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Simone Gbagbo réclamée par la CPI, un dialogue de sourds s’installe.

La CPI réclame encore et toujours le transfert de Simone Gbagbo qu’elle accuse d’avoir commis des crimes graves lors de la crise poste électorale en Côte d’Ivoire. Malgré le refus d’Abidjan de se plier à cette demande, cette cour de justice poursuit ses pressions pour obtenir son transfert, ce qui pourrait en fin de compte pousser Abidjan à se retirer de la liste de ses pays membres… analyse.

Le Président Alassane Ouattara l’a dit et réaffirmé, plus jamais il n’enverra un de ses compatriotes devant la Cour Pénale Internationale, un adversaire politique soit-il. Après le transfert de Laurent Gbagbo que beaucoup regrettent en Afrique et en Côte d’Ivoire, le Président ivoirien, qui dit avoir mis la justice de son pays en capacité de fonctionner correctement, n’envisage plus expatrier de justiciables. Aucune réponse favorable ne sera donc donnée aux injonctions de la CPI à laquelle la Côte d’Ivoire a librement adhéré.

Malgré cette décision du chef de l’État ivoirien, le Procureur Fatou Bensouda et son équipe ne cessent d’étreindre le cœur des autorités de Côte d’Ivoire sur le cas Simone Gbagbo, ce qui pourrait à terme les pousser à claquer la porte de cette institution.

Il faut dire que la Côte d’Ivoire du Président Alassane Ouattara ne peut transmettre Simone Gbagbo à la CPI. Le pourquoi réside dans le fait que le camp Gbagbo a jusqu’ici été le seul inquiété depuis la fin de la crise postélectorale, que ce soit en Côte d’Ivoire ou à La Haye. Livrer Simone Gbagbo sans l’accompagner de chefs de guerre de l’ancienne rébellion, également réclamés par cette cour, serait complètement incohérent. Il faut noter que ces anciens chefs rebelles nommés à des postes de responsabilités au sein de l’armée ivoirienne ont aidé le Président Ouattara à prendre les commandes du pays. La décision de les extrader vers La Haye prêterait à conséquence pour la sécurité de son régime.

L’ordonnance d’ Amnistie incompatible avec le transfert de Simone Gbagbo à la CPI
Avec l’ordonnance d’Amnistie du 6 aout pour gracier tous les auteurs d’actes répréhensibles en lien avec la crise de 2011, le président ivoirien espère avoir donné un coup de boost au processus de réconciliation. Il ne peut se contredire avec un transfert de Simone Gbagbo ou les ex-chefs de guerre de la rébellion de 2002 devant une justice internationale pour les mêmes faits.

Cependant, le Président Alassane Ouattara s’est mis un boulet au pied en affirmant qu’il n’incluait pas la soixantaine de soldats pro-Gbagbo dans sa grâce. Selon lui, les auteurs de crimes doivent assumer, ce qui par la même occasion l’oblige à éviter le deux poids deux mesures en rendant jugeables les anciens chefs de guerre qui lui sont proches. Il devra revenir sur cette décision concernant les militaires emprisonnés pour se défaite de l’étau de la CPI.

Simone Gbagbo à la CPI, ce qui se dit dans les couloirs de la diplomatie ivoirienne
« Si la CPI n’arrêt pas avec ses pressions sur nous pour lui transférer des ivoiriens alors qu’elle est incapable de rassembler des preuves sérieuses pour condamner le Président Laurent Gbagbo et M. Blé Goudé, on va finir par la quitter comme le réclament plusieurs pays africains », confie un diplomate ivoirien en poste à Paris. « Nous sommes engagés, comme le souhaitent les Ivoiriens et la communauté internationale, dans une démarche d’apaisement. On ne peut plus se fourvoyer en répondant à ce type de demandes. Il faut laisser les Ivoiriens construire leur histoire avec leurs propres aspirations parce que c’est à ce prix là que la paix souhaitée par tout le monde sera réelle et durable.»

Me Dadjé Rodrigue va demander l’abandon des poursuites de Simone Gbagbo à la CPI
La défense de Mme Gbagbo va pour sa part répondre aux récentes réclamations de la CPI par une demande d’abandon des poursuites contre sa cliente. “En septembre, l‘équipe de défense de Mme Simone Gbagbo engagera à la CPI une procédure pour annuler les poursuites contre elle”, a déclaré à l’AFP, Me Dadjé Rodrigue.

Le mandat d’arrêt contre Mme Gbagbo “est toujours en vigueur” a souligné la Cour Pénale Internationale, dans son communiqué consécutif à sa libération, rappelant “à la Côte d’Ivoire son obligation de remettre sans délai Mme Gbagbo à la Cour”. “Mme Gbagbo doit être arrêtée sur la base de ce mandat et transférée à la CPI pour y être poursuivie. Toute amnistie qui pourrait avoir été accordée n’a aucun impact sur les procédures devant la CPI”, mentionne ce communiqué de la Cour.

Alassane Ouattara avait confié en 2016 qu’il “n’enverrait plus d’Ivoiriens” à la CPI, car il estime que son pays la Côte d’Ivoire a désormais une “justice opérationnelle” capable de juger tous les crimes commis sur son territoire.

afrique-sur7.fr

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