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Présidentielle : Voici le conseil d’un journaliste-écrivain au 9 candidats contre Ouattara

 ouattara et son entourage

Dans une correspondance dont nous avons reçu copie, vendredi 11 septembre 2015, Sylvain Takoué, auteur du pamphlet ”Le faux messie”, invite les candidats retenus à pour la présidentielle d’octobre prochain à à se retirer de la compétition afin d’isoler le chef de l’État sortant.

C’est avec une certaine satisfaction morale que nous avons appris la validation, par le Conseil constitutionnel, de vos candidatures respectives pour l’élection présidentielle qui aura lieu, le mois prochain, en Côte d’Ivoire.

Pour les Ivoiriens que nous sommes et qui cherchons à reconquérir politiquement notre pays, vous formez le rempart qui fera sans doute barrage à l’imposture flagrante de l’homme que vous désirez ardemment affronter dans les urnes et qui veut rééditer son exploit inélégant de 2010. Cet homme, qui s’appelle, comme vous le savez, Alassane Dramane Ouattara, est un candidat de trop, qui risque de rempiler effectivement, si on n’y prend garde.
A la vérité, ce n’est pas en l’affrontant, à cette élection qu’il a d’ailleurs bien préparée pour se faire “plébisciter” par les siens, que vous pourrez nous débarrasser de lui et reprendre la Côte d’Ivoire en main, sous les vivats des Ivoiriens. Vous avez très bien fait de vous porter courageusement candidats face à lui et nous applaudissons cet acte de candidature qui fait appliquer la Constitution ivoirienne dans toute la rigueur de ses articles. Mais, pour donner véritablement force à cette loi constitutionnelle que rien n’a encore aboli, je vous lance, au nom de tous les Ivoiriens véritablement éprouvés, cet appel patriotique pressant : Concertez-vous pour retirer vos candidatures.
Cet acte qui, s’il est posé par consensus, fera absolument date dans l’Histoire de notre pays, aura pour objectif précis de boycotter, au nom de la Constitution ivoirienne, la candidature illégalement validée de monsieur Alassane Dramane Ouattara. C’est le seul recours légitime qui pourra, surtout, attirer le regard de la communauté internationale sur l’inéligibilité présidentielle avérée de ce candidat à qui la Constitution de la Côte d’Ivoire, au regard de son article 35, ne reconnaît pas ce droit.
En remettant en cause, de cette façon, la candidature usurpée dont se prévaut encore, avec la bénédiction du Conseil constitutionnel qu’il a à ses ordres, monsieur Alassane Dramane Ouattara, vous vous donnez ainsi l’occasion de poser un préalable incontournable à la tenue effective de l’élection présidentielle d’octobre prochain.
Votre argument-clé sera de dire qu’Alassane Dramane Ouattara n’avait pu être candidat, à l’élection présidentielle d’octobre 2010, que de manière exceptionnelle, quand Laurent Gbagbo, alors président de la République, avait été contraint, en signant l’accord de Pretoria en 2005, de faire usage de l’article 48 de la Constitution ivoirienne pour permettre des candidatures, dont celle de Ouattara, jusque-là frappées d’inéligibilité. La suite de l’histoire est connue, après que le verrou de l’article 35 de la constitution ivoirienne ait ainsi sauté. L’exception, politique et non constitutionnelle, qui avait prévalu en faveur de monsieur Ouattara, ne lui permettait d’être candidat que pour l’élection présidentielle de 2010.
Le contexte de cette exception politique, qui avait abusivement mis entre parenthèse la Constitution ivoirienne, n’étant plus le même aujourd’hui, la candidature, toujours illégale, de monsieur Alassane Dramane Ouattara ne saurait être reconduite valablement, aujourd’hui. La Constitution ivoirienne, qui n’est plus mise en parenthèse, devra maintenant s’appliquer clairement et sans compromis.
Si donc, vous retirez vos candidatures et que vous demandez, ensemble, d’une seule et même voix, l’application effective de l’article 35 de la Constitution ivoirienne, vous isolerez ainsi monsieur Alassane Dramane Ouattara à l’élection présidentielle qui, elle-même, ne saurait se tenir sans que l’on ait valablement résolu le préalable non-négociable de cet article 35. Vous aurez ainsi évité à notre pays de rester continuellement la chose de l’homme qui a été candidat, à titre exceptionnel et inconstitutionnel, sous Gbagbo, et qui est, depuis près de 5 ans, président de la République par usurpation.
Quand ce blocage électoral se fera, grâce à votre opiniâtreté d’Ivoiriens résolus à reprendre leur pays en mains, la Côte d’Ivoire sera forcée d’être, sous l’assistance de la communauté internationale, dans une situation de transition politique de velours. Cette transition politique, que nous appelons de tous nos vœux, aura pour mission, entre autres, si besoin en était encore, de soumettre l’article 35 de la Constitution ivoirienne à un referendum populaire qui conduira les Ivoiriens à se prononcer pour régler définitivement le cas Ouattara.
Cette question référendaire est souhaitable, parce que nous avons récemment entendu le journaliste-écrivain Venance Konan, devenu le strapontin du régime actuel, proposer à monsieur Alassane Dramane Ouattara de supprimer, sans referendum, cet article 35 de la Constitution ivoirienne pour se donner carte blanche.
Ce qui est, évidemment, inacceptable aux yeux des légalistes que nous sommes. Mais qu’il est heureux, ce Venance Konan, à se retrouver, du jour au lendemain, et grâce à son don de brouteur, tout-puissant Directeur général du journal pro-gouvernemental, Fraternité Matin, et de n’avoir rien à dire d’intelligent à ce sujet ! Comme vous le voyez, la question est trop sérieuse pour qu’un simple fumeur de haschisch jouissif comme lui en parle aussi.
Alors, candidats ivoiriens, je me permets de m’adresser à vous, qui êtes, avant tout, des intellectuels révoltés par les fanfaronnades politiques du mystificateur qu’est Ouattara. La Côte d’Ivoire encore en danger attend votre secours patriotique! Il est temps de taire vos querelles, de vous liguer contre l’imposture et de ne former qu’un seul groupe solidaire face à Ouattara à qui vous ne ferez que trop d’honneur si vous maintenez vos candidatures disparates en l’état. Ne donnez pas raison à ceux des nôtres qui désespèrent de l’unité d’esprit de l’opposition ivoirienne, ou à ceux qui se réjouissent du manque de solidarité des opposants au régime en place. Nous avons fait, nous autres écrivains engagés, notre part de sacrifice en publiant utilement des livres contre-campagne lancés sur le front électoral. L’avenir du pays est à présent entre vos mains. Et l’Histoire vous regarde…

Sylvain Takoué,
Journaliste-écrivain en exil forcé,
Auteur du pamphlet “Le Faux Messie”,
Livre-critique lancé contre le régime Ouattara.

Linfodrome

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