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«Qatargate» : écrouée pour corruption, Eva Kaili fixée sur son sort jeudi soir

Une telle mesure accordée à Eva Kaili par la chambre du conseil pourrait elle aussi se heurter à un veto du parquet.

Ancienne présentatrice du journal télévisé, devenue une figure controversée du parti socialiste grec (Pasok-Kinal) – qui l’a exclue dès les premières révélations -, Eva Kaili ne cesse de démentir avoir reçu de l’argent du Qatar pour influencer ses décisions politiques.

Selon une source judiciaire belge, des sacs remplis de billets de banque d’une valeur de 150.000 euros ont été découverts dans son appartement à Bruxelles. Mais Eva Kaili «ne connaissait pas l’existence de cet argent», avait déjà affirmé Michalis Dimitrakopoulos, selon qui Francesco Giorgi aurait «trahi la confiance» de sa compagne.

Un million et demi en cash
L’enquête dirigée par le juge belge Michel Claise a donné lieu à vingt perquisitions en Belgique entre le 9 et le 12 décembre, y compris dans les locaux du Parlement européen à Bruxelles.

Le père d’Eva Kaili a été gardé à vue pendant 48 heures dans la capitale belge, tandis que l’épouse et la fille de Pier Antonio Panzeri, ciblées par un mandat d’arrêt européen, ont été interpellées en Italie. Elles contestent devant les tribunaux italiens leur remise à la Belgique.

Les enquêteurs belges ont mis la main sur 1,5 million d’euros en liquide, d’après la même source judiciaire. Outre les 150.000 euros découverts chez Eva Kaili, son père a été surpris avec une valise contenant 750.000 euros en espèces.

Enfin, 600.000 euros ont été saisis au domicile de Pier Antonio Panzeri, ancien élu socialiste du Parlement européen qui a fondé en 2019 à Bruxelles l’ONG Fight Impunity, dont les trois ans d’activité sont désormais scrutés à la loupe.

Le dirigeant syndical italien Luca Visentini, qui connaît Pier Antonio Panzeri, a admis cette semaine avoir reçu de Fight Impunity un don en espèces d’environ 50.000 euros, mais a assuré qu’il n’était lié à aucune tentative de corruption ou trafic d’influence au profit du Qatar.

Inquiété dans l’enquête, Luca Visentini, secrétaire général de la Confédération syndicale internationale (CSI, Ituc en anglais), a été libéré sous contrôle judiciaire le 11 décembre après deux jours de garde à vue. Mercredi, il a été «suspendu» de ses fonctions par l’organe de direction de la CSI.

Europe: le scandale du «Qatargate» pollue la réunion des Vingt-Sept alors que les révélations s’enchaînent

Sur le plan diplomatique, le scandale ébranle la relation entre l’UE et le Qatar, qui a prévenu d’un possible «impact négatif» sur l’approvisionnement en gaz. L’émirat, qui «rejette fermement» les accusations, a protesté contre un vote intervenu le 15 décembre au Parlement européen qui vise à suspendre l’accès «des représentants d’intérêts qatariens» le temps de l’enquête.

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