07152018Headline:

Situation post-crise: Un présumé escroc des victimes de guerre arrêté

Des victimes de guerre se sont faits arnaqués par un faussaire en cabale (Ph d’archives)
La Brigade de recherches de la gendarmerie nationale de Côte d’Ivoire au Plateau vient de mettre sous l’éteignoir Sera Bailly, présenté comme étant le principal acolyte de Kessiedou Anon Simplice, dans l’affaire d’escroqueries massives en bandes organisées, perpétrées à travers le pays, au dépend des victimes de la crise post-électorale de 2010-2011. Un peu plus 600 millions de F Cfa auraient été pompés depuis 2012… Sera Bailly a été arrêté et déféré, le lundi 16 avril 2018, dans le cadre de l’enquête judiciaire, liée à cette vaste escroquerie. Il a été déféré devant le Parquet d’Abidjan, qui l’a placé sous mandat de dépôt, avant de le transférer à la Maison d’arrêt et de correction d’Abidjan (Maca).

Sera Bailly est accusé de « faux, usage de faux, escroquerie portant sur des numéraires» au préjudice des victimes de la crise post-électorale en Côte d’Ivoire. Selon des sources sécuritaires, au cours de l’interrogatoire, il a nommément mis en cause Kessiedou Anon Simplice, président d’une Ong fictive, baptisée Association des victimes et déplacés de guerre (Avidga). L’homme est domicilié à Anyama. Celui-ci, convoqué à la Brigade de recherches la semaine dernière, pour confrontation avec ses présumées victimes, venues massivement des régions de l’Ouest, a réussi à tromper la vigilance des gendarmes, pour s’évanouir dans la nature. Un mandat d’arrêt a été alors lancé à son encontre, depuis le 11 avril 2018, par la Brigade de recherches, sur instruction du procureur de la République. Il est accusé de « faux et usage de faux, escroquerie en bande organisée portant sur des numéraires, au préjudice des victimes de la crise post-électorale ».

Sur plainte de centaines de milliers de victimes de la crise post-électorale, des régions du Cavally, Guémon, Gboklè, San-Pedro, la gendarmerie nationale a ouvert une enquête sur les allégations d’escroquerie mises à la charge de Kessiedou Anon Simplice. Sous le couvert d’un manteau de « cadre humanitaire » de l’Ong Avidga, il aurait, selon les victimes, « encaissé entre 50 000 et 300 0000 F Cfa », depuis 2012, dans l’optique de leur construire des maisons ou de les faire indemniser, avec célérité. Des milliers de victimes, dont des chefs de villages et de communautés, ont ainsi mordu à l’hameçon. Las d’attendre les maisons promises et ayant découvert qu’en fait, le projet porté par l’Ong Avidga était un miroir aux alouettes, ils ont porté plainte à la Brigade de recherches, soutenus par le Collectif des victimes en Côte d’Ivoire (Cvci), que préside Issiaka Diaby.

En 2017, l’Ong Cvci attirait l’attention des autorités ivoiriennes sur « les agissements mafieux » de l’Ong Avidga. Dans une correspondance aux fins de « dénonciations » au procureur de la République, en date du 2 mai 2017, le Cvci sonnait l’alerte. « Si nos recommandations et collaborations ont permis au cabinet du président de la République et au Pncs, puis au ministère (de la solidarité, Ndlr) de lancer et d’exécuter l’opération d’indemnisation des victimes, des personnes et ou supposés animateurs d’associations de victimes, mettent à profit des difficultés pour soustraire des sommes d’argent aux victimes et populations, à travers le pays, sous promesse d’indemnisation. Ces personnes ont également exploité ces mêmes difficultés pour soutirer des sommes aux victimes et ou supposées, en leur établissant de faux extraits d’actes de décès, qu’ils ont introduits au ministère dans le but d’obtenir des indemnisations », précise le courrier.

C’est à la suite de cette dénonciation, que le procureur de la République a instruit la Brigade de recherches de la gendarmerie, d’ouvrir une enquête, en vue de neutraliser ces personnes. Ce qui a abouti, la semaine dernière, à la convocation du principal suspect, Kessiedou Anon Simplice, président de l’Ong Avidga. Mais, après son interrogatoire, vu que l’étau semblait se resserrer autour de lui, il a prétexté aller satisfaire un besoin naturel pressant, avant de prendre ses jambes à son cou. Le préjudice s’élèverait à plus de 600 millions de F Cfa.

Armand B. DEPEYLA

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