08182017Headline:

Un parent d’un ex-chef rebelle (feu ”Kass”), sort un dossier sur Guillaume Soro

Il se nomme Seydou Bamba et se présente comme le cousin de Kassoum Bamba alias ”Kass”, ex-chef de guerre tué pendant la crise entre les ex-rebelles à Bouaké. Il a produit une contribution dont copie nous est parvenue le dimanche 20 juillet 2017.

 Contribution dans laquelle il fait des révélations sur le président de l’Assemblée nationale, Guillaume Soro. En fait, sa contribution est une réponse au chef du Parlement ivoirien. Celui-ci avait annoncé, de retour de Paris, le 20 juillet dernier, une démarche à l’endroit du président de la République, Alassane Ouattara, du leader du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (Pdci), Henri Konan Bédié, et de l’ex-chef d’État détenu à la Cour pénale internationale (Cpi), Laurent Gbagbo, pour leur demander pardon. Pour le cadet de Kass, la volonté de Soro participe d”’un stratagème”, dans la mesure où, selon lui, l’objectif visé ici, c’est Laurent Gbagbo et non Ouattara et Bédié. « (Votre) démarche est d’autant plus curieuse qu’elle intervient après vos rencontres avec Bédié. Par deux fois à Paris, vous avez rencontré Bédié. Pourquoi ne lui avez-vous pas demandé pardon à ces rencontres ? Vous en aviez pourtant le loisir. Laisser Bédié à des milliers de kilomètres alors qu’on l’avait rencontré deux fois, et l’attendre en Côte d’Ivoire en vue de lui demander pardon est quand même surprenant », analyse M. Bamba.

Le projet d’une rencontre Gbagbo-Soro presque bouclé

Pour lui, le projet d’une rencontre entre Soro et Gbagbo est presque bouclé. Il s’appuie sur une vidéo qu’aurait produit un partisan de l’ancien président, en l’occurrence, Johnny Patcheco, bien connu pour être un activiste sur les réseaux sociaux. Dans cette vidéo, Johnny Patcheco révèle l’établissement d’un contact entre Nady Bamba, seconde épouse de Laurent Gbagbo, et Guillaume Soro, à Paris. « Ce que vous ignorez, c’est que dans votre volonté de vous présenter comme un faiseur de paix, vous laissez des traces », soutient Seydou Bamba. Il poursuit : « Dans une vidéo publiée le 21 juillet sur sa page Facebook, Johnny Patcheco, un pro-Gbagbo pur et dur, a dévoilé votre l’agenda caché à Paris.

Selon lui, vous avez rencontré la seconde épouse de Laurent Gbagbo, Nady Bamba. ”Vous ne pouvez pas parler d’aller voir Gbagbo à la Cpi s’il n’y a pas eu de préalable. Le préalable, c’est la négociation entre vous et Nady Bamba. Cette dame finance aujourd’hui les Gbagbo ou rien (Gor). Fin de citations” ». Patcheco aurait révélé, selon Seydou Bamba, une prochaine prise de contact entre Soro et Aboudrahamane Sangaré, proche parmi les proches de Laurent Gbagbo, présenté comme le pont entre l’ex-chef d’Etat et d’éventuels visiteurs à la Haye. « Votre collaborateur, Alain Lobognon, est annoncé à la Cpi pour déblayer le terrain. Vous êtes donc démasqué », croit savoir le parent du défunt ”Kass”. A ses yeux, il ne reste plus qu’à Guillaume Soro d’aller au bout de sa logique. Une logique qui voudrait, a-t-il relevé, qu’il aille aussi demander pardon aux parents de ses compagnons tués pendant la crise interne à la rébellion armée de septembre 2002.

Soro invité à prouver sa bonne foi

« Le pardon est un acte noble. Mais sa noblesse doit être garantie par la sincérité. Or, ici, notre député de Ferké est pris en flagrant délit de duplicité », charge l’auteur de la contribution. Il a souhaité que Soro prouve ”sa bonne foi” en allant demander pardon à la famille de Kass, d’Adama Coulibaly alias Adams, de Mobio et de ”Petit Major”, d’Ibrahim Coulibaly alias IB. Tous tués à la faveur d’une crise profonde qui aura opposé deux clans dans l’ex-rébellion. « L’épouse d’IB bénéficierait de votre visite et de votre pardon en France, qu’elle en serait heureuse. Enfin, vous devez solliciter le pardon des parents de ces soldats traqués et étouffés dans des conteneurs à Korhogo. M. Soro, pourriez-vous demander pardon aux familles de ces victimes ? », s’est-il interrogé. « (…) Sauter cette étape, c’est faire du saupoudrage. Une sorte de poudre de perlimpinpin. Les Ivoiriens, qui vous observent, ne sont pas des nigauds », indique M. Bamba. A la limite, il invite le chef du Parlement à abandonner son projet d’aller rencontrer Gbagbo à la Haye, dont le sort, juge-t-il, ”ne dépend ni de son pardon démagogique, ni d’une quelconque compassion nationale”. « Il sera blanchi si sa responsabilité est dégagée des crimes qui lui sont imputés. C’est de cela qu’il s’agit et rien d’autre », a-t-il conclu.

Y.DOUMBIA

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