11182018Headline:

Politique nationale: Peut-être pas très resserrées comme dans un passé récent, mais le cap est maintenu entre les deux hommes d’État; Selon Charles Koffi Diby.

Contrairement aux apparences affichées de rupture consommée ou de guerre déclarée dans l’optique de la présidentielle de 2020, et au-delà des coulisses énoncées çà et là sur le caractère glacial des relations entre les présidents Alassane Ouattara et Henri Konan Bédié, les deux hommes d’État, anciennement alliés au sein du Rhdp version 2005 Paris, continuent d’entretenir des relations.

Peut-être pas très resserrées comme dans un passé récent, mais le cap est maintenu entre les deux hommes d’État, par proches interposés. C’est ce qui ressort de confidences obtenues d’un haut dignitaire sur l’ambiance dans la grande maison houphouëtiste (Pdci+Rdr) en ce moment. Selon cette même source, des rois et chefs traditionnels du pays ont pris en main une médiation de l’ombre pour ne pas que le rubicond soit franchi entre les présidents Ouattara et Bédié. Au nombre de ces autorités traditionnelles, notre source cite 5 noms, dont deux grands chefs du Centre Baoulé, 2 de l’Est et du Sud-Est, et un grand chef de l’Ouest.

Ces autorités traditionnelles joueraient à fond les modérateurs entre les ‘’2 grands enfants de feu Félix Houphouët-Boigny’’, pour éviter le clash, s’ils n’arrivent pas à raccorder le fil. Mais si cette médiation à coloration plus sociologique et humaine est en cours, parallèlement, selon notre source, un volet plus politique de la médiation est tenu par deux leaders politiques, qui jouent en ce moment les ‘’go between’’ ou émissaires discrets entre le président de la République et son aîné du Pdci-Rda, pour ressouder les morceaux, voire resserrer les liens entre eux. Si l’un de ces médiateurs est du Rdr et estampillé Rhdp, l’autre est du Pdci-Rda, qualifié à la fois de très proche du président de ce parti, Henri Konan Bédié, et du président de la République, Alassane Ouattara. Ce 2è émissaire discret est le président Charles Koffi Diby, vice-président du Pdci-Rda et président du Conseil économique, social, environnemental et culturel (Cesec), qui est à la manœuvre depuis quelque temps, selon cette source.

Diby, homme de l’ombre? «Sa hantise, pour avoir géré l’économie et les finances du pays en période de crise militaro-politique, de 2002 à 2011, est de voir la Côte d’Ivoire retomber dans une autre crise. Comme vous le connaissez, il ne parle pas beaucoup, ne s’affiche pas beaucoup, mais est très actif dans l’ombre auprès des 2 grands chefs pour ne pas que le fil soit coupé définitivement. Et cela sans bruits, pour parler comme l’autre», avance la source, avec un large sourire, précisant d’ailleurs que l’un des avantages du président du Cesec avec le président du Pdci-Rda, ce sont des liens très profonds qui les lient. En effet, c’est depuis juillet 2000, alors même que le président Bédié était en exil en France, en pleine junte militaire du Conseil national de salut public (Cnsp) du général Robert Gueï, après le coup d’État du 24 décembre 1999, que Charles Koffi Diby s’est marié à une de ses nièces. Bédié sait de lui qu’il n’entretient pas de relation intéressée ou opportuniste avec lui. Le président du Cesec, dont le nom revient constamment dans la guerre des prétendants pour 2020, rirait bien sous cape de ces ambitions qu’on lui prête chaque matin. «Il présume bien de ce que contient la charge de cette fonction. Il a été directeur général du Trésor, ministre des Finances sous 3 Premiers ministres différents (Charles Banny, Guillaume Soro et Ahoussou Jeannot), avant de terminer au ministère des Affaires étrangères sous le Premier ministre Duncan. Rien que des ministères régaliens qui vous montrent l’ampleur de la tâche», précise la source, qui avance que cette médiation de l’ombre porte quelques fruits qui montrent que le ressort n’est pas cassé entre le chef de l’État et son aîné. «Mais il faut faire vite, parce que ceux qui veulent la rupture dans les 2 camps sont très actifs, au point qu’on pense qu’ils ont les plus nombreux. Or il n’en est rien», tranchera-t-il. Pour l’heure, le président Charles Koffi Diby se fait discret autour de la question et de lui-même, même si à chaque fois, on le ramène à la lumière en lui prêtant des ambitions auxquelles il ne pense pas. Lui qui reste loyal au président Alassane Ouattara et estime que les lampions se sont éteints sur les élections couplées, municipales et régionales 2018, avec très peu de casse, et c’est cela qui est le plus important. Surtout dans la Marahoué (Bouaflé, Zuénoula, Sinfra, etc.), son fief natal et bastion, réputée zone rouge il y a quelques années.

JMK AHOUSSOU

 

lebabi.net

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