12102016Headline:

Toulépleu/ L’Armée libérienne menace,Des populations chassées

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Toulépleu/ Conflit frontalier: L’Armée libérienne menace,Des populations chassées

L’information émane des soldats de l’Onuci basés à Toulépleu, 610 Km à l’ouest d’Abidjan. Elle a été confirmée par des autorités sécuritaires de ce département frontalier du Liberia, que nous avons jointes le vendredi 10 avril 2015 en milieu de matinée.

L’on est passé, selon elles, « à deux doigts d’un affrontement » entre l’armée libérienne et des planteurs d’origine burkinabé. Au centre, un conflit foncier lié à une occupation illégale d’une forêt libérienne. « Le chef du village et ses notables ont vite pris la mesure du danger. Ils ont donc pris les devants en allant détruire les champs des burkinabé et chassé ceux-ci loin du village » nous apprend un gendarme de la brigade de Toulépleu. « Le sous-préfet de Bakoubly était hier (ndlr jeudi 9 avril 2015) à Séhibly pour parler avec les populations, prendre le pouls de l’atmosphère et inviter les populations au calme » souligne, pour sa part, le commandant de Brigade (C.B.) de Toulépleu, avec qui nous avons échangé au téléphone. « Les militaires libériens menaçaient de venir chasser eux-mêmes les planteurs clandestins qui se sont infiltrés dans la forêt libérienne. Face à cette menace, le chef du village et la notabilité ont pris la décision de mettre fin aux travaux en cours dans la forêt et d’expulser les occupants illégaux » a-t-il ajouté. « Je me suis rendu moi-même sur les lieux à Séhibly. Tout est rentré dans l’ordre » a poursuivi notre interlocuteur.

Les faits se sont produits, dans le village de Séhibly, dans la sous-préfecture de Bakoubly, selon nos sources, le week-end pascal. Tout est parti d’une transaction frauduleuse menée par un groupe de jeunes du village de Séhibly sur une langue de forêt située à plus de 100 m derrière la frontière libérienne, dans le dos des autorités traditionnelles de Séhibly. C’est-à-dire, en plein territoire libérien. Cette forêt s’étend entre les villages de Bakoubly, Pékan-houebly et la ville de Douhodji-Town, dans le conté de Grand-Gedeh au Liberia. Les acquéreurs, d’origine burkinabé, une vingtaine de personnes avaient donc entrepris des travaux de plantation de cacao quand les autorités libériennes ont eu vent de leur présence sur leur territoire. Il s’en est suivi une ferme mise en demeure aux occupants. La notabilité du village de Séhibly ayant flairé le danger, a décidé de déguerpir les occupants. En dépit d’un arrêté préfectoral pris par le préfet Karim Diarra qui interdit, depuis 2009, des ventes de forêts sur toute l’étendue du territoire départemental de Toulépleu, les transactions se poursuivent, clandestinement, entraînant, parfois, des conflits sanglants.

Armand B. DEPEYLA

Soir Info

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