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Voici ce que le nouveau preisident Rock Marc Christian Kaboré reserve à compaoré

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Proclamé provisoirement vainqueur de l’élection présidentielle du 29 novembre, Rock Marc Christian Kaboré s’apprête à rejoindre le Palais de Kosyam. Il multiplie, pour ce faire, audiences et réunions à son quartier général de campagne sis au quartier Nonsin. Entre deux réunions, hier matin, il a bien voulu accorder une interview à Fraternité Matin et la Rti.

Monsieur le Président, vous venez d’être élu avec 53,49% des voix. Tout au long de votre campagne, vous avez parlé de changement. A quoi doit-on s’attendre au Burkina Faso ?

Nous allons placer cette élection sous le signe de la rupture avec le régime déchu. De ce point de vue, nous pensons qu’il faut proposer au peuple burkinabè une autre forme de gouvernance politique, économique et sociale dans notre pays. C’est ce à quoi nous nous sommes engagé. Je voudrais ajouter également que lorsque nous parlons de changement, nous pensons que cela doit d’abord s’opérer au niveau des mentalités. Il s’agit de faire en sorte qu’il y ait au Burkina Faso, un homme de type nouveau. Cet homme qui doit avoir de l’amour pour sa patrie et son peuple, d’une part, qui doit aimer le travail bien fait et s’engager dans le développement de son pays d’autre part. Et nous avons dit également, parlant d’intégrité, qu’il y ait plus de justice sociale, plus de bonne gouvernance et un bon partage du fruit de la croissance. C’est vous dire que c’est un changement que nous allons apporter sur l’ensemble de la vie politique, économique et sociale. C’est un travail de longue haleine. Nous devons en poser les bases. Et, en faisant l’insurrection populaire des 30 et 31 octobre 2014, nous avons tous pris l’engagement de nous inscrire dans cette voie. Nous appelons donc le peuple burkinabè à nous accompagner dans ce changement qualitatif que nous voulons apporter à notre pays.

Quelle politique extérieure comptez-vous mettre en place ?

Avec nos voisins, c’est une politique de fraternité, d’amitié, de respect et de considération mutuelle. Je considère que nos relations sont bilatérales. Elles se trouvent essentiellement confirmées dans un certain nombre d’organismes qui travaillent ensemble. Et nous allons poursuivre cette politique de paix.

Allez-vous travailler pour le renforcement des relations entre la Côte d’Ivoire et le Burkina Faso ?

De toute façon, nous n’avons pas d’autre choix que de faire en sorte que cette relation soit la meilleure possible. D’ailleurs, hier (ndlr: mardi 1er décembre), j’ai reçu les félicitations de SEM le Président Alassane Ouattara. Nous en avons quelque peu discuté et nous sommes tous engagés à faire en sorte que cette coopération soit consolidée comme la coopération que nous entretenons avec les autres pays voisins. Comme vous le savez, les rapports que nous avons avec la Côte d’Ivoire sont particuliers. Nous avons non seulement la géographie et l’histoire, mais aussi et surtout, un nombre important de nos compatriotes y vivent. De ce point de vue, c’est une relation que nous devons consolider.

Votre principal challenger lors de la présidentielle du 29 novembre, Zéphirin Diabré, s’est rendu à votre quartier général pour vous féliciter, peu avant la proclamation des résultats officiels. Ce qui dénote d’un bon esprit et d’une bonne ambiance entre vous et celui qui sera désormais votre opposant. Comptez-vous lui tendre la perche en lui ouvrant votre gouvernement ?

Nous avons beaucoup apprécié ce geste de nos adversaires à cette élection. Zéphirin Diabré a été le premier à nous féliciter nous avons rencontré Me Bénéwendé Sankakra de L’unir/Ps, M. Kanazoé du parti Agir et la série de rencontres continue les jours à venir. Nous prenons que c’est un changement des mœurs politiques qui consiste à accepter la différence et le verdict du peuple. Pour notre part, en ce qui concerne la gestion à venir du pays, nous travaillerons avec les partis qui sont représentatifs et ont contribué au combat pour le changement. C’est clair, nous ne parlons pas de gouvernement d’union nationale. Évidemment, nous parlons d’un gouvernement qui soit dans l’axe du programme que nous proposons aux Burkinabè. Il est évident que nous ne remettons pas en cause le rôle (ndlr: des partis politiques). Mais il faut bien que chacun ait son rôle dans la situation actuelle. Il y a ceux qui sