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Procès Gbagbo- Blé Goudé: Au cour de la causerie-débat, ce qu’à dit Aké Mel, Christiano, chef du projet monitoring des procès pénaux à l’OIDH.

C’est dans un hôtel de la commune de Cocody que s’est tenue le jeudi 11 octobre 2018 la causerie-débat initiée par l’Observatoire ivoirien des droits de l’homme (Oidh) sur les procédures pénales post-crises notamment le procès Laurent Gbagbo- Blé Goudé.

Autour du thème « Contribuer au déroulement des procès post-crises équitables et impartiaux pour une réconciliation effective et durable en Côte d’Ivoire, la conférence a réuni juristes nationaux et internationaux, victimes de la récente crise post-électorale, acteurs de la société civile et des experts de la Cour pénale internationale (Cpi). Selon Aké Mel, Christiano, chef du projet monitoring des procès pénaux à l’OIDH, il s’agit ainsi d’instruire les populations sur les procès post-crise en ci notamment celui de Gbagbo et Blé Goudé cela, afin de recueillir les propositions des différentes parties à l’amélioration des actions judiciaires tant au niveau des juridictions nationales qu’internationales. Après le regard rétrospectif jeté sur le statut de Rome et la Cpi en particulier les panélistes se sont majoritairement accordés sur l’existence de failles dans le fonctionnement de la juridiction pénale. « Il y a des défauts dans le système pour lesquels on n’a pas encore trouvé de remèdes » notamment un mécanisme imposant à la Cour d’initier une action même si elle en a été informée par une partie.

« Le procès Gbagbo et Blé Goudé à la CPI vu à mi-parcours », c’est le second panel qui a animé cette journée d’échanges avec la participation de Thijs Bouwknegt des Pays-Bas, Me Hyacinthe Gbiégba de la République centrafricaine, Pascal Kambalé de la République démocratique du Congo (Rdc), responsable à Osiwa Dakar (Sénégal), André Silver Konan, journaliste et analyste politique, Abraham Kouassi, journaliste moniteur pour le procès de Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé et expert du centre Esd et Drissa Traoré, Vice-président de la Fédération internationale pour la défense des droits de l’Homme (Fidh), Thomas Verfuss, de l’organisation « Journalists for justice », venu de La Haye. S’ils ont reconnu l’existence de nombreuses attentes des communautés de victimes et au sein de la cour même, les panélistes ont souligné l’opportunité du procès pour faire la lumière sur certains points notamment la responsabilité des uns et des autres dans le meurtre des 3.000 morts enregistrés lors de la crise post-électorale de 2010-2011.

D’ailleurs le journaliste moniteur, Abraham Kouassi a exhorté les uns et les autres à voir au-delà des questions de personnes dans ce jugent qui tend surtout à définir les responsabilités. Aussi, a-t-il souhaité des jugements de qualité, mm si cela pourrait s’avérer long. « Tout finira par se savoir car on parle de 3000 morts. Les Ivoiriens ont besoin de connaitre la vérité car ces derniers ne se sont pas suicidés », a déclaré l’analyste André Silvère Konan. Aux préoccupations de l’assistance relatives au caractère unilatéral de la procédure pénale, les experts de la Cpi en l’occurrence Me Gbiegba Hyacinthe de la coalition centrafricaine pour la CPI a rappelé l’engagement du bureau de la procureur à poursuivre les deux camps, bien que le camp Gbagbo soit celui sur le banc des accusés, pour l’heure. Il a par ailleurs rappelé la longueur du procès Gbagbo par des incidents comme l’incapacité physique de l’ancien chef d’Etat de suivre le procès.

Sur la dizaine de libertés provisoires refusées à Laurent Gbagbo, Thomas Verfuss a lui, fait savoir qu’ils étaient dus à l’opposition de deux membres de la Chambre qui devait avec le juge principal se prononcer sur cette liberté provisoire. « Le juge de la chambre a été mis en minorité par ses deux collègues », a appris M. Verfuss. Le cas Simone Gbagbo a également été débattu lors de cette causerie. Les spécialistes de la question ont alors fait savoir qu’ » « Au plan national, une amnistie ne peut pas être opposable à la Cpi ». Aussi, ont-ils attiré l’attention des uns et des autres sur un éventuel jugement de l’ex première dame par la juridiction internationale même si la faisabilité de l’opération reste conditionnée par une disposition des autorités nationales. Au plan national en tout cas, ils ont rejeté la pertinence du jugement de l’ex première dame. « Le procès Simone Gbagbo n’a pas été fait comme cela devait se faire parce que cela a été fait dans la précipitation », a assuré Drissa Traoré.

AIP

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