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Resumé du procès de Gbagbo/Blé goudé du 2 Nov 2016/ ce qui s’est passé à L’interrogatoire de Metche Metchro

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L’interrogatoire de Metche Metchro Moise Harold Fabrice arrivera demain à son terme. En attendant, ce mercredi 2 novembre, la défense de Laurent Gbagbo a continué de poser ses questions au témoin. Les relations entre le Groupement des patriotes pour la paix (GPP) et les Forces de défense et de sécurité étaient au cœur des échanges.

Par Camille Dubruelh

La « légalité » du GPP, c’est le thème sur lequel s’est tout d’abord concentré Andreas O’Shea, l’un des avocats de Laurent Gbagbo. Ce dernier a notamment voulu en savoir plus sur les « cartes professionnelles » distribuées aux éléments de ce groupe paramilitaire, dont le témoin était membre. Selon ses dires, les cartes, produites par les chefs du GPP, servaient de « laissez-passer » aux barrages des Forces de défense et de sécurité. Grâce à ce document, les membres du GPP pouvaient donc circuler librement. Mais la défense de Gbagbo a opposé à cette explication un extrait du Journal officiel datant de 2003. Celui-ci indique que le groupe paramilitaire, accusé de « faux et usage de faux », détenait « irrégulièrement des cartes professionnelles identiques à celles des FDS ». Il s’agissait de « cartes légales », a pour sa part insisté le témoin, assurant qu’on ne pouvait pas les « taxer de faux ».

Marche sur la RTI, des manifestants « chicotés »

Toujours sur le thème de la collaboration avec les FDS, la défense de l’ancien président s’est ensuite intéressée à la crise post-électorale. Il a notamment été question de la marche du 16 décembre sur la RTI. « On connaissait leur mission générale mais on n’était pas censé tout savoir », a expliqué le témoin, interrogé sur les prérogatives des FDS ce jour-là. Quant à la mission du GPP : « intercepter les marcheurs et soutenir les FDS dans la répression de cette marche » a affirmé celui qui assurait les fonctions de numéro deux du GPP à cette époque. Selon ses dires, les FDS ont ce jour-là « ouvert le feu » contre les marcheurs, mais ça n’a pas été le cas du GPP. Des membres du groupe paramilitaire auraient par contre « chicoté » (fouetté) des manifestants avec des « cordelettes ».

 

Suite à cette déclaration, Andreas O’Shea a donc voulu savoir en quoi cela rentrait dans la mission officielle du GPP. Les manifestants « étaient considérés comme des rebelles » qui menaient « des actes subversifs considérés comme un coup d’Etat » a expliqué le témoin. Dans ce cadre, « on ne va pas s’offusquer que des personnes soient tabassées », s’est-il défendu. Comme les jours précédents, Metche Metchro Moise Harold Fabrice a été une nouvelle fois confronté à ses dépositions antérieures. L’avocat de Laurent Gbagbo a cherché à attirer l’attention de la Chambre sur les différences de versions concernant cette même journée. Un exemple parmi d’autres, le témoin avait affirmé dans l’une de ces déclarations précédentes : « Nous étions armés de Kalash ». Dans une autre déposition, il avait attesté qu’ils « n’avaient pas d’armes », n’ayant pas reçu l’autorisation d’en porter ce jour-là. Le témoin a précisé que la deuxième déclaration faisait référence aux éléments postés à Adjamé. « Au niveau de Cocody, ils avaient deux Kalash », s’est-il justifié.

« Ce témoin est en mesure de dire ce qu’il pense »

Cet exercice s’est poursuivi pendant une trentaine de minutes, entrecoupé par de nombreuses interventions du bureau de la procureure, qui a déploré des questions « incompréhensibles ». Ces interventions ont provoqué l’ire d’Andreas O’Shea. L’avocat a dénoncé des « pratiques inacceptables », le bureau de la procureure coupant la parole « à dessein » pour « donner au témoin le temps de réfléchir ». « L’accusation essaie de porter aide et secours au témoin », a conclu l’avocat de Laurent Gbagbo. Le juge président n’a pas caché son irritation, demandant à toutes les parties « de garder la tête froide » et de « faire preuve de retenue ». « Ce témoin est en mesure de dire ce qu’il pense », a finalement tranché le président de la Chambre.

En effet, sans se démonter, le témoin a répondu à chacune de ces contradictions présumées, non sans partir parfois dans des récits alambiqués. L’ancien paramilitaire a par ailleurs demandé à ce que ses déclarations faites lors procès de Simone Gbagbo soient relativisées. Il y aurait eu des « cafouillages » dans la retranscription de ses propos, certaines réponses ayant « été compressées » et les questions retirées du transcrit. « Moi-même je lis et je ne comprends rien » a t-il assuré, décrivant la manière dont s’était déroulé le procès : « plusieurs personnes qui posaient des questions en même temps », d’autres qui criaient le traitant de « fou » ou de « menteur ». « J’ai répondu comme je pouvais (…) J’ai l’impression que ce n’était pas un procès mais un règlement de compte », a-t-il confié.

ivoirejustice

 

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