07192018Headline:

Présidentielles 2020- Ouattara va t-il accepter un troisième round?Et si ses partisans disaient tout haut, ce qui se murmure tout bas

Et si ses partisans disaient tout haut, ce qui se murmure tout bas à la Rue Lepic? Le chef de l’État ivoirien est invité par certains membres de son parti, à briguer un troisième mandat. Les mouvements de soutien et meetings organisés sur toute l’étendue du territoire, font dire à ses pourfendeurs qu’il « veut jouer à la Blaise Compaoré », l’ex-président burkinabè qui tentait une modification de l’article 37 de la Constitution pour briguer un nouveau mandat, écourté par le mouvement insurrectionnel populaire de fin octobre 2014. Pour les ivoiriens et les observateurs de la scène politique ivoirienne, la question est de savoir désormais si Alassane Ouattara cédera à la tentation ou respectera sa promesse de retrait de la scène politique tel qu’il l’a prononcée devant le corps diplomatique, le 4 janvier 2017?

La consigne est claire pour le Rassemblement Des Républicains (RDR), conserver le pouvoir vaille que vaille en 2020. Et pour y parvenir, ses militants jettent déjà le pavé dans la marre, à trois ans de l’échéance présidentielle. Ils sont quelques-uns, certes isolés pour l’heure, à demander à leur chef, de tenter une nouvelle aventure de cinq ans que lui permet la nouvelle Constitution. L’appel à l’alternance fait par le Parti Démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI), membre du RHDP coalition au pouvoir, reste un bruit de couloir, que les partisans du RDR, refusent d’entendre. Pour eux, le seul capable de diriger la Côte d’Ivoire actuellement, demeure, Alassane Ouattara. Et cela, Maître Youssouf Fofana, secrétaire départemental RDR de Mankono, l’avait annoncé lors de la visite des membres de la direction du parti, dans sa région « C’est un bosseur. Nous lui faisons confiance. C’est pourquoi face à tous ces déchirements, moi je voudrais qu’on demande à Alassane Ouattara de rempiler » a t-il exprimé haut et fort.

Il n’est pas le seul. D’autres groupements et mouvements de soutien à travers tout le pays et même dans l’hexagone, ont emboîté le pas au PCA de Côte d’Ivoire Energie, pour demander à Ouattara d’être candidat en 2020. Le président de l’Association Marcoussis-Paris, Koné Djah, a lancé un appel samedi dernier, lors d’une rencontre dans la capitale française, estimant que « la présence du Président Alassane Ouattara à la tête de la Côte d’Ivoire est l’amortisseur du brasier pendant, à l’instar d’une épée de Damoclès sur le navire ivoire » avant  d’indiquer que « L’Association lance un appel solennel pour demander à Ouattara de revenir sur sa décision en fin mandat et faire don de soi, pour la Côte d’Ivoire »a-t-il souhaité.

Son désir de se retirer à la fin de son deuxième mandat ne rencontre donc pas l’assentiment de son clan. Alassane Ouattara est plus que jamais plébiscité par le RDR, qui prépare activement son troisième congrès ordinaire, le 9 septembre prochain. L’occasion sûrement pour les membres du parti, de demander officiellement au mentor historique, de demeurer au perchoir. Une situation qui n’étonne pas les politologues qui voyaient venir, le parti au pouvoir.

« On avait déjà compris cela dès le départ. En réécrivant la Constitution de la troisième République, nous politologues savions, que le président de la République, s’ouvrait la voie royale pour un troisième mandat. A quoi doit-on s’attendre lorsque toutes les dispositions relatives à la limitation d’âge et de mandat, ont été retirées de la Constitution ? Le cas de la Côte d’Ivoire n’est pas isolé. D’autres pays de l’Afrique l’ont déjà vécu. Et je pense sauf revirement de dernière minute, que Alassane Ouattara sera candidat à sa propre succession » est convaincu Geoffroy-Kouao Julien, politologue ivoirien.

L’idée d’un consensus pour désigner un candidat unique, au Rassemblement des Houphouétistes pour la Démocratie et la Paix (RHDP), lors des élections présidentielles est donc erronée. Le RDR a pris position pour son leader qui sera plébiscité à la présidence du RDR. Pour l’heure le PDCI, dit observer de loin, les nombreux appels lancés par le clan Ouattara.

« Écoutez, je ne vais pas me mêler de la vie d’un parti politique qui n’est pas le mien. Les membres du RDR ont le droit de désigner le candidat qu’ils veulent pour les prochaines élections, c’est leur problème. Mais, nous au PDCI, observons et donc aviserons plus tard » coupe  Kouadio Konan Bertin, ex-député PDCI de Port-Bouët.

Mais, pour l’opposition, la réécriture de la Constitution n’élude pas la promesse du chef de l’État de ne pas se représenter. Selon Jean Bonin, secrétaire général adjoint chargé de la communication au Front Populaire Ivoirien (FPI), d’Affi N’Guessan, « Nous verrons si Ouattara est un homme de parole ou pas. Il avait juré la main sur le cœur en changeant la constitution qu’il ne se représenterait pas. Alors les ivoiriens attendent qu’il respecte sa parole. Le peuple ivoirien a peut être l’air passif mais il n’est pas dupe. Ceux qui parlent aujourd’hui et qui souhaitent qu’il reste au pouvoir, bénéficient de sa gouvernance. Ils ont bénéficié de tous les marchés publics et ont bien profité de ce qu’ils ont appelé, rattrapage ethnique. Pourquoi cela nous étonnerait qu’ils demandent à leur chef de continuer à les engraisser ? Mais, nous disons simplement, qu’en le faisant, il perdrait totalement sa crédibilité auprès des ivoiriens et s’engagerait par conséquent dans l’inconnue. » prévient il.

Les divergences au sein du RHDP entre PDCI et RDR, la fissure au sein même du RDR et la division au FPI, sont autant d’événements qui indiquent un paysage politique ivoirien instable. Le jeu politique ne fait donc que commencer avec de possibles alliances (A lire notre article sur le PMU politique ivoirien).
Eric Coulibaly

Source : Rédaction Poleafrique

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