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Tensions croissantes à la frontière Côte d’Ivoire-Burkina Faso !

La récente incursion de véhicules militaires ivoiriens à la frontière entre la Côte d’Ivoire et le Burkina Faso a provoqué un nouvel épisode de tensions dans une région déjà fragile. Alors que les relations diplomatiques entre les deux pays sont de plus en plus tendues, cet incident met en lumière la profondeur de la suspicion entre les deux États sur la question de la sécurité frontalière.
Un contexte de sécurité dégradée
La frontière entre la Côte d’Ivoire et le Burkina Faso est devenue une zone hautement sensible en raison de la présence accrue de groupes djihadistes au Burkina Faso. Ces groupes, accusés d’utiliser la Côte d’Ivoire comme base arrière, exacerbent les tensions régionales. Les autorités burkinabées, confrontées à une menace djihadiste croissante, ont recruté des Volontaires pour la défense de la patrie (VDP) pour renforcer leur armée. Dans ce climat d’insécurité, tout mouvement militaire est perçu comme une potentielle menace, et la vidéo de la colonne ivoirienne de soldats a rapidement été interprétée comme une provocation.

Une frontière Côte d’Ivoire-Burkina Faso floue et disputée
L’incident du 16 mai 2024 souligne un problème récurrent : la frontière entre la Côte d’Ivoire et le Burkina Faso n’est pas clairement délimitée. La vidéo montre des véhicules militaires ivoiriens traversant une zone non goudronnée près d’un drapeau burkinabé, mais la localisation exacte reste disputée. Selon une note militaire, la scène pourrait se situer à la limite de la frontière ivoirienne. Cette ambiguïté territoriale contribue à alimenter les suspicions et les accusations mutuelles.

Défis politiques et diplomatiques entre ivoiriens et burkinabès
Depuis l’arrivée au pouvoir du capitaine Ibrahim Traoré par coup d’État, les relations entre la Côte d’Ivoire et le Burkina Faso se sont fortement détériorées. La junte burkinabée soupçonne en effet la Côte d’Ivoire de tenter de déstabiliser son régime, accentuant les tensions à chaque incident militaire. Les arrestations de gendarmes ivoiriens en territoire burkinabé et les incursions de militaires burkinabés en Côte d’Ivoire sont devenues monnaie courante et chaque événement de ce type alimente les tensions diplomatiques entre les deux pays voisins.

Une provocation ou une erreur de communication ?
L’armée ivoirienne n’a pas fourni d’explications sur les raisons du déplacement de ses troupes à cet endroit, ce qui fait le lit d’interprétations diverses. Une source militaire ivoirienne a toutefois fait savoir que les véhicules ivoiriens n’avaient jamais traversé la frontière. Cependant, la présence de véhicules de défense turcs, les Cobra II, de l’armée ivoirienne, inquiète les VDP burkinabés présents à cette frontière. Ces engins sont conçus pour des interventions rapides, notamment contre les terroristes que les autorités burkinabés croient bienvenus chez les voisins.

Dans une précédente vidéo, des soldats burkinabés montraient des personnes en tenues civiles présentées comme des terroristes qui viendraient se cacher en Côte d’Ivoire d’où ils les nargueraient.
Vers une escalade inévitable ?
Cet incident reflète les tensions toujours vives dans cette région où les frontières sont floues et les relations diplomatiques tendues. Le risque d’escalade est réel, surtout si chaque mouvement de troupes est perçu comme une provocation. Il faut noter que dans le cadre de l’AES (Alliance des États du Sahel), le Mali et le Niger considérèrent une agression d’un des membres, en l’occurrence le Burkina Faso, comme une déclaration de guerre contre les trois États.

Sans le dire, la CEDEAO duquel se sont retirés ces trois pays pourrait se positionner de la même façon dans le cadre d’une guerre contre un des pays.

 

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