclaré illégal suite à un arrêt de la Cour africaine des droits de l’Homme et des peuples. C’est un arrêt qui demande à l’État de Côte d’Ivoire de réformer l’institution. C’est une décision de justice qui s ‘impose à l’État ivoirien », a prononcé le chef d’Eds. Il a soutenu qu’il était important d’arriver à une Commission « consensuelle », un listing électoral et un découpage électoral tout aussi « consensuels ». « Les élections doivent être un facteur de réconciliation nationale », a mentionné M. Ouégnin.

Le dirigeant d’opposition a jugé qu’en une année d’existence, Eds était parvenue à marquer sa « présence sur l’échiquier national ».

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