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Vœux de nouvel an : Anaky Kobena sans pitié pour le president Ouattara, ce qu’il dit de la gestion du pouvoir actuel

Pour Anaky Kobena, le message à la nation du chef de l’Etat, le 31 décembre 2017, a été totalement hors sujet 

Dans ses vœux à la Nation qu’il signe en sa qualité de président du Mouvement des forces d’Avenir, l’ancien ministre, Innocent Anaky Kobena n’y va pas de main morte contre son ex-allié, le président de la République, Alassane Ouattara, dont il dénonce la gestion du pays et de certains dossiers, à l’instar de la réconciliation nationale.

Ivoiriennes, Ivoiriens, et à tous ceux qui vivent avec nous,

L’année 2017 s’achève, avec pour nous tous, un énorme sentiment de déception et de frustration, car nous venons encore de vivre douze mois sans signal fort vers la réconciliation de la part du Chef de l’Etat qui en est la clef.

Nous n’aurons pas évolué ou avancé de manière notable en matière de pardon, de réconciliation et de retour à l’harmonie entre nous tous, Ivoiriennes et Ivoiriens, ce qui, pourtant, est désormais notre plus grande aspiration à nous tous.

Aujourd’hui, après sept années de règne d’airain d’Alassane Ouattara, et devant le contraste de rupture totale entre les espoirs qui avaient fait le lit de son accession au pouvoir d’Etat, et ce qui constitue le vécu quotidien de presque tous les Ivoiriens , le message à la nation du 31 Décembre 2017 a été totalement hors sujet.

Disons-le tout net : les Ivoiriens n’espèrent plus, et n’attendent plus d’Alassane Ouattara, que la pauvreté généralisée soit réduite, que le prix des denrées de première nécessité connaisse la grande baisse qui devrait réduire la faim généralisée. Les Ivoiriens ne cherchent plus à comprendre pourquoi le féerique taux de croissance de 8 à 10% l’an ne se traduit pas par un plus en  pouvoir d’achat et niveau de vie et surtout en création d’emplois.

Partant donc, annoncer aujourd’hui, triomphalement, encore des projets d’infrastructures routières et de ponts, ne les émeut plus.

Les Ivoiriens se demandent simplement, ce qu’il en restera après deux à trois bonnes petites pluies de chez nous.

En résumé, le discours du 31 décembre du chef de l’Etat aura été inutilement long et fastidieux, car les Ivoiriens sont, depuis longtemps, dépités et sursaturés de ce grand maître de l’illusion, dont même les enfants savent maintenant détecter tous les tours, et toutes les farces et attrapes.

Ce 31 décembre 2017, les Ivoiriens n’attendaient que d’entendre sortir de sa bouche une seule parole,  celle qui aurait permis de croire qu’enfin, après sept années, il venait de faire le choix du pardon et de la réconciliation entre les fils et filles du pays.

Et c’est justement sur ce chapitre que, irréductible et inexorable, il a juste évoqué une grâce pour les détenus, mais en précisant bien, et afin que nul n’en ignore, que cela ne concerne que les coupables de peccadilles et menues infractions du droit commun ; en d’autres termes,  surtout pas les prisonniers politiques, dont le nombre se situe encore au-dessus de 200.

Oui, les portes de la liberté resteront encore fermées pour Simone Gbagbo, Assoa Adou, Lida Kouassi, et de nombreux autres.

Et des milliers d’Ivoiriens en exil, au Ghana, au Liberia ou plus loin, pourront en conclure que l’hymne du retour n’est pas encore entonné.

Et devant la récente condamnation de Hubert Oulaye à 20 ans de détention dans les circonstances connues de tous, et à l’écoute de ce discours de fracture du 31 décembre, qui peut encore rêver que le sort des locataires de la CPI à la Haye soit même un sujet pour Ouattara ?

Et pourtant, et pourtant, les consciences Ivoiriennes ne sont occupées que par cette inéluctable réconciliation !!!

Oui, il déferle du pays une vague qui réclame ce retour à l’harmonie, aux  retrouvailles et à la réconciliation, mais qui vient se fracasser sur la muraille que constitue le seul Président Ouattara qui demeure hermétiquement fermé sur lui-même et ses phobies.

