08172017Headline:

Procès des pro-Gbagbo: Mangou, Kassaraté et Brédou M’bia cités par un militaire, à la barre-Voici ce qu’ils ont fait

Procès des pro-Gbagbo: Mangou, Kassaraté et Brédou M'bia cités par un militaire, à la barre

Les noms des patrons de l’armée, de la gendarmerie et de la police de Côte d’Ivoire sous Laurent Gbagbo, au moment de la crise post-électorale de 2010-2011, ont été entendus hier jeudi, au cours du procès en assises de trois prévenus poursuivis pour «atteinte à la sûreté de l’État, rébellion, xénophobie, tribalisme…».

Les généraux Philippe Mangou, Édourad Kassaraté et Brédou M’bia ont été cités par le caporal Zezé Kabi Jean-Paul, élément des ex-forces de défense et de sécurité (Fds). S’expliquant sur ses mouvements pendant la crise post-électorale, le caporal a dit avoir déserté l’armée sur conseils des trois généraux. «Le Général Mangou, le Général Kassaraté et le directeur général de la police sont venus. Ils nous ont dit: ”le pays est gâté, cherchez-vous!” J’ai enlevé ma tenue et je suis parti», a déclaré Zezé Kabi Jean-Paul, anciennement en service au ministère de la Défense.

C’est après sa désertion que suivront les faits pour lesquels lui et le caporal Ougah Zokou Simplice sont accusés. En effet, il leur est reproché d’avoir tué deux civils à Treichville, le 11 avril 2011. L’accusateur principal, qui a permis l’arrestation des deux militaires, est Ouattara Souhalio. Il a témoigné avoir vu Zézé Kabi tirer sur les deux frères Coulibaly. Quant aux parents des défunts, ils n’ont pu identifier formellement Zezé comme l’assassin de leur frère. «Je ne connais pas celui qui a tiré, mais j’ai entendu parler celui qui a donné l’ordre de tirer sur tout ce qui bouge. Il bégaie», a avoué Coulibaly Mohamed.

Effectivement, Zézé Kabi Jean-Paul bégaie légèrement. Mais, lorsque le témoin est invité par le président de la Cour, le juge Dembélé Tahirou, à identifier les deux militaires, il répond: «je ne les connais pas». Toutes les accusations, les deux militaires les ont rejetées. Au terme du procès, il s’est trouvé que Zezé Kabi a cité son collègue par peur d’être tué lorsque Ouattara Souhalio l’avait indexé comme l’assassin des Coulibaly.

Les faits se sont déroulés au sein de la caserne de la Garde républicaine de Treichville, le 20 janvier 2012. «C’est parce que j’ai eu peur que j’ai dit son nom. Les gens voulaient me tuer. Ils ont pris des pneus, de l’essence, ils voulaient me brûler», a avoué Zezé Kabi. Le juge Tahirou l’a invité à présenter ses excuses à son collègue qu’il aura fait emprisonner à cause de ce mensonge. «Je te demande pardon. C’est la peur qui m’a fait dire ton nom», a-t-il dit à Ougah Zokou Simplice.

Quelque peu innocenté par les aveux de son ami, ce dernier a remercié Dieu et la justice. Il a souhaité que le procès finisse afin qu’il regagne sa famille. «Ma femme était enceinte au moment où on m’a arrêté. Ça fait trois ans que je n’ai pas vu mon enfant». Les deux militaires ont fait remarquer au président de la Cour les conditions difficiles dans lesquelles ils étaient détenus à l’intérieur du pays avant leur transfèrement à la Maison d’arrêt et de Correction d’Abidjan (Maca). Juste avant eux, un autre prévenu, Logbo Isidore, a été entendu pour des faits de trouble à l’ordre public, tribalisme, xénophobie, participation à une bande armée. Des faits qu’il a, lui aussi, niés.

César DJEDJE MEL

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