06262022Headline:

Sénégal: des heurts à Dakar entre manifestants et forces de l’ordre.

Yewwi Askan Wi avait maintenu son appel à la mobilisation malgré l’interdiction décrétée par le préfet et des échauffourées dans plusieurs quartiers. La principale coalition de l’opposition conteste le rejet de sa liste nationale menée par Ousmane Sonko pour les législatives prévues le 31 juillet. Trois personnes sont décédées vendredi, selon plusieurs sources, un chiffre non confirmé par les autorités.

Des heurts et des rassemblements ont éclaté de manière éparse dans la capitale. D’abord à Cité Keur Gorgui près du domicile d’Ousmane Sonko, ou un important dispositif de sécurité a été déployé vendredi. Là-bas, des partisans de l’opposant ont été dispersés avec des gaz lacrymogènes après la prière, en tout début d’après-midi. L’opposant lui était bloqué à son domicile, encerclé par les forces de sécurité.

Des échauffourées se sont également produites aux abords de la place de la Nation, où le rassemblement de l’opposition était annoncé à partir de 15h. Pneus brûlés, poubelles incendiées, puis, là encore, des tirs de gaz lacrymogènes. Une épaisse fumée noire s’est déclarée autour de l’obélisque. Il y a eu ensuite des va-et-vient entre forces de l’ordre et groupes de manifestants, parfois munis de masques et de vinaigre pour se protéger les yeux.

Amadou Samba Guèye, 27 ans, s’est déplacé car il craint surtout une éventuelle troisième candidature du président Macky Sall en 2024 : « Nous on ne veut pas d’un troisième mandat, mais c’est leurs intentions. Pourquoi ils ne nous laissent pas manifester ? C’est notre droit ! C’est hyper injuste. »

Des femmes, elles, sont venues pour défendre le pouvoir d’achat : « On est fatiguées ! tout est cher ! », disent-elles en écho dans le micro. 

À quelques mètres du face à face, Mohammed, mécanicien, est impassible. Il ne comprend pas cette montée de tensions et veut simplement pouvoir travailler.Des tensions ont aussi eu lieu dans le périmètre de l’axe routier de la VDN, où se trouve le siège du parti de Déthié Fall, mandataire de Yewwi Askan Wi. Selon la coalition, Déthié Fall a été arrêté aux alentours de 16h. Il est en garde à vue à la section de recherches pour « appel et participation à une manifestation interdite », précise son avocat.

Concernant le bilan des échauffourées, à ce stade, la Croix-Rouge sénégalaise confirme avoir pris en charge un corps sans vie, calciné, d’un adolescent décédé dans l’incendie d’une gargote dans le quartier de Colobane. Le défunt a d’abord été emmené au commissariat de police des HLM avant d’être déplacé à la morgue de l’Hôpital principal de Dakar.

La coalition Yewwi Askan Wi avait également appelé à un rassemblement à Ziguinchor en Casamance, au sud du pays. Là encore, la manifestation avait été interdite par la préfecture. Le bilan dans cette région du Sénégal est de deux morts, selon l’opposition. L’activiste Guy Marius Sagna – de Frapp France Dégage – a assuré que l’un d’entre eux avait reçu une balle dans le cou lors de la manifestation. Dans sa déclaration de vendredi soir, Ousmane Sonko a promis que « ces crimes de plus ne resteront pas impunis »

Seydi Gassama, directeur exécutif d’Amnesty International Sénégal, a demandé sur Twitter à ce que « tous les corps des personnes décédées suite aux manifestations soient autopsiés avant d’être remis aux familles pour inhumation ». « Une étape importante de la recherche de la vérité sur les causes et les circonstances de leur décès », ajoute-t-il.

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