08232017Headline:

Procès Gbagbo/ Une journaliste française fait des révélations : « La CPI ne recherche pas la vérité »Manipulation des faits

Une année après l’ouverture du procès Gbagbo, les longues procédures, erreurs et approximations de la Cour pénale internationale (CPI) semble conforter la thèse de la journaliste française d’investigation Leslie Varenne. Dans son compte-rendu de la première semaine d’audience, elle affirmait d’ores et déjà que cette institution internationale ne recherche pas la vérité.

« La CPI ne recherche pas la vérité, et ne prend même pas la peine de se donner les moyens d’être, à minima, crédible. Quant à monter des dossiers, elle pourrait au moins le faire avec panache, au lieu de tanguer entre absurdités, erreurs et approximations. L’indigence judiciaire et l’incompétence de la CPI ne sont plus à démontrer. », indiquait d’emblée Leslie Varenne dans son compte rendu intitulé CPI: Chronique d’un désastre.

Des zones d’ombre à éclaircir

Cette tendance à enterrer la vérité nuit non seulement aux accusés mais également aux familles des victimes. C’est pourquoi la journaliste française soutient qu’en lieu et place d’une haine à vie des familles des victimes à l’égard des partisans de Gbagbo, seule la vérité pourrait leur permettre de se reconstruire. Toutefois, elle voit dans cette affaire beaucoup de zones d’ombre. « Dans cette affaire, tous les ingrédients d’un attentat sous fausse bannière, (false flag) sont réunis : organisation de la marche sur le passage du convoi dans un endroit dangereux, canon imaginaire, douilles de calibres de 12,7 retrouvées sur la scène de crime, disparitions des corps… A ces faits, il faut ajouter deux questions essentielles : quel était le mobile de Laurent Gbagbo et à qui a profité le crime ? Le conditionnement de l’opinion, pivot de la guerre psychologique est devenu une arme majeure de la guerre moderne, avec son cortège de fausses informations, de montages de preuves et de mise en scène. », regrette-t-elle.

Manipulation des faits

A titre d’exemple, la journaliste d’investigation cite le faux charnier de N’Dotré (Abidjan). « Le camp Gbagbo était accusé d’avoir entreposé entre 60 et 80 cadavres à cet endroit. Le représentant de l’ONU en Côte d’Ivoire, Choi Young-jin l’a maintes fois dénoncé et cette histoire a fait couler beaucoup d’encre. Et puis à la fin de la guerre, lorsque cet endroit est devenu accessible, l’ONUCI a été obligée de reconnaître que ce charnier n’avait jamais existé… », révèle-t-elle.

Cette manipulation des faits vise, à l’en croire, à à garder des opposants au frais afin de laisser le champ libre aux Présidents dit-elle, installés par les bailleurs de fonds. « C’est le cas de Laurent Gbagbo. Il faut en finir avec cette forme de justice internationale structurellement malade de sa dépendance à un Procureur aux ordres de ses bailleurs de fonds. Puisque la CPI est inapte, il faut en tirer les conséquences : fermer les portes de l’Institution, ouvrir les grilles et libérer tous les prisonniers car compte tenu des procédés de cette Cour aucun n’a bénéficié ou ne bénéficiera d’un procès équitable. », conclut-elle.

Journaliste d’investigation pendant 20 ans sur le continent africain, Leslie Varenne est aujourd’hui auteur et chercheur. Son dernier ouvrage ”Abobo la guerre’’ témoigne des réalités de la guerre postélectorale survenue en Côte d’Ivoire en 2011.

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