09262017Headline:

Procès: Cpi, les «Gbagbo ou rien» des “professeurs du Fpi” corrigent la copie de Bensouda/ce qu’ils disent

bensouda

C’était aussi inévitable que minutieusement suivi. Après deux jours de procès à la Haye, les “Gbagbo ou rien” du Front populaire ivoirien (Fpi) ont scruté les propos de la procureureFatou Bensouda  renvoyée une première à sa copie pour manquements.

Cette fois ci les professeurs du parti frontiste pour qui “la déportation du PrésidentLaurent Gbagbo  à La Haye procède d’un complot ourdi par le système politico-financier dominant”, n’ont pas manqué de transmettre à la presse dimanche un communiqué qui énumère un à un les points noirs de la gambienne.

“Les rangs des Indignés grossissent au fur et à mesure que la CPI aligne contradictions sur contradictions, supercheries sur supercheries, mensonges sur mensonges, méprises sur méprises. ” signe en introduction de la litanie de remarques, dont huit figures ci-dessous, le porte parole Koné Boubakar.

1-Alors qu’elle assure que cette affaire pénale n’a rien de politique, le procureurFatou Bensouda  indique queLaurent Gbagbo  poursuit depuis 30 ans, un plan qui l’a amené à créer le FPI dans la clandestinité ;
2- Elle clame également qu’il n’est pas question de parler de qui a gagné l’élection présidentielle de 2010, pendant qu’elle bâtit son argumentaire sur le fait que le PrésidentLaurent Gbagbo  aurait commis des crimes pour s’accrocher au pouvoir après avoir perdu ladite élection ;
3-Alors que le PrésidentLaurent Gbagbo est  détenu arbitrairement à La Haye pour des faits à lui reprochés pendant qu’il était Président en exercice, Dame Bensouda prétend le poursuivre en tant que simple individu ;
4-L’accusation affirme également qu’à l’époque des faits, Monsieur Charles Blé Goudé était le chargé de Communication et porte-parole du Président Laurent Gbagbo, alors que ces deux fonctions étaient assurées respectivement par Messieurs Sylver Nébout et Gervais Coulibaly ;
5-Il a été également avancé par l’accusation que des gendarmes, après avoir arrêté des femmes lors  d’une manifestation, les ont conduites à la Préfecture de police où ils les ont violées par la suite.
6-La gendarmerie ne dépose pas dans  les locaux de la police, les personnes qu’elle arrête ; en outre, les gendarmes n’ont pas accès aux locaux de la police pour y exercer quelques actions que ce soit et vice-versa ;
7-Lorsqu’elle dit vouloir ouvrir plus tard le procès du camp Ouattara, Madame la procureure  croit faire ainsi preuve d’équité, d’équilibre et d’impartialité alors qu’en réalité, elle prend en otage le PrésidentLaurent Gbagbo o et les siens, le temps que le clan Ouattara au pouvoir et ses alliés fassent disparaitre les preuves, pillent la Côte d’Ivoire et y installent un régime dictatorial ;
8-Lorsque l’accusation affirme que la chaine de commandement de l’armée au temps du PrésidentLaurent Gbagbo était constituée par des hommes de son ethnie, c’est un premier gros mensonge. En vérité, sous le PrésidentLaurent Gbagbo:
–    Le général Philippe Mangou de l’ethnie Ebrié  était le chef d’état-major des Armées ;
–    Le général Edouard Kassaraté de l’ethnie Kroumen était le commandant supérieur de la Gendarmerie Nationale ;
–    Le général Marc Kodjo Aka, un Agni, commandait l’Armée de l’air ;
–    Le général Firmin Detoh Letho, un Wan, commandait les Forces terrestres ;
–    Le Vice-Amiral Vagba Faussignaux, un Bété, commandait la Marine Nationale ;
–    Le Général Dogbo Blé, un Bété, commandait la Garde Républicaine ;
–    Le général M’Bia Brindou, un Agni, était le Directeur Général de la Police Nationale ;
–    Le général Djè Bi Poin, un Gouro,  commandait  le  C.E.C.O.S ;

Les professeurs duFpi reprochent également à la gambienne de “travestir” la réalité par l’influence directe de la logique du parti du président Ouattara.

