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Procès ”Séka Séka”, inculpation de Simone Gbagbo : Voici ce que dit Me Yacouba Doumbia

Anselme Séka-Yapo-dit-Séka-Séka

Me Yacouba Doumbia, qui dirige le Mouvement ivoirien des droits humains (Midh) était l’invité de Rfi, le mardi 4 août, dans la soirée. Défenseur des droits de l’homme, il a commenté les condamnations de Jean-Noël Abehi et Séka Séka dans le procès de neuf officiers proches de l’ancien président Laurent Gbagbo, et a donné son avis sur la procédure en cours concernant Simone Gbagbo.

Anselme Séka Yapo dit ”Séka Séka” et Jean-Noël Abehi ont été condamnés tous les deux par le tribunal militaire d’Abidjan. Est-ce que vous pouvez nous rappeler d’abord qui sont ces deux hommes ? Et pourquoi leur procès était important ?

Le commandant Anselme Séka Yapo était très proche de l’ex-Première dame Simone Gbagbo. C’est quelqu’un qui a été cité depuis la période des escadrons de la mort jusque durant la période post-crise. Il a participé effectivement à beaucoup de faits, à des exactions ici et là. Concernant M. Abéhi, c’est dans la période post-crise que nous avons entendu dire qu’il était un maillon essentiel dans la résistance menée par Laurent Gbagbo et son camp. Il avait été notamment cité dans le crime des femmes d’Abobo. C’étaient des maillons essentiels dans les exactions du camp Gbagbo. N’oubliez pas qu’il y avait des chaînes de commandement officielles mais aussi des chaînes de commandement parallèles. Aujourd’hui, nous sommes au terme de la procédure initiée devant le tribunal militaire d’Abidjan, qui a abouti au verdict que vous avez cité. Nous prenons acte de la décision et nous espérons que ce n’est qu’un début par rapport à la lutte contre l’impunité qui doit s’étendre à l’ensemble des acteurs qui ont participé à la commission des infractions que nous avons tous déplorées.

Les officiers qui ont été jugés lors de ce procès l’ont été pour des faits commis lors de la crise postélectorale. Mais, on peut rappeler que le nom de ”Séka Séka” est cité dans l’affaire Kieffer, du nom de notre collègue qui a été enlevé en avril 2004 sur un parking d’Abidjan. Nous pensons que ”Séka Séka” sera encore cité devant d’autres juridictions et d’autres charges viendront, car il n’a pas dit tout ce qu’il savait.

Quelles sont, selon vous, les limites du procès qui vient d’avoir lieu ? Jean-Noël Abehi et ”Séka Séka” ne sont pas, à nos yeux, les seuls responsables. Nous savons très bien qu’il en existe encore beaucoup d’autres et qui n’ont pas, peut-être, été cités à l’occasion de ce procès-là. C’est pourquoi nous fondons beaucoup d’espoir sur ce qui est instruit devant la Cellule spéciale d’enquête et qui devra nous permettre enfin de comprendre un peu le mode d’organisation qui a permis, dans le camp de M. Gbagbo, d’une part, et dans le camp de M. Ouattara, d’autre part, de savoir quels sont les divers acteurs qui sont intervenus, et à quel niveau, pour aboutir à la commission de ces infractions que nous avons déplorées.

Est-ce que vous avez le sentiment que les travaux de la Cellule spéciale d’enquête avancent ?

Oui. Nous avons encouragé, dans un communiqué récent, cette cellule dans son travail. Nous avons dernièrement demandé au gouvernement de laisser cette cellule au rythme judiciaire. Ce que nous demandons simplement au gouvernement, c’est d’accorder suffisamment de moyens pour que, dans les délais raisonnables ces procédures puissent aboutir à des procès.

Neuf officiers proches de l’ancien président Laurent Gbagbo ont été jugés lors de cette procédure. On attend maintenant la deuxième partie du procès de l’épouse du président, Simone Gbagbo, qui concerne les crimes de sang. Est-ce que vous avez le sentiment que la procédure avance ?

Oui, la procédure avance au rythme du système judiciaire ivoirien. C’est une procédure que nous attendons avec beaucoup d’impatience en tant que défenseurs des droits de l’homme, parce que c’est celle-là qui est attendue aussi par la Cour pénale internationale (Cpi). C’est cette procédure là qui doit permettre d’aboutir à la prise en compte des victimes que nous accompagnons et à une éventuelle réparation des dommages que ces victimes ont dû subir.

Propos retranscrits par Cyrille DJEDJED

Source : L’Inter N°5144 du Jeudi 06 au 09 Août 2015

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