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Sortie du FCFA : la France demande aux Etats africains de se décider

La sortie du FCFA est revenue sur le tapis depuis l’élection du président Bassirou Diomaye Faye qui en a fait un thème de campagne. Interrogé sur la question, Stéphane Séjourné, ministre français des Affaires étrangères, pense que la France a déjà joué sa partition dans le processus de la sortie du FCFA et qu’il revient aux Etats africains de prendre leur responsabilité.
Plusieurs années déjà que le débat de la sortie du FCFA des pays africains de la zone franc CFA se fait sans action concrète. À un moment donné, la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) a pris le devant des choses avec la proposition d’une nouvelle monnaie dénommée « Eco ». Depuis cette phase, c’est silence radio. Pendant ce temps, la France, qui est accusée de tirer les ficelles dans l’ombre pour faire échec au projet, s’en lave les mains.

Nous avons fait notre part du chemin en sortant de la gouvernance du CFA. Maintenant, aux États africains de décider.

Stéphane Séjourné
Selon le patron de la diplomatie française, il revient aux Etats africains, notamment de la partie ouest de prendre leur responsabilité pour la réalisation effective du projet. « Si les pays africains se mettent d’accord pour changer le nom, organiser différemment leur organisation monétaire, c’est de la souveraineté des États. Nous voulons bien accompagner ce mouvement. S’il s’agit uniquement du symbole du nom, il peut être changé. S’il s’agit d’une organisation différente de l’organisation monétaire, elle peut également être changée », a-t-il confié dans une interview accordée à France 24 et RFI.

Un projet prioritaire pour Bassirou Diomaye Faye
La sortie du FCFA est un projet cher pour le nouveau président Sénégalais. Pour lui, il s’agit d’une question de souveraineté qu’il doit être résolue. Il compte actionner à nouveau le processus de création de la monnaie Eco au niveau de la CEDEAO pour faciliter la transition après la sortie du FCFA.

Bassirou Diomaye Faye a d’autres cartes dans son sac. Si le projet Eco ne prend pas, il envisage de procéder autrement en ce qui concerne son pays, le Sénégal.

L’Eco, une réalité d’ici 2027 ?
La monnaie unique Eco devrait être lancée avant 2027 selon l’agenda établi. Lors du 59e sommet ordinaire de la CEDEAO tenu au Ghana, Jean-Claude Kassi Brou, président de la Commission de la CEDEAO, avait déclaré : « Nous avons une nouvelle feuille de route et un nouveau pacte de convergence qui couvrira la période 2022-2026, et 2027 étant le lancement de l’Eco ».

Selon certains économistes, cet espoir suscité va devoir affronter des obstacles. Le Sénégalais Malick Sané s’inquiète du cas des pays hors UEMOA. Dans un entretien à accordé à BBC, il a évoqué l’exemple du Nigeria, qui comme d’autres pays, devraient converger leurs économies pour la concrétisation de l’Eco dans l’espace CEDEAO.

Faire converger une économie comme celle du Nigéria, qui est le pays leader, largement leader par rapport aux autres pays, pose un problème et surtout des problèmes techniques. Vous voyez déjà, du point de vue de la démographie, le Nigéria c’est 270 millions d’habitants alors que les autres pays tournent autour de 20 millions d’habitants.

Malick Sané, économiste sénégalais ; BBC (juin 2021)
Il évoque le leadership du Nigeria dans la production et l’exportation de l’or noir dans la zone ouest-africaine, le taux d’inflation qui s’établit jusqu’à deux chiffres et le manque de courage du Nigeria face aux « coûts économiques et sociaux » pour entrainer les autres pays vers le haut. Malick Sané a invité le Nigeria à prendre plus d’engagements afin que l’Eco soit une réalité d’ici 2027 pour une sortie du FCFA.

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