“De cette tentative de travestir la réalité de la chaîne de commandement de l’Armée sous le PrésidentLaurent Gbagbo  et le fonctionnement des forces de sécurité, le constat est net que le procureurFatou Bensoudadonne raison à l’opinion qui l’accuse de diaboliserLaurent Gbagbo  dans le plus pur style du RDR, le parti de Ouattara, en exhibant l’idée farfelue d’une haine de l’ancien chef d’Etat ivoirienLaurent Gbagbo  et de son ethnie, le peuple Bété, à l’encontre des Dioulas ou nordistes musulmans. Mme Bensouda suggère en outre l’existence, dans les communes d’Abidjan et des autres villes de la Côte d’Ivoire, de “quartiers dioulas“ en proie à l’adversité des partisans du Président Laurent Gbagbo.

Ces autres affirmations sont un tissu de mensonges de plus pour plusieurs raisons :
a)    L’histoire et la sociologie ivoiriennes indiquent qu’il n’y a pas en Côte d’Ivoire un Nord habité exclusivement par des musulmans face à un Sud avec uniquement des chrétiens ; selon le Recensement général de la Population et de l’Habitat (RGPH) réalisé en 1998, en Côte d’Ivoire, il y a plus de musulmans dans le Sud que dans le Nord ! ;
b)    Dans les villages comme dans les quartiers des villes de Côte d’Ivoire, dont certains sont appelés « Dioulabougou », cohabitent quasiment  autant de Dioulas que de non-Dioulas (Gagnoa, Daloa, Abengourou, Divo, Yamoussoukro, etc.)
c)    De toutes les régions forestières, Gagnoa, la ville natale du président Laurent Gbagbo, est l’une des villes qui abrite une forte colonie de musulmans avec à sa tête, la famille de Yacouba Sylla, l’une des plus anciennes et des plus prospères du pays. Dans la famille même du président Laurent Gbagbo, comme dans la plupart des familles du Sud de la Côte d’Ivoire, il y a des Malinkés  et des Sénoufos musulmans qu’on appelle abusivement Dioulas. Le PrésidentLaurent Gbagbo  est lui-même issu de la multi-culturalité qui fonde la Côte d’Ivoire. A Mama, son village, localité de son enfance, les Bétés et les Dioulas cohabitent en bonne intelligence ;

d)    Arguer queLaurent Gbagbo et les Bétés persécutent les Dioulas/musulmans/nordistes, c’est répéter, comme un perroquet, les accusations irresponsables dirigées contre le PDCI d’Henri Konan Bédié, par Alassane Ouattara à la fin des années 1990, pour faire entrer le mensonge dans les esprits, et de façon pernicieuse : « C’est parce que je suis Dioula et musulman  du Nord que le PDCI m’empêche de devenir président de la République», avait en effet clamé Ouattara. Une déclaration qui n’était en réalité que le repli pernicieux et identitaire d’un homme qui n’avait aucun argument objectif.”

Poursuivant sur ce qu’ils qualifient de “prétendues tueries lors du soit disant bombardement du marché d’Abobo et de la marche sur la R.T.I.”, les partisans du président ivoirien affirment que le parti d’Alassane Ouattara a fabriqué des faits.

“Le R.D.R, comme à son habitude, a fabriqué des faits se rapportant à des soit disant tueries commises par des éléments des Forces de Défense et de Sécurité, le 17 mars 2011, au marché d’Abobo et le 16 décembre 2010, lors de la marche sur la R.T.I. Ces faits inventés par le R.D.R constituent deux des quatre chefs d’accusation sur lesquels se fonde la procureureFatou Bensouda  pour maintenir le PrésidentLaurent Gbagbo et le ministre Blé Goudé à La Haye. Les éléments des F.D.S, arrêtés et mis en cause dans le soit disant bombardement du marché d’Abobo ont été tous relaxés purement et simplement par le Tribunal Militaire d’Abidjan pour délits non-constitués. Le Tribunal Militaire d’Abidjan a donc mis à nu le gros mensonge du R.D.R ; mensonge sur lequel la C.P.I se fonde pour continuer de poursuivre le PrésidentLaurent Gbagbo  et le ministre Blé Goudé. ” relève t’on du communiqué qui dans la même veine épluchera les points de détails du discours de Divo et de la marche sur la Rti.

Après une suspension de deux jours, le procès deLaurent Gbagbo et de Blé Goudé reprendra lundi matin à la cour pénale internationale et ce, sous les regards plus qu’attentifs des “professeurs du Fpi” qui ne manqueront sans nul doute pas de nous transmettre leurs nouvelles remarques.

Amy Touré, Abidjan

koaci

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