10232017Headline:

Rebondissement /Putsch manqué au Burkina :” Voici Les vraies raisons de l’implication de Soro”

Soro Bassolé

L’ancien chef rebelle ivoirien, Soro guillaume s’adresse à Djibril Bassolé et lui dit : « Tu sais que quand j’étais là-bas, tous les soldats là venaient m’entourer. C’était pour ma sécurité, ils se relayaient. Donc je les ai pris à la table, par groupe de 10, 20, 10, 20, pour leur parler et leur donner un peu d’argent. »
Son interlocuteur à l’autre bout du fil n’est pas assez bavard : « Ah, tout à fait ! Répond Djibril Bassolé. Mais cela n’interpelle nullement Soro Guillaume qui tient à ce que Bassolé soit rassuré sur la disponibilité des fonds dont leurs complices ont besoin pour la réussite du coup d’État qu’il ne faut absolument pas raté. « Mais je vais continuer encore. Là, j’ai appelés certains de nos chefs. Je leur ai dit de travailler sur leurs salaires. Ils n’ont qu’à me donner le montant de leurs salaires et je vais mettre un bonus de 15.000 à 20.000 f sur leurs salaires. Et je vais voir quelqu’un on va cotiser et on va assurer ça. Donc je veux que toi aussi tu vois aussi que nous allons rentrer à la base. Donc moi ce que je te propose. »
Mais cette prolixité de l’ancien rebelle ne semble guère émouvoir l’ancien ministre des Affaires étrangères de Blaise Compaoré pour qui la langue de bois n’a plus de secret et qui manie à souhait la discrétion: « oui, oui ». En effet, l’Ivoirien s’en moque, peu importe pour lui si son interlocuteur reste prudent en ligne. « C’est qu’on regarde, moi d’ici 48 heures j’aurai des fonds. Je vais t’envoyer quelque chose pour que toi aussi tu rentres dans la phase. Même si c’est 5-5, 10-10, même 3-3 qui se connecte c’est bon. Maintenant, on travaille comme ça. » Insiste Soro Guillaume que la prudence de Bassolé ne semble ébranler, alors que le bras droit de Blaise Compaoré continue sur son ton indifférent « Oui, oui ».
Au final, l’ancien Secrétaire général de la rébellion du Mpci et des Forces nouvelles aura tout essayé pour la réussite du coup d’Etat au Burkina Faso. Mais à l’impossible, dit-on, nul n’est tenu. Soro Guillaume a tout fait, y compris mettre des fonds à disposition d’un des complices, en occurrence Djibril Bassolé dans le coup d’Etat avorté de Gilbert Diendéré. Mais rien n’y fit. La question devient donc de savoir pourquoi le président de l’Assemblée nationale de Côte d’Ivoire tenait-il tant au succès d’un coup d’Etat qui se passe dans un pays qui n’est pas le sien ? La réponse est que Soro est un garçon très futé.
Il sait l’inimitié qui existe entre lui et les nouvelles autorités Conseil national de transition (Cnt). Il sait que ceux qui se sont succédé au dictateur Blaise Compaoré ne lui offriraient aucune garantie sur le long terme. Lui et ses amis de la rébellion ont beaucoup investi dans ce pays frère jadis une base arrière de leur mouvement. La chute de Blaise Compaoré est si vite intervenue dans un contexte imprévisible que les anciens rebelles ivoiriens n’ont pas eu le temps d’évacuer les caisses d’argents et autres lingots d’or fruits des casses des agences de la Bceao de Bouaké, Korhogo et Mans, mais aussi les prébendes des pillages du nord et de l’ouest ivoirien. Toutes ces fortunes seraient entassées dans leurs résidences bâtis avec l’argent du sang.

D’une pierre, le président précoce de l’Assemblée nationale escomptait trois coups. En balayant du pouvoir le président Michel Kafando et le Premier ministre Isaac Yacouba Zida du Conseil national de la transition, (Cnt), non seulement l’ancien chef rebelle ivoirien espère retrouver ses biens propres, mais il n’oublie pas ses amis ex-rebelles et leurs familles. Mais aussi il rend service à leur parrain à tous, Blaise Compoaré et toute la nomenclature qui a gravité autour de l’ancien pouvoir burkinabé, lesquelles pourraient se rétablir dans leurs biens eux aussi. Ca vaut le coup de prendre la tête pour coordonner l’insurrection aux issues non maitrisées. Et c’est qu’a fait Soro Guillaume. Sauf que l’aventure s’est révélée trop périlleuse pour un président de parlement d’un autre pays, fut-il expert en rébellion. Pour le brevet, il faudra dorénavant consulter l’expertise du Libérien Charles Taylor ou peut-être son apprenti Foday Sankho de Sierra Leone.
Par Simplice Allard
Source : LG Infos

Comments

comments

What Next?

Related Articles

Leave a Reply

Submit Comment