06162024Headline:

Présidence de Côte d’Ivoire : Alassane Ouattara va-t-il encore trahir sa parole ?

À quelques mois de la présidentielle de 2025, tout porte à croire que le président sortant, Alassane Ouattara, serait partant pour un quatrième mandant. Face à la suscitation de sa candidature par son parti Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP), le successeur de Laurent Gbagbo ne montre jusque-là aucune opposition.
Comme en 2020, Alassane Ouattara va-t-il encore brandir un autre alibi pour se représenter en 2025 ? C’est la question qui taraude actuellement les esprits, à l’allure où vont les choses au sein du parti au pouvoir. En effet, dans ses agissements, le RHDP affiche l’image d’un parti politique qui n’a pas une autre carte de rechange à part celle de faire jouer son leader charismatique, qui, pourtant, est en train de boucler un 3ᵉ mandat.

Sur ses ambitions présidentielles, Alassane Ouattara a déjà trahi une fois sa parole. Les explications et justifications gymnastiques de ses partisans ne suffisent malheureusement pas pour convaincre du contraire. Ceux qui pensent profondément qu’il faut prendre avec pincette les promesses du chef de l’État en ce qui concerne son retour ou non au pouvoir ne démordent pas.

En 2020, alors qu’il avait déjà renoncé à une éventuelle candidature, désignant Amadou Gon Coulibaly comme son dauphin, Alassane Ouattara annonce, à la surprise générale, qu’il sera candidat. « J’ai décidé de répondre favorablement à l’appel de mes concitoyens me demandant d’être candidat. Je suis donc candidat à l’élection présidentielle du 31 octobre », avait-il déclaré. Il venait ainsi de trahir sa parole donnée. Mais il y avait trouvé une échappatoire pour se justifier.

« Cas de force majeure »
Pour justifier son revirement spectaculaire en 2020, Alassane Ouattara s’était accroché à la mort de son dauphin désigné un peu plus tôt. Il avait évoqué un cas de force majeure à la suite du décès d’Amadou Gon Coulibaly. À croire qu’à part l’ancien Premier ministre Gon, plus personne ne méritait d’être son dauphin. Alors même qu’il avait exprimé sa volonté de céder le pouvoir aux jeunes générations.

« Je ne suis pas à la recherche d’un job à 80 ans »
Interrogé sur une éventuelle candidature en 2025, Alassane Ouattara montre un subtil désintérêt. « Vous savez, j’occupais quand même des fonctions importantes avant de rentrer en politique. Je ne suis pas à la recherche d’un job à 80 ans ! En 2025, nous verrons bien. Les Ivoiriens choisiront qui ils veulent. Je souhaite qu’ils choisissent quelqu’un de plus jeune que moi et mes prédécesseurs », réponse servie à RFI dans un entretien en février 2022.

Une fois encore, Ouattara exprime sa volonté de laisser le flambeau à la jeune génération. Il avait même indiqué qu’il y a une demi-douzaine de personnes à qui il pense pour sa succession. Mais ça, c’était en février 2022. Est-il toujours dans cette dynamique ? Va-t-il réellement céder ? Encore quelques mois et les Ivoiriens auront la réponse à leurs préoccupations.

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