08202018Headline:

Primes impayées en Côte-d’Ivoire: Des militaires, gendarmes et policiers menacent encore

Voici leur correspondance qui explique tout

Une crise politico-militaire avait secoué la Côte d’Ivoire le 19 Septembre 2002. D’importantes décisions avaient sanctionné les pourparlers inter-ivoiriens dans le but d’une sortie de crise.

En effet, au cours des différents processus de sortie de crise, un accord commun avait été trouvé lors de l’étape de PRETORIA, la capitale Sud-Africaine sous la conduite du Président Thabo M’Beki les 3, 4 et 5 Avril 2005 et les différents acteurs de la crise ainsi que les représentants des différents partis politiques.

 

Les partis signataires de l’Accord avaient admis la nécessité de garantir la sécurité des biens et des personnes dès le début de l’opération de cantonnement des Forces Nouvelles dans le Nord suivant les mesures temporaires et transitoires ci-après: ” Six cent (600) éléments des Forces Armées des Forces Nouvelles (FAFN) seront recrutés et formés suivant les critères nationaux de la Gendarmerie et de la Police en vigueur. Ces éléments recevront une formation accélérée par la section de la Police de l’ONUCI. Ces éléments seront déployés aux côtés des Forces de l’ONUCI. Dès que l’administration de l’Etat sera rétablie sur l’ensemble du territoire national, les intéressés devront poursuivre leur formation à l’Ecole de Police et à l’Ecole de Gendarmerie”.
A la suite de cet Accord, ces 600 éléments ont donc reçu une formation de 45 jours par la Police des Nations Unies du 1er Août au 15 Septembre 2005 à l’Ecole des Forces Armées (EFA) de Bouaké. Lors de l’Accord Politique de Ouagadougou du 04 Mars 2007, le Centre de Commandement Intégré (CCI) fut créé dont le commandant était le Général de Division Kouakou Nicolas, actuel Commandant Supérieur de la Gendarmerie. Le CCI était composé de Forces mixtes, les FN et les FDS chargés de sécuriser le processus de sortie de crise sous la supervision de l’ONUCI.

Après les élections de 2010 et la situation post-crise, les 600 entrent dans les écoles de Police et de Gendarmerie comme prévu par l’Accord de Pretoria. En 2015, un soulèvement militaire de 8400 éléments des ex-FAFN intégrés dans l’Armée éclate dans le pays. Des négociations entreprises par le gouvernement finissent par la prise en compte des 8400 à partir de 2009 plus le versement d’un montant de cinq millions (5.000.000) chacun. Le contingent des 600 fut ignoré par cette décision.
Deux ans après, un autre soulèvement des 8400 éclate les 5 et 6 Janvier 2017 pour revendiquer des conditions de vie et de travail, l’augmentation des baux, l’avancement d’un grade à un autre et le payement de la prime ECOMOG de douze millions (12.000.000) chacun.

Au cours des négociations, des modalités de payement furent trouvées suivies d’un communiqué du porte-parole du gouvernement, le ministre Bruno Nabagné Koné en ces termes : « ces primes concernent les éléments des ex-FAFN qui ont participé à la sécurisation du processus de sortie de crise et qui n’avaient pas de salaire de 2009 à 2011 ». Ces primes ont donc été versées aux 8400 selon les modalités conclues au cours des négociations. Alors que les 600 policiers et gendarmes et un groupe de militaires omis faisant partie du contingent de 1500 éléments dont 1000 recrutés avant l’assaut final sur Abidjan avec pour mission de sécuriser les ex-zones CNO. 286 autres éléments sur 500 du dispositif du Colonel Koné Zakaria sont également ignorés au même titre que les 600 UNPOL.

Ces différents éléments ayant fait une fusion ont entrepris plusieurs démarches auprès des autorités en passant par les religieux et même la Chambre des rois et chefs traditionnels. Ces démarches n’ont rien donné. Plusieurs demandes d’audience ont été faites au cabinet du ministre de la Défense dans le but de trouver une solution mais, le ministre n’y a jamais fait face.

La question est de comprendre pourquoi le gouvernement reste silencieux sur cette affaire. Il est très important que nos dirigeants se penchent sur cette question de primes impayées vu l’effort de dialogue que ce groupe de frustrés a initié. Ces éléments n’ont vraiment pas l’intention de perturber la quiétude des ivoiriens. Mais, nous ne comprenons vraiment pas pourquoi depuis plus d’un an cette affaire tarde à être réglée. La pauvreté grandissante dans le pays traumatise déjà nos populations et il ne sera pas normal que des bruits d’armes se fassent entendre. Ce qui est remarquable et d’ailleurs déplorable dans notre pays c’est que les dirigeants attendent que les gens se soulèvent avant d’agir.

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