11182018Headline:

Situation politique: Tractations au sommet de l’État, c’est la négociation de la dernière chance des chefs traditionnels et rois de Côte d’Ivoire.

L’information est d’une source diplomatique occidentale à Abidjan.

C’est la négociation de la dernière chance. Des chefs traditionnels et rois de Côte d’Ivoire vont donner, les prochains jours, le coup d’envoi de nouvelles négociations secrètes entre Alassane Ouattara, le chef de l’État, président du Rassemblement des houphouetistes pour la démocratie et la paix (Rhdp unifié), et Henri Konan Bédié, ancien chef de l’État, président du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (Pdci-Rda). Ce sera une équipe restreinte, comptant entre et 7 membres, qui sera constituée pour mener les tractations entre les deux alliés d’hier. Les bases de cette nouvelle négociation ont été jetées, selon notre source, récemment, à Bouna, en marge de l’intronisation de Sa Majesté Ouattara Djibonkoro Issouf dit « Dandjêkerêdougou », qui signifie en langue Koulango, « le fer qui est lourd à porter », 31e roi du Bounkani, le dimanche 28 octobre 2018, en présence d’éminentes personnalités dont le Vice-président de la République de Côte d’Ivoire, Daniel Kablan Duncan.

Si ce n’est pas le Vice-président qui a inspiré la démarche aux sages, en tout cas, il a donné son quitus à l’initiative des garants des traditions et civilisations ivoiriennes. Mmes Dominique Ouattara et Henriette Konan Bédié devraient être mises à contribution dans ces démarches qui auront un caractère officieux, voire occulte… Pour à terme, rapprocher les deux hommes. Ces négociations, qualifiées « de dernière chance », qui vont également impliquer « le Vatican », toujours selon cette source diplomatique, sont du goût du chef de l’État qui aurait donné sa caution à ces pourparlers avec son « aîné », en vue d’une possible alliance de la grande famille houphouétiste, dont dépendent, selon ”les agents d’Houphouët Boigny”, grandement la paix, la cohésion et la stabilité politique du pays. Alassane Ouattara sait que lui et Henri Konan Bédié n’ont plus droit à l’erreur en Côte d’Ivoire… Le 8 août 2018, face à la persistance des divergences de vues entre les deux alliés, le Pdci-Rda dénonçait l’accord politique pour la création du Rhdp parti unifié, et claquait la porte de cette alliance.

La vraie pomme de discorde

Le Pdci « prend acte de la création de ce parti unifié dénommé Rhdp par certains de ses alliés de la coalition Rhdp, mise en place le 18 mai 2005, à Paris;- prend acte également que les partis politiques fondateurs de ce parti unifié dénommé Rhdp issu de l’Assemblée générale constitutive du 16 juillet 2018, ont pris la décision de mettre fin à leur appartenance au groupement politique Rhdp;- dénonce l’Accord politique pour la création d’un parti unifié dénommé Rhdp signé le 12 avril 2018;- se retire du processus de mise en place d’un parti unifié dénommé Rhdp;- se réserve le droit de promouvoir une plate-forme de collaboration avec les Ivoiriens qui partagent sa vision d’une Côte d’Ivoire réconciliée et soucieuse des droits, des libertés et du bien-être de ses populations ». Le dépit du Pdci est papable à travers ce communiqué. La décision du Pdci est intervenue après l’audience que le président du Pdci-Rda a accordée, le 6 juillet 2018, à Daoukro, à Henriette Dagri Diabaté et Kandia Camara Kamissoko, respectivement présidente du Rdr et secrétaire générale de ce parti. Bédié les avait chargées de transmettre au président d’honneur du Rdr, Alassane Ouattara, sa vision de la marche du groupement politique du Rhdp. Mais, alors qu’il attendait un retour de la part du chef de l’État, la réponse lui a été donnée le 16 juillet 2018, à travers une Assemblée générale constitutive du Rhdp unifié, tenue au Sofitel Hôtel ivoire d’Abidjan, sans qu’elle n’ait été convoquée par le président de la Conférence des présidents des partis membres du Rhdp, le président du Pdci-Rda, Henri Konan Bédié. Crime de lèse majesté ?