Peut-être, aurions-nous pu penser que c’est la réaction d’une âme qui aurait été très meurtrie et ostracisée pendant des années, et donc que l’obsession de vengeance transporte et aveugle ?

Mais, à la vérité, est-il possible de soumettre à pesée ce que les principaux leaders politiques de ce pays ont eu à subir comme attaques physiques et morales, comme pertes,  blessures et amputations de proches parents et de collaborateurs, sans parler des destructions de biens , du vandalisme, etc … dans toutes les crises sociopolitiques qu’a connues la Cote d’Ivoire depuis  le rappel à Dieu du Président Houphouet Boigny en 1993 ?

Et, a fortiori, quid du peuple, des millions d’Ivoiriens anonymes, qui sont ceux qui paient toujours le plus cher et le plus durement?

Si donc,  Alassane Ouattara reste et demeure inflexible devant toutes les voix de la classe politique,  y compris, du peuple de son propre parti le RDR, si les supplications des autorités traditionnelles et religieuses, si les invites polies mais fermes des chancelleries du monde entier d’opter pour la réconciliation et de tourner la page, si tout cela ne semble pas le concerner, nous ne pouvons que conclure par un constat aussi brutal qu’implacable.

Oui,  le maintien de notre société dans un étau de division imposée, et si l’entêtement acharné de Ouattara à nier l’existence de plus de 200 prisonniers politiques qui meurent à petit feu, tout cela n’est que la traduction  d’une option de gouvernement.

A savoir, d’un côté, instituer une terreur muette qui gangrène tout et tous, et, de l’autre, entretenir une situation économique de stagnation, de détresse et de non développement, qu’on masque en vendant à l’étranger une prétendue croissance économique unique et sans égal.

La conjugaison des deux méthodes, appliquées avec rigueur et sans état d’âme, aboutit au spectacle de la Côte d’Ivoire que nous avons tous désormais sous les yeux : un vaste champ de pauvreté, de chômage, de résignation et de tristesse.

La gaité et la joie de vivre ne sont plus qu’un souvenir, et la grande majorité des Ivoiriens ‘’ zappe ’’ le journal télévisé, pour ne pas faire subir à ses pupilles  le spectre d’une petite  bande de complices et joyeux drilles qui adorent s’auto-célébrer en standing ovation !

Mais, pourquoi donc auraient ils boudé leur plaisir, eux qui ont réussi à organiser, d’abord  les Jeux de la Francophonie, et ensuite un sommet Union Africaine / Union Européenne, devant toutes les télévisions du monde, sans aucune dénomination de leur mal gouvernance par une   manifestation hostile d’opposants politiques et de la société civile au préalable savamment réduits au silence et à l’inaction ?

Que pouvait demander de plus celui qui n’a d’autre souci que de vendre à l’étranger une image idéelle de la Côte d’Ivoire, a l’opposé de tout ce qu’il pose comme actes pour son effondrement ?

En ce début d’année 2018, c’est toute la Côte d’Ivoire, et tous ses peuples et enfants, qui n’arrêtent pas de gémir face à la terreur et à la misère. Les joutes électorales annoncées, et surtout l’échéance de 2020 à l’horizon, ne sont pas leur préoccupation.

La politique, ses partis et leurs leaders les intéressent de moins en moins. Leur souffrance et leur désarroi a dépassé ce cap.

Il s’impose de plus en plus à chacun, dans sa détresse, qu’il n’y a pas de choix, qu’il n’y a pas d’alternative à l’ultime prise de décision de la délivrance.

Allons-nous encore, pendant douze mois, subir et supporter cet enfer présenté comme un pays de cocagne ou tout est mieux pour le mieux dans le meilleur des mondes qu’est cette chimérique Eburnie de l’Emergence?

Que le Tout Puissant, qui n’abandonne pas ceux qui crient vers lui, et entends leur douleur, bénisse et ait en grâce les IVOIRIENNES et les IVOIRIENS !

Innocent K- ANAKY

Président du MFA

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