08182018Headline:

Rhdp: Soro coincé par le parti unifié…

Palais des sports de Treichville, samedi 5 mai 2018. Le Rassemblement des républicains (Rdr) vient d’adopter, en congrès extraordinaire, les textes du parti unifié.

Dans la salle, aucun dignitaire du Rdr ne manque à l’appel. Même pas Guillaume Soro, président de l’Assemblée nationale, qui avait brillé par son absence au 3e congrès ordinaire orchestré huit (8) mois plus tôt, dans la même enceinte. Alassane Ouattara, président d’honneur du Rdr, est un dirigeant politique comblé : « Nous venons de concrétiser, au niveau du Rdr, un vœu qui m’est particulièrement cher, celui de transformer notre alliance avec le Pdci, l’Udpci, le Mfa, le Pit et l’Upci, en un parti unifié, c’est-à-dire en un grand rassemblement politique qui favorisera l’épanouissement de chaque Ivoirien, pendant plusieurs décennies ». Le discours d’Alassane Ouattara est globalement bien reçu. Assis entre Amadou Gon Coulibaly et Hamed Bakayoko, des rivaux internes, Guillaume Soro suit le mouvement général. L’ex-Premier ministre de Laurent Gbagbo est, en réalité, gêné aux entournures. Il voit bien que le chef de l’État est décidé à aller vite au parti unifié alors que les signes de réticence, de la part du principal allié, Henri Konan Bédié, se font de plus en plus évidents.

Fuite. Jeudi 29 mars 2018, soit un peu plus d’un mois avant le 4e congrès extraordinaire du Rdr, une déclaration de Guillaume Soro à un comité de direction de son parti a fuité sur les réseaux sociaux et dans la presse. Devant ses pairs, le député de Ferké émettait de sérieuses réserves sur le parti unifié : « L’actualité politique, ces dernières semaines, a bien montré le trouble qu’il y a sur la question du Rhdp, du parti unifié. Je pense qu’il faut que nous ayons un cadre formel pour examiner cette question de façon approfondie. Parce que telles que les choses se présentent, il y a le sentiment bien réel que le Rdr court, coûte que coûte, derrière le parti unifié et les autres temporisent. Or ce sont les autres qui, normalement, devraient courir derrière le Rdr pour un parti unifié ». En clair, selon Guillaume Soro : oui au parti unifié, mais pas dans l’empressement, surtout pas dans une ambiance où le Pdci, principal allié du Rdr, manifeste une hostilité criante. L’engouement mesuré de l’ex-leader estudiantin au congrès extraordinaire du 5 mai s’explique amplement.

Plaidoyer. Ce lundi 16 juillet 2018, l’assemblée générale constitutive du parti unifié s’est déroulée au Sofitel Hôtel Ivoire, à Abidjan-Cocody. Guillaume Soro, hors du pays, n’a pas pris part à cette grande réunion, point de départ du Rhdp unifié. Du Canada où il se trouve, M. Soro s’est adressé à Alassane Ouattara, 72 heures avant l’assemblée générale abidjanaise. Il lui a demandé de «ne pas rompre le dialogue » avec son allié, Henri Konan Bédié. «Il faut prendre le temps de discuter. Il ne faut laisser personne au bord de la route (…) Je demande au président Ouattara de ne pas rompre le dialogue avec le président Bédié», a lâché Guillaume Soro. « Le parti unifié doit se construire dans l’inclusion et par le dialogue avec le temps», devait-il insister.

Agacement. Guillaume Soro agace-t-il avec ses messages au ton moralisateur ? Au sein de l’appareil, les déclarations du député de Ferké, dignes de celles d’un franc-tireur, son positionnement et celui de ses fidèles lieutenants, suscitent colère et inconfort. Vice-président du Rdr, Guillaume Soro est supposé jouer la solidarité en allant à fond dans le parti unifié, mais son rapprochement d’avec Henri Konan Bédié et, probablement son agenda politique, lui commandent de la distance.

Selon nos informations, à son retour à Abidjan, le président de l’Assemblée nationale sera poussé à se déterminer sur son adhésion au parti unifié. « Il est militant du Rdr. C’est d’ailleurs à ce titre qu’il a été élu député, puis président de l’Assemblée nationale », glisse un cacique du parti. S’il ne se déterminait pas clairement en faveur du parti unifié, le poste de président de l’Assemblée nationale de Guillaume Soro pourrait être mis en jeu, apprend-on. Informé d’un tel projet, l’ex-Premier ministre aurait déploré un « chantage malsain ». « Il n’est pas prêt à se renier », susurre l’un de ses proches.

La rumeur d’un projet de destitution de Guillaume Soro du perchoir avait, un moment, circulé. Elle n’a jamais pris forme. Les enjeux de l’heure, avec la mise en place du parti unifié et un possible groupe parlementaire Rhdp, ont remis au goût du jour ce projet. A-t-il des chances d’aboutir ? Guillaume Soro bénéficie du soutien d’un fort contingent d’élus. Mais devant des adversaires coriaces, la bataille pourrait être rude.

 

linfodrome.com

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