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Présidentielle 2015« c’est joué d’avance »« je ne me sens pas concerné » Le cri d’alarme des ivoiriens et ivoiriennes

 

jeunes ivoiriens

Les « je ne me sens pas concerné » planent sur la présidentielle

Dans une campagne cloisonnée entre « allez voter » et « n’allez pas voter », la tendance des « je ne me sens pas concerné » domine sans nul doute de fait, largement l’opinion ivoirienne comme constaté deux semaines durant sur le terrain par KOACI.

« Franchement dit, je ne me sens pas concerné », à l’image de Cheick, sur plus d’une centaine d’ivoiriens et ivoiriennes interrogés entre Abidjan et Bouaké, une large majorité s’exprimera en ce sens.

En synthèse parmi les arguments avancés, ceux du « c’est joué d’avance » en rapport avec une élection programmée pour être remportée dès le premier tour par Alassane Ouattara, « rien n’a changé, c’est toujours même chose », « il a personne en face » ou encore « on a vu ce que ça a donné d’aller voter en 2010 », dominent assez nettement les avis glanés.

Un autre argument retiendra notre attention, celui avancé par Armandine, au chômage, interrogée à la sortie d’un commerce d’Adjamé alors qu’elle attendait sa sœur venue acheter des vêtements pour ses enfants.

En effet, après avoir à son tour exprimé son peu d’intérêt estimant elle aussi que c’est « joué d’avance », elle s’interrogera sur une préoccupation qui commence à gagner l’opinion, la santé du président candidat.

« Moi je pense que la Cei annoncera sa victoire au premier tour car je ne pense pas que la santé du président puisse lui permettre de faire un second tour, et moi sa santé c’est ma crainte première ici, je n’imagine même pas si le pire arrivait en plein mandat, avec tous les rapaces qui veulent sa place, ça serait le KO total, pire qu’en 2010 » exprimera celle qui n’ira, à l’image là encore d’un grand nombre, faute de s’être inscrite sur les listes électorale, voter dimanche.

« La politique a tellement divisé le pays et son poids écrase tellement tout ici que ça ne dit plus rien aux gens » nous expliquera Tidjane, 24 ans, diplômé d’un master en finance, lui aussi au chômage, rencontré à Gonzagueville alors qu’il s’apprêtait à se rendre au Plateau pour déposer des CV.

Il ajoutera nous prenant à témoin, « vous-même vous vivez ici, vous voyez dans quoi on vit, est ce que c’est normal, j’ai même pas d’eau et de courant chez moi suis obligé de passer par des revendeurs, des mafias organisées dans nos quartiers, l’autre jour chez un parent de la riviera je regardais une émissions sur Singapour, ça m’a fait tellement fait rêver que le retour à ma réalité m’a fait mal, je vous promets que si je peux quitter le pays je n’hésiterai pas un instant ».

Dans le florilège des « peu concernés » qui pourraient ne pas aller voter dimanche, nous rencontrerons également des ivoiriens amers quant au chômage massif, au train de vie des politiciens, à la vie chère, à la vétusté du pays, les insécurités sociales, à des parents ou connaissances en prison sans jugement après la crise, pas remis des traumatismes liés aux atrocités de la crise, à la justice des vainqueurs, à la préférence ethnique, à l’envie de voir l’ancien président rentrer au pays ou encore aux craintes de l’après Ouattara.

A noter que certains de ces points seront partagés par des « motivés » à aller voter, certes plutôt en faveur du président sortant, moins nombreux au constat, mais existant quand même.

Amy Touré, Abidjan

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