09232017Headline:

Un professeur de mathématiques tente de se suicider après sa radiation

suicide enseignant

On a frôlé le pire lundi dernier, à Agboville.

Gagné par le désespoir, Yao Samba, 32 ans, célibataire et père d’une fillette de cinq mois, a tenté de mettre fin à ses jours. Les témoins racontent que c’est peu avant midi ce jour-là que Yao Samba, professeur de mathématiques au lycée municipal de Zouan-Hounien, retiré dans son village natal de Bokao, à 25 km d’Agboville, a pris des herbicides dans l’optique de se suicider.

C’est que depuis que le 10 juin 2014, un décret a exclu les 97 enseignants de l’effectif des 3 000 enseignants contractuels. « Je suis désespéré car après dix ans de souffrance, j’ai pu avoir un contrat avec l’Etat et voilà que l’on décide de me sortir de la liste », a confié, en pleurs, Yao Samba que nous avons retrouvé dans un centre de santé d’Agboville. Ses jours ne sont plus en danger, au dire du médecin qui a expliqué avoir fait un lavage gastrique au professeur de mathématique.

Selon son collègue Boka Koffi, dispensant la physique-chimie dans le même établissement, et également radié, la liste de 97 a été conçue à partir des procès-verbaux des réunions tenues entre les enseignants mécontents et les états-majors des Drenet. « Ce n’est pas juste puisque nous avions été appelés pour information et échange avec les Drenet », s’est offusqué Boka Koffi. Ils ont été sortis du listing et remplacés par 97 autres figurant sur la liste d’attente. Seul bémol, ces derniers, n’ont fait aucune formation et bénéficient aujourd’hui du matricule de fonctionnaire, contrairement aux radiés qui ont suivi plusieurs formations à l’Ens. « Nous plaidons auprès du président Ouattara, notre réintégration », a laissé entendre le jeune professeur de mathématique, encore affaibli.

A Bokao son village, c’est l’émoi total. « Je suis inquiet pour l’état de santé de mon petit Samba, que j’avais exhorté à participer à ce projet de recrutement d’enseignants contractuels », a fait savoir hier mardi, Boka Réné Césaire, chef du village de Bokao. L’autorité traditionnelle a confessé ne pas savoir tous les détails du problème, mais dit avoir toujours encouragé et continue d’exhorter ces jeunes enseignants à poursuivre le plaidoyer auprès des autorités.

 

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