08212017Headline:

Tiburce Koffi à propos de Soro: “Voici les mains sales de l’histoire de la Côte d’Ivoire”

Suite au torrent de critiques acerbes qui pleuvent sur le président de l’Assemblée nationale, Guillaume Soro, selon lesquelles il aurait les mains sales qui initier le défi de la réconciliation nationale, le journaliste et écrivain Tiburce Koffi cite, dans un éditorial en date de ce lundi 31 juillet 2017, ces acteurs politiques ivoiriens aux mains sales.

CES MAINS SALES QUI NE SE L’AVOUENT PAS

On sait les acteurs principaux de ce coup d’État : le Rdr, le Fpi, le PPs (Parti pour le Progrès et le Peuple), la Fesci, une branche antirépublicaine des FANCI. On sait aussi quelques noms d’héros principaux de cette ère nouvelle et tourmentée qu’inaugurait imprudemment la Côte d’Ivoire : Alassane Ouattara, Laurent Gbagbo, Bamba Morifé, les Généraux Palenfo, Coulibaly, Mathias Doué, Robert Guéi, les officiers Mouassi Grena, Zoin Honoré, Henri César Damalan, etc. ; les civils conspirateurs (ou ayant cautionné le pronunciamiento du 24 décembre) : Tapé Kipré, Lévy Niamké, Constance Yaï, Blé Goudé, Guillaume Soro, Martial Ahipeau, entre autres. Elle est vaste, la liste de ces hommes redoutables qui ont mis le feu à la poudrière ‘‘ivoire’’.

Un coup d’Etat aussi… démocratique (réflexion vraiment farfelue et incommodante de Laurent Gabgbo !) soit-il, en appelle d’autres, tous aussi… démocratiques ! Ainsi vint, démocratiquement, la rébellion pour, à son tour, protester démocratiquement par… les armes, contre les actes de violence, d’exclusion et d’humiliation décriés par ceux qui en subissaient les conséquences : les enfants du nord de notre pays. Ce nord écorché (Bottey Zadi Zaourou) qui n’avait eu de cesse de dire ses blessures, les offenses qu’il subissait, les actes d’humiliation qui semaient progressivement dans le cerveau de ses enfants malmenés et désespérés, des rêves de révolte à grande échelle, afin de se donner des raisons et chances de prendre un jour le pouvoir et de signer, conséquemment, leur revanche sur cette société ivoirienne sourde à leurs angoisses existentielles et, pis, identitaires !

Le « rattrapage ethnique » (expression malheureuse et imprudente sortie de la bouche du Président Ouattara) est la traduction en acte de cette soif de revanche, et non une décision d’Alassane Ouattara. Oui, je le dis : le ‘‘rattrapage’’ était inscrit dans l’esprit de la « Charte du nord », tout comme le putsch était inscrit dans le boycott actif conduit par Laurent Gbagbo qui poussa ses militants hystériques et sans capacité d’autonomie réflexive, à empêcher, de manière anti démocratique, des citoyens de jouir librement et démocratiquement de leur droit de vote ! La rébellion était au programme dans l’esprit insurrectionnel du boycott actif qui, lui, préfigurait la guerre de 2002, et celle, plus chaotique, de 2010-2011 pour la conquête du pouvoir.

De même que l’argent appelle l’argent (Pamélo Monka), le désordre appelle le désordre, et les petites guerres amènent les grandes guerres. Boycott actif conduit par le Fpi (1995), coup d’Etat mené par le Fpi, le Rdr et autres comparses déjà cités (en 1999), accession sanglante de Laurent Gbagbo au pouvoir en octobre 2000 (Ah ! Ce charnier de Yopougon !), rébellion (en 2002), guerre civile et militaire (en 2010-2011) : voilà, crescendo, et dans son déroulé classique, la succession de faits qui sont autant d’étapes de l’histoire rouge qui a conduit la Côte d’Ivoire à ces violences extrêmes et hautement meurtrières. Car chacune d’elles a été parsemée de cadavres. Je ne vois, jusque-là, pas l’entière responsabilité de Guillaume Soro dans cette sale histoire dont les protagonistes ont TOUS les mains sales !

Vous avez dit « mains sales » ? Relisons la pièce de Sartre, sous le même titre. IL y est dit : « La pureté est une idée de fakir, de moine ! ». Oui, vous avez dit « mains sales » ? D’accord ! Parfait ! Mais alors, parlons-nous franchement : il faudrait une vaste lessive nationale et toute une industrie de savonnerie pour laver celles de nos concitoyens de tous les bords politiques, gravement impliqués dans les atrocités qui ont rythmé la crise ivoirienne.

avec Imatin

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