08202017Headline:

Présidentielle 2015: 30 000 ex-combattants menacent de tout bloquer

ex combattant

La prochaine élection présidentielle se tiendra probablement au mois d’octobre 2015.

A près de dix mois de cet important rendez-vous, des milliers d’ex-combattants détiennent encore des armes, faute d’avoir été démobilisés et réinsérés. Une situation somme toute préoccupante, eu égard au lien étroit entre l’opération de désarmement, de démobilisation et de réinsertion( Ddr) et la stabilité sociopolitique. C’est du reste ce qu’a fait remarquer le ministre auprès du président de la République, chargé de la Défense, Paul Koffi Koffi, au cours d’un séminaire organisé les 5 et 6 novembre 2014 par l’Autorité pour le désarmement, la démobilisation et la réintégration des ex-combattants( Addr). « Le Ddr a des effets positifs sur l’environnement national. Il crée un climat favorable à la réconciliation nationale. Il entraîne une baisse considérable de l’indice de sécurité et un manque de risque de violence armée », avait en effet soutenu le ministre. Il ne croyait pas si bien dire. C’est dire qu’un processus de Ddr bâclé ou qui ne réussira pas à caser les 40 % d’ex-combattants non encore réinsérés est potentiellement source d’insécurité. Or, à ce jour, ils sont 29 575 soit près de 30 000 ex-combattants qui attendent d’être désarmés et réinsérés.

Quatre ans après la crise post-électorale, ils n’ont toujours pas trouvé de point de chute. Une situation qui les fragilise et les rend vulnérables à toutes sortes de tentations. D’ailleurs, n’en pouvant plus d’attendre leur tour, certains se sont reconvertis au banditisme, notamment en se muant en coupeurs de route au Nord du pays. Une réalité que le chef de l’État, Alassane Ouattara, avait lui-même reconnue et à laquelle il s’était engagé à remédier en assurant ces ex-combattants d’un avenir certain.

Mais peu de choses ont bougé depuis. De sorte qu’un rapport d’une organisation internationale dénonçait récemment encore le climat d’insécurité que des ex-combattants font encore régner au Nord du pays. D’où l’urgence de trouver une solution pérenne à l’équation de ces éléments, dont beaucoup piaffent d’impatience. Saisissant l’occasion de la récente mutinerie d’une frange de l’armée vers la fin de l’année dernière, ces ex-combattants avaient eux aussi tenté de faire entendre leurs préoccupations par voie de presse. Il importe donc que les autorités s’intéressent à leur sort en procédant au désarmement effectif, suivi de la réinsertion des 30 000 qui attendent encore de bénéficier d’un projet de l’Addr. Il y va de la sécurité voire de la stabilité du pays, à seulement 10 mois de la prochaine présidentielle. Aussi la patronne de l’Opération des Nations Unies en Côte d’Ivoire( Onuci), Aichatou Mindoudou, a-t-elle interpellé le gouvernement sur la nécessité de mener à bien le processus Ddr, avant la tenue des prochaines élections. « Comme on s’achemine vers les élections présidentielles en 2015, il est important de consolider et de renforcer les efforts du gouvernement( s’agissant du processus Ddr, ndlr) de manière à créer les conditions d’une situation sécuritaire plus calme et plus rassurante pour tous », avait-elle déclaré à l’occasion du séminaire organisé par l’Addr en novembre 2014, sur le thème :« Désarmement, démobilisation et réintégration des ex-combattants, l’expérience de la Côte d’Ivoire : bilan et perspectives ».

Deux mois après ces assises, le directeur général de l’Addr, Fidèle Sarassoro, est en train de mijoter quelque chose pour désamorcer « la bombe » que représentent ces 30 000 ex-combattants non encore réinsérés. Il a, en effet, entrepris d’associer plus étroitement le secteur privé à la recherche de solution à la question de leur employabilité. A cet effet, il rencontre le jeudi 22 janvier 2015, les décideurs du milieu des affaires pour, certainement, solliciter leur concours. Pourvu que ces nouvelles pistes explorées par l’Addr se révèlent fructueuses.

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