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Réfugié en Côte d’Ivoire: Compaoré, un exilé à problème pour le régime Ouattara ;Les raisons

Compaoréet alassane

Cette entente conviviale entre les deux hommes tiendra longtemps après la chute de Compaoré.

C’est sans surprise que les observateurs de la scène politique internationale ont appris l’arrivée en Côte d’Ivoire de Blaise Compaoré, après sa chute du pouvoir, le vendredi 31 octobre 2014. Mais cette présence peut-elle être sans conséquences pour le régime ivoirien.

Pays frontalier du Burkina Faso, aux relations séculaires avec le pays des hommes intègres que les autorités ivoiriennes appellent affectueusement pays frère et, au vu des relations particulières que le régime Ouattara entretient avec le pouvoir de Compaoré, la Côte d’Ivoire ne pouvait qu’être le pays le mieux indiqué pour recevoir le désormais ex-président du Burkina Faso. Le samedi 1er novembre 2014, dans un communiqué de la présidence de Côte d’Ivoire lu par le ministre Amon Tanoh sur les chaînes nationales, le gouvernement ivoirien a confirmé la rumeur selon laquelle Blaise Compaoré et ses proches se sont réfugiés en Côte d’Ivoire, après le soulèvement de la population burkinabé. Cette rumeur affirmait même que c’est depuis la Côte d’Ivoire que le dernier président de l’État du Faso a fait sa première déclaration vidéo, le jeudi 29 octobre 2014.

De la part du Président Alassane Ouattara, c’est un geste de fraternité et d’amitié, selon le sens qu’il donne aux relations ivoiro-burkinabé, qu’il exprime en recevant sur son territoire son ex-homologue Compaoré. N’est-ce pas que c’est dans les moments difficiles que l’on découvre ses vrais amis, dixit l’adage. Mais jusqu’à quel degré le président ivoirien est-il capable de démontrer son attachement à son ami Blaise ? Pourra t-il le défendre au cas où son hôte devrait faire face à un mandat d’arrêt international ?

Quand on sait que les 27 ans de Compaoré au pouvoir sont émaillés d’évènements malheureux pour lesquels certains Burkinabé le tiennent pour responsable. Entre autres, l’assassinat de son ami le capitaine Thomas Sankara, la mort du journaliste Norbert Zongo. On pourrait y ajouter les quelques morts et les dégâts matériels et économiques qu’ont provoqué les récents évènements. Sans oublier qu’au niveau international, son nom revient dans les conflits qui ont déstabilisé certains pays de la sous-région ouest-africaine, à travers un trafic de diamant et d’armes. On peut citer le Libéria, la Sierra Leone et la Côte d’Ivoire contre le régime Laurent Gbagbo.

D’ailleurs, à peine Blaise Compaoré a rendu sa démission que sur la toile, des internautes l’appellent à rendre compte de ses 27 ans de gestion, afin que cela serve d’exemple à ses successeurs et au reste des politiciens africains. Si cette opinion arrive à se frayer un chemin et s’imposer, il n’est pas impossible de voir des mandats d’arrêt provenant du Burkina Faso ou de la justice internationale lancés contre Blaise Compaoré. Et c’est là que se situe le danger de l’hospitalité offerte par Ouattara à Compaoré.

A moins que celle-ci soit passagère comme ce fut le cas pour Henri Konan Bédié qui, après le coup d’État de 1999, a fait escale au Togo avant de s’envoler pour la France. Que ferait donc le chef de l’État ivoirien. Brisera t-il les liens séculaires entre le Burkina Faso et la Côte d’Ivoire qu’il vante tant pour un homme ? Ou dira t-il comme le souverain sacrificateur Caïphe au sujet de Jésus-Christ : « il est avantageux qu’un seul homme meure pour le peuple », et livrer l’époux de sa ”soeur” Chantal Compaoré ?

Ou encore, refusera t-il de céder comme il fait maintenant dans l’affaire Simone Gbagbo contre le procureur de la Cour Pénale Internationale (CPI), à un mandat d’arrêt international à l’encontre de Blaise. Si pour ce cas-ci, il a des arguments qui tiédissent plus ou moins l’ardeur de la CPI, en aura t-il assez pour contrer à la fois les Burkinabé et la justice internationale. Dans les deux cas, un non du président Ouattara soulèverait des sentiments et réactions qui risquent de le fragiliser. Tant au niveau national qu’international.

Au plan national, des Ivoiriens pourrait lui reprocher d’avoir livrer des compatriotes à la CPI, traquer et extrader d’autres en exil tels que Blé Goudé, Dibopieu, Abehi et Koné Katinan. Alors qu’il refuse de le faire quand il s’agit d’un ”étranger”. D’où son ”amour” pour les étrangers que pour les Ivoiriens, notamment les pro-Gbagbo, comme ces derniers le font savoir. Un argument qui n’est pas fait pour lui faciliter la tâche en 2015. Au plan international, bien évidemment, une telle position du chef de l’État ivoirien peut lui coûter quelques relations. Car, on peut imaginer que la chute de Compaoré fait la joie de certains chefs d’État africains, à cause de tous ces crimes cités plus haut. Ouattara doit y réfléchir dès maintenant.

LINFODROME.com

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