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Présidentielle 2015/ Voici Les gros soucis de Banny

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L’élection présidentielle en Côte d’Ivoire est prévue dans moins un peu plus de deux mois. Candidat déclaré à ces joutes, Charles Konan Banny est vu par de nombreux observateurs comme l’un des principaux rivaux d’Alassane Ouattara. Cependant, les derniers développements de l’actualité ivoirienne ne jouent pas en faveur du natif de Morofé.

Dans une déclaration publiée ce mardi 18 août 2015, le Front populaire ivoirien (FPI-tendance Sangaré) a appelé au boycott pur et simple du scrutin pour lequel l’ex-Gouverneur de la Banque Centrale d’Afrique de l’Ouest (BCEAO) s’est porté candidat. Les partisans de l’ancien président ivoirien détenu à la Cour pénale internationale (CPI) ont motivé cette décision par diverses conditions liées notamment à l’organisation du scrutin. « Le FPI demande à ses militantes, militants, sympathisants et au peuple souverain de Côte d’Ivoire de ne pas s’associer à une mascarade d’élection aux conséquences imprévisibles ;Affirme qu’en temps opportun, il se donnera les moyens légaux pour faire barrage à toute imposture et toute forfaiture d’où qu’elles viennent ;Met en garde quiconque prétendrait se présenter à l’élection présidentielle frauduleusement au nom ou sous la bannière du FPI », stipule le communiqué signé de Koné Boubacar.

Si cette décision reste en vigueur jusqu’à la prochaine élection, ce serait un véritable coup dur pour ne pas dire le signe d’une défaite ”quasi-assurée” pour l’ex-Premier ministre. En effet, Charles Konan Banny sans doute conscient de son poids relativement faible sur l’échiquier politique national a fait du soutien du FPI son principal argument. L’économiste n’hésite pas ainsi à brandir la libération de Laurent Gbagbo comme ”cadeau” aux sympathisants du Woody de Mama en échange de leurs suffrages.

Récemment, lors d’un meeting animé dans la commune de Koumassi, celui qui affirme ” ne plus être ami à Alassane Ouattara” avait fait des estimations sur son possible score en tenant compte des ”46 %” qu’auraient obtenu Laurent Gbagbo lors de la présidentielle il y a 5 ans. « Je peux monter sur le podium et dire Gbagbo ! Gbagbo ! Gbagbo ! Et , le meeting serait déjà terminé », avait déclaré ce jour Charles Konan Banny aux militants de la CNC dont la plupart se comptent dans les rangs du FPI.

Outre cette possible défection, le dissident du Parti démocratique de Côte d’Ivoire doit faire face au manque de cohésion qui mine la coalition qu’il préside notamment, les sorties de son allié Mamadou Koulibaly qui n’hésite pas bien souvent à prendre le contre-pied des décisions des autres membres de la CNC. « CNC:aller jusqu’à Korhogo et se voir refuser un meeting après gaspillage d’argent, de temps alors que la place de la République nous attend? », avait posté sur les réseaux sociaux l’ex-député le samedi 15 août 2015.

Sur la route qui mène au Palais présidentiel du Plateau, Charles Konan Banny qui a sur son chemin un Alassane Ouattara qui ne lésine pas sur les moyens pour s’assurer un second mandat dès le premier tour de la prochaine présidentiel devra donc trouver les arguments nécessaires pour faire basculer la situation en sa faveur. Et, à quelques semaines de l’ouverture des bureaux de vote, rien n’est moins sûr !

Occuper le terrain

S’il multiplie les audiences à sa somptueuse résidence de la Riviera-Golf à Cocody, Charles Konan Banny n’en est pas plus présent sur le terrain. Depuis l’annonce de sa candidature il y a un peu plus d’un an, Banny n’ a participé, qu’à deux grands rassemblements publics organisés par la Coalition qui va certainement porter sa candidature. Contrairement à son rival Alassane Ouattara qui, au travers de ses visites d’Etat a fait campagne dans quasiment toutes les régions et grandes villes du pays, le cadet de l’ancien ministre Jean Konan Banny n’a pas été souvent au contact des populations. Grand habitué de salons feutrés et des salles de réunions des plus grandes institutions du monde, Banny n’a pas beaucoup d’expérience du terrain politique ivoirien.

L’homme devra pourtant aller à cette élection sans le soutien d’une véritable machine politique. Son parti, le PDCI ayant décidé de soutenir la candidature d’Alassane Ouattara. Il sera donc peu aisé de rivaliser dans le maillage du territoire ivoirien avec le Rassemblement des Houphouétistes pour la démocratie et la paix (RHDP) qui peut, pour sa part, compter sur les structures de deux grands partis nationaux que sont le RDR et le PDCI. Dans ces conditions, porter le message de Charles Konan Banny dans les confins de la Côte d’Ivoire apparaît comme une équation bien difficile à résoudre. Sur la route qui mène au Palais présidentiel du Plateau, Charles Konan Banny qui a sur son chemin un Alassane Ouattara qui ne lésine pas sur les moyens pour s’assurer un second mandat dès le premier tour de la prochaine présidentiel devra donc trouver les arguments nécessaires pour faire basculer la situation en sa faveur. Et, à quelques semaines de l’ouverture des bureaux de vote, rien n’est moins sûr !

Abraham KOUASSI

 linfodrome.com

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