09242018Headline:

Présidentielles 2020 : Le Fpi, on fonce droit dans le mur…

Affi et Sangaré, un bicéphalisme improductif qui nuit au Fpi.

Le Front populaire ivoirien (Fpi), sous la direction du président reconnu, Pascal Affi N’guessan, pose un pas après l’autre et avance vers les élections présidentielles de 2020. La participation de la formation politique créée par l’ex-président ivoirien, Laurent Gbagbo, actuellement incarcéré à La Haye, à ces prochaines échéances électorales, ne fait l’ombre d’aucun doute. Affi est disposé à y aller. Son parti, après le test de mobilisation réussi le 12 mai 2018, à l’occasion de la fête de la liberté à la mythique place Ficgayo de Yopougon, annonce son congrès pour les 20 et 21 juillet 2018. La plus haute instance de décision de ce parti, au cours de laquelle Affi et ses hommes vont se donner une feuille de route claire et certainement choisir leur candidat pour la présidentielle. Ces assises étaient initialement prévues pour les 12 et 13 août 2017. Elles ont été reportées, selon le président Affi N’guessan himself, pour donner une chance à la réconciliation entre les deux tendances du parti frontiste. «La décision du report du congrès a été motivée par le fait que nous tenons absolument à l’unité du parti. Nous avons fait droit à un certain nombre d’initiatives en Côte d’Ivoire et à l’extérieur du pays, venant de personnalités qui souhaitent que ce congrès soit reporté afin de finaliser les actions qu’elles ont entreprises», s’était justifié M. Affi dans un communiqué sanctionnant le dernier comité central de son parti, et que L’inter a pu consulter. Mais rien n’y fit.

Pis, l’autre morceau du Fpi, revendiqué par Abou Drahamane Sangaré, va lui aussi tenir son congrès dans le mois d’août prochain. Sangaré et ses partisans sont en désaccord total avec Affi N’guessan et les siens, qu’ils accusent de faire le jeu du pouvoir. Le parti de Laurent Gbagbo est ainsi en proie à un bicéphalisme qui plombe son efficacité sur l’échiquier politique ivoirien et hypothèque par conséquent son ambition de reprendre le pouvoir. La défaite cuisante essuyée lors de la précédente présidentielle en est une illustration éloquente.

L’amère expérience de 2015. A l’élection présidentielle de 2015, Affi N’guessan s’était en effet porté candidat, face à Alassane Ouattara parrainé par le Rassemblement des Houphouëtistes pour la démocratie et la paix (Rhdp). Le candidat du Fpi a été battu par un score écrasant de 83,66 % contre 9,29 %. Selon les résultats proclamés, c’est seulement à Bongouanou, sa ville natale, que le leader du Fpi a vaincu son adversaire du Rhdp, avec 55,5 % contre 38 % des suffrages exprimés. « Je note que les résultats, les scores de certains candidats dans les différentes régions, et le taux de participation dressent le tableau d’un pays encore sous le traumatisme de la guerre », avait-il commenté, en guise d’explication à sa défaite.

Mais les raisons de cette déconvenue du Fpi avec Affi N’guessan sont également à rechercher dans la guerre ouverte avec le camp Sangaré. Cette bataille sans merci pour le contrôle du parti à la rose lui est plus nuisible qu’avantageuse. Dans une lettre de mise en garde à Sangaré publiée à la mi-mars 2017, Affi l’accuse de porter un « grave préjudice politique » au Fpi à travers ses « activités dissidentes ». « C’est pourquoi je te demande encore une fois de mettre définitivement fin à ces agissements qui ne peuvent conduire nulle part sinon à mettre en péril l’existence même du Fpi », dénonce-t-il dans son courrier. On pourrait en déduire que même si une victoire à 100 % ne leur était pas assurée en 2015 avec un Fpi uni et solidaire, les choses se seraient certainement passées différemment. Le score obtenu aurait été un peu plus honorable, voire encourageant pour les échéances futures. Mais, manifestement, l’amère expérience de 2015 n’a pas servi de leçon au parti des refondateurs, qui est encore en proie à la division et à l’inimitié. A moins de deux ans des élections présidentielles de 2020, le Fpi se trouve à nouveau à la croisée des chemins.

Soit Affi et Sangaré acceptent d’aller à l’union et à la réconciliation pour mieux aborder les échéances électorales. Dans ce cas, leurs chances de réussite peuvent évoluer considérablement. Il faut rappeler que le parti de Laurent Gbagbo était crédité de plus de 40 % de l’électorat ivoirien, selon les résultats des élections de 2010. Un score respectable que ce parti pourrait consolider et capitaliser.

Soit ils continuent dans ce bicéphalisme improductif, avec des démarches politiques diamétralement opposées et des militants divisés. Le Fpi fonce alors droit dans le mur, surtout face à une coalition aussi coriace que le Rassemblement des Houphouëtistes pour la démocratie et la paix (Rhdp). Bien que secoués en ce moment par une profonde crise, les Houphouëtistes ont bien compris que c’est dans l’union que se trouve leurs intérêts communs. Ils mettent tout en œuvre pour y parvenir. Quant au Fpi, il est encore loin de cette façon de faire la politique.

 

 

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