Dans l’entourage de Bédié, on estime que l’allié a fait boire, jusqu’à lie, le calice de la « foutaise ». La messe de la rupture est donc dite. Le lundi 24 septembre 2018, à sa huitième session, le bureau politique du Pdci-Rda, qui a prorogé le mandat du président Henri Konan Bédié ainsi que celui des structures spécialisées, a une fois de plus dénoncé l’accord politique du 12 avril 2018 portant création du Rhdp, et endossé le retrait du Pdci de cette structure. Le Pdci restera droit dans ses bottes le 15 octobre 2018, au cours de son congrès extraordinaire, à Daoukro.

Le choix des hommes pour succéder à Alassane Ouattara en 2020, reste, selon notre source, la vraie pomme de discorde. Fondamentalement, Alassane Ouattara ne serait pas opposé à renvoyer l’ascenseur au Pdci en 2020. Mais le hic, ce sont les choix des ”chevaux” qui divisent les deux hommes. Surfant sur des thèses propres à lui, le « Sphinx de Daoukro » aurait opposé une fin de non recevoir aux choix de Ouattara. Celui-ci proposerait, pour lui succéder, Daniel Kablan Duncan et Amadou Gon Coulibaly, ou alors Jeannot Ahoussou-Kouadio et Amadou Gon Coulibaly. Bédié, lui, aurait marqué sa préférence à Niamien N’Goran, ancien ministre de l’Économie et des finances, ancien Inspecteur général d’État. Refus catégorique du chef de l’État, qui met en avant « la nécessité de garantir durablement les acquis de sa gouvernance ». Cela, pour Ouattara, « ne sera possible qu’à travers un homme comme Duncan ». Le président du Rhdp, Alassane Ouattara, ne serait donc pas opposé à passer la main au Pdci en 2020. Mais, il est plutôt fermement contre Niamien N’Goran, qu’il avait d’ailleurs fait virer de la tête de l’Inspection générale d’État. C’est à ce niveau que les choses se sont aujourd’hui tassées entre les deux hommes. Pour ainsi dire, c’est Duncan, Gon et Niamien N’Goran qui divisent Ouattara et Bédié, selon notre source.

Bédié et Ouattara dos au mur

Henri Konan Bédié, un peu affaibli aujourd’hui, et dont l’autorité à la tête du Pdci-Rda est ouvertement contestée depuis la désobéissance ou la résistance du ministre Kobenan Kouassi Adjoumani, fondateur de « Sur les traces d’Houphouët-Boigny », ainsi que la vague de ralliements au Rhdp, observée au sein du Pdci-Rda, depuis les élections locales du 13 octobre 2018, est, on peut le dire, dos au mur. Le rapport de forces étant encore loin d’être en sa faveur, en attendant la mise en place d’une hypothétique plateforme, dans laquelle, l’intégration du Fpi tendance Sangaré Abou Drahamane n’est pas trop sûre, Bédié doit peser le pour et le contre avant de décider… Il en va de même pour Alassane Ouattara, qui, après une victoire électorale remportée, mais avec une majorité surfaite, avec un attelage sans réelle assise électorale, doit aussi mûrement réfléchir. On le voit, tous les deux ont intérêt à s’entendre. Car, leur faux pas pourrait profiter au Fpi camp Sangaré, qui espère une libération de Laurent Gbagbo d’ici 2020. Mais au Pdci, des voix s’élèvent déjà pour faire capoter les démarches qu’envisagent les rois et chefs traditionnels. Car, au Pdci, on ne veut plus servir d’appoint au Rdr, à travers le Rhdp. La sortie musclée de Jean-Louis Billon, cette semaine, est loin d’être fortuite. Le secrétaire exécutif chargé de l’information, de la communication et de la propagande du Pdci a indiqué que le divorce entre le Pdci et son allié d’hier, le Rdr, est bel et bien consommé. « Nous, le Rhdp, nous n’en parlons plus. La page est tournée. Le Pdci ne retournera plus à la table de négociation (…) C’est difficile pour certains de comprendre que le Pdci est parti », a déclaré Jean-Louis Billon. Concernant les perceptives, il a annoncé l’envoi de missions dans les localités du pays pour expliquer la décision de retrait du parti de la coalition politique Rhdp et la mise en place d’une nouvelle plateforme avec tous les partis politiques qui partagent l’idéal de paix, de dialogue et de réconciliation vraie pour une Côte d’Ivoire rassemblée. L’ex-ministre du Commerce, Jean-Louis Billon, a fait observer que la plateforme annoncée entre le Pdci, et l’opposition est en train d’être formalisée à travers un « cahier des charges », tout en mentionnant que « ce n’est pas un parti unifié ».

 

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