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Un cadre PDCI crache ses vérités à Bédié: «Vous contribuez ainsi au pourrissement de la vie politique ivoirienne»

Emmanuel Amani N’Guessan, un cadre PDCI crache ses vérités à Bédié: «Vous contribuez ainsi au pourrissement de la vie politique»

Le 27 Juin 2017, à Paris, vous devez parrainer la cérémonie du prix Félix Houphouët-Boigny pour la recherche de la paix en tant que héritier du père fondateur et président du PDCI-RDA, le parti qu’il a fondé pour servir le vaillant peuple ivoirien.

À la veille d’une si importante cérémonie, je voudrais me permettre d’attirer votre attention sur un certain nombre de choses qui ternissent l’image du pays cher à Félix Houphouët-Boigny.

En effet, monsieur le président, à l’issue du second tour des élections présidentielles en novembre 2010, la CEI s’était retrouvée au Golf, le QG de votre candidat Alassane Ouattara pour proclamer provisoirement sa victoire.

Et comme il fallait s’y attendre, le Conseil constitutionnel à travers son président avait invalidé une partie des résultats consécutivement à une gymnastique politico-juridique dont lui seul avait le secret pour déclarer le président Laurent Gbagbo définitivement vainqueur de la présidentielle.

Deux différents résultats qui vont nous conduire à une guerre fratricide qui a opposé les ex-FDS proches du président Laurent Gbagbo et les ex-rebelles devenus FRCI, proches du président Ouattara, appuyés par l’Onuci et la Licorne. Cette guerre aurait fait au bas mot 3 000 morts.

Le 11 Avril 2011, le président Laurent Gbagbo a été arrêté et incarcéré à Korhogo jusqu’en Novembre 2011 puis conduit à la Haye. Il y sera rejoint plus tard par le ministre Blé Goudé Charles tous les deux transférés par le régime sans que vous n’interveniez.

Ne dit-on pas que le linge sale se lave en famille ? Qu’avez-vous fait pour ne pas que messieurs Laurent Gbagbo et Blé Goudé Charles soient transférés à la Haye ?

Monsieur le président, ce qui m’intrigue c’est qu’après tout ça, vous ne vous êtes pas mis au-dessus de la mêlée pour rassembler tous les ivoiriens autour du pays. Le PDCI-RDA devait être le trait d’union de tous les ivoiriens. Vous avez failli à cette mission de rassemblement.

Tout récemment lors d’une interview que vous avez accordé à Jeune Afrique, vous avez dit et je cite  «les trois mille morts de la crise post-électorale sont de la responsabilité du président Laurent Gbagbo ».

Dans cette crise, objectivement, il y a eu des morts aussi bien dans le camp du président Gbagbo que dans celui du président Ouattara. On ne peut donc pas dire que le président Laurent Gbagbo est à lui seul responsable des tueries à la fois de ses propres partisans et des partisans du président Ouattara.

Je suis désolé, monsieur le président, de vous dire que vous contribuez ainsi au pourrissement de la vie politique. Ouvrez les yeux pour voir les Ivoiriens se haïssent, chacun rumine la vengeance et attend son « tour » pour régler ses comptes. Dans une telle atmosphère, la seule perdante c’est bien la Côte d’Ivoire.

Monsieur le président, je vous invite à travailler pour la réconciliation vraie et le retour de la paix dans votre propre pays avant d’aller récompenser les autres pour leurs efforts dans la recherche de la paix.

Je vous invite à travailler à l’instauration de la paix dans votre pays. Ne dit-on pas que la paix à l’intérieur influence la paix à l’extérieur ? C’est en réussissant dans votre pays que vous pourrez, sans complexe, conseiller et récompenser les autres.

Comment pouvez-vous parrainer le prix de la recherche de la paix, sans être ému par le fait que bon nombre de nos concitoyens sont obligés de vivre en exil forcé sachant que vous-même avez connu la douleur de l’exil ?

Comment pouvez-vous accepter qu’à l’issue de la crise post-électorale, des Ivoiriens et des Ivoiriennes soient maintenus dans les prisons pour leur appartenance au camp Gbagbo, sans le moindre jugement depuis plus de six ans ?

Monsieur le président, votre responsabilité est grande et engagée. La Côte d’Ivoire, sous la houlette du PDCI-RDA, doit devenir un pays pacifique, un pays où il fait bon vivre, un pays démocratique. Je ne pense pas que vous êtes sur le bon chemin.

Il vous faut donc vous départir de certaines considérations partisanes pour ne voir que la Côte d’Ivoire. Si vous avez pu vous réconcilier puis vous allier au président Ouattara alors je ne vois pas avec qui cela sera impossible.

Dans l’optique que vous vous approprierez le contenu de cette lettre ouverte, veuillez agréer, monsieur le président du PDCI-RDA, l’expression de ma profonde considération.

Emmanuel Amani N’Guessan

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