11182017Headline:

Présidence du FPI: Gbagbo sera candidat

FPI - GBAGBO SERA CANDIDAT
Les partisans de Pascal Affi Nguessan jubilent. Pour eux, le juge saisi par celui qu’ils soutiennent a tranché, le débat est donc clos, on ferme les rideaux. Pour eux donc, Affi N’guessan sera le candidat unique parce que personne n’osera s’opposer à la décision de justice. Facile, trop facile même car ils ont oublié que la politique est un jeu subtil. Et demeure une question de rapport de forces. La politique reprendra donc ses droits et à ce moment-là, Pascal Affi N’guessan devra transformer sa victoire judiciaire en victoire politique. Une autre paire de manches !
Avec cette décision de justice, il n’a désormais plus aucun argument pour s’opposer à la tenue d’une session extraordinaire du comité central comme le lui demandait le comité de contrôle. L’argument qu’il avait utilisé pour s’opposer à cette demande d’une session extraordinaire était qu’il fallait attendre que le juge se prononce. C’est fait !
Que va-t-il se passer maintenant ?
J’ai lu la décision de la justice politique de Ouattara, et je suis resté sur ma faim. On attendait qu’elle nous dise si les documents visés par la plainte sont des faux, comme le prétendait Affi N’guessan, et qui en sont les responsables. Or, il n’en est rien.
Pour motiver sa décision, cette justice politique interprète les statuts . Elle nous dit qu’à partir du moment où le comité de contrôle a laissé faire le comité d’organisation du congrès avec son exigence de la lettre manuscrite, cette lettre est devenue de fait statutaire. “Il y a donc lieu de conclure au fait que ledit Comité de contrôle, dont la mission est de vérifier la conformité des actes des organes du parti avec les textes fondamentaux, a de la sorte entériné et fait sienne, l’exigence d’une demande manuscrite, bien que les statuts et le règlement intérieur du FPI, ne le prévoient pas expressément.” est-il indiqué dans sa décision. Ce juge sait donc que ces dispositions ne figurent pas dans les statuts du FPI.

Mais alors, pourquoi ce juge politique ne dit-il pas que la lettre manuscrite est ” illégale” au FPI et donc inutile, puisqu’il veut interpréter les statuts, et préfère dire que puisque le Comité de contrôle n’a rien dit, elle devient statutaire ? Il s’agit ici d’une construction intellectuelle d’autant plus douteuse que le comité de contrôle avait aussi dit que cette lettre manuscrite n’était pas nécessaire pour un candidat proposé. On se demande donc pourquoi il ne prend pas aussi en compte la décision du comité de contrôle de ne pas exiger d’un candidat proposé une lettre manuscrite puisque pour ce juge, à partir du moment où cet organe du parti a parlé, cela devient statutaire.

Un rappel nécessaire du délibéré du comité de contrôle validant la candidature du président Gbagbo :
“(…) s’agissant d’une proposition de candidature et non pas d’une candidature émanant de la personne proposée, le dossier ne pouvait comporter d’autre demande manuscrite que celle émanant des initiateurs.Que la recevabilité et la validité du dossier en tant qu’il s’agit de proposition de candidature, ne nécessite nullement de demande manuscrite du candidat proposé, de même que l’acceptation expresse et formelle de la proposition de candidature par celui-ci n’est pas un élément requis pour la validation de ladite candidature.Qu’en conséquence ce moyen ne peut prospérer, le dossier comprenant bien une demande manuscrite valide.”
La lettre du président Gbagbo est donc venue après la date limite de dépôt des candidatures et n’a pas été prise en compte par le comité de contrôle. C’était une simple lettre d’information qu’il a reçue. Et le débat sur son authenticité portait essentiellement sur la volonté du président Gbagbo d’être candidat ou pas. D’ailleurs, tout le monde aura remarqué que même Affi N’guessan en a aussi été l’un des destinataires. Sinon, un candidat envoie-t-il un élément de son dossier a son adversaire, et à quelle fin ?
Cette décision de la justice politique dans laquelle il n’a été fait appel à aucun article de droit, sauf pour justifier sa saisine par Affi N’guerssan, mériterait d’être tout simplement politiquement contournée, en revenant aux statuts, ceux qui régissent le FPI parce qu’ils ont été adoptés par tous les militants.

Mais déjà, Pascal Affi N’guessan, conscient des épreuves et des écueils qui l’attendent, a exprimé sa satisfaction relativement à cette décision, et essaie de rassurer. “Je suis candidat unique mais je ne m’engage pas dans une logique d’exclusion” a-t-il dit avant d’inviter tout le monde à s’inscrire dans une logique d’apaisement. Pour lui, ” la décision de justice doit nous rassembler “. Bref, il essaie de transformer son essai judiciaire en une victoire politique, mais il sait que rien n’est définitif.

La justice politique n’aura certainement pas le dernier mot. Le comité central décidera souverainement de la suite à donner à cette affaire en ouvrant simplement pour un nouveau congrès, une nouvelle liste de candidatures.
Gbagbo sera donc candidat, et puisqu’il sera candidat, il sera président du FPI.

Alexis Gnagno

La Dépêche d’Abidjan

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