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Revendications de primes en Côte d’Ivoire: Que dit et que fait l’Assemblée nationale face à cette situation

Le weekend du 07 janvier, les populations de Bouaké, Daloa, Odienné, Bondoukou, Korhogo, Abidjan ont vécu au rythme des tirs de la soldatesque de M. Ouattara, qui revendiquait des primes promises par lui avant son accession au pouvoir. Le weekend suivant, rebelote. En semaine, c’est l’administration qui est paralysée par la grève des fonctionnaires, qui protestent contre la réforme des retraites imposée par ordonnance, et qui revendiquent eux aussi des arriérés de salaires et des avantages catégoriels. Par ricochet, les écoliers des établissements publics n’ont pas cours et sont jetés à la rue alors que la constitution «de paix, de stabilité, d’égalité et de modernité» de la 3ème République de M. Ouattara sanctifie l’école obligatoire. Aujourd’hui, ce sont les gendarmes qui sont entrés dans la danse, n’acceptant pas d’être tenus à l’écart du partage de gâteau au profit des miliciens intégrés dans les rangs de l’armée depuis 2011.

Depuis l’arrivée de Alassane Dramane Ouattara au pouvoir, la vie en Côte d’Ivoire est émaillée par les grèves et les revendications sociales : enseignants, fonctionnaires, militaires, consommateurs, étudiants, médecins, préfets…

LIDER, qui étudie chaque année le budget de l’Etat, constate avec stupéfaction que ces primes ne sont budgétisées nulle part. Comment se fait-il que si M. Ouattara (et M. Soro ?) a promis des primes aux miliciens qui l’ont aidé à prendre à pouvoir en Côte d’Ivoire, il n’ait pas intégré cela dans le budget de l’Etat après son accession au fauteuil présidentiel qu’il a tant convoité ?

Que dit, que fait l’Assemblée nationale face à la situation intenable dans laquelle se trouve notre pays ? Jusqu’à présent, elle est muette, aux abonnés absents. Encéphalogramme plat dans l’hémicycle, au sein duquel, depuis 2012 et sur décision ad hoc de son président, tous les travailleurs percevraient une prime de 500.000 fcfa tous les 3 mois, ce qui représenterait 2 millions de fcfa par an et par travailleur.

LIDER estime que la profusion des doléances dans toutes les administrations (primes, arriérés de salaires, avancement) nécessite au bas mot un budget de 700 milliards de fcfa.

Doit-on rester dans la gestion hasardeuse et informelle de ces revendications par le président de la République ou doit-on les discuter, les intégrer à la masse salariale de l’Etat, aligner les impôts etc. ?

Fidèle à sa devise «le pouvoir au peuple», LIDER considère que cela relève du débat national et doit impérativement et sans plus tarder faire l’objet de discussions à l’Assemblée nationale, retransmises en direct sur la Rti télé et radio. Il est donc plus que temps que les représentants du peuple de la législature 2017-2020 se saisissent de la question et commencent à faire leur travail, à savoir contrôler le gouvernement, lui demander des comptes, discuter et voter le budget et les lois et défendre l’intérêt général pour que cesse le détournement persistant des ressources publiques.

Osons mettre fin à la redistribution tyrannique du monstrueux Etat néo patrimonial, qui prend de force aux uns pour le donner allègrement aux autres, sans autorisation du parlement, sans débat public, sans budgétisation programmatique, segmentant ainsi la clientèle politique et les contribuables en quotas de rentiers.

LIDER News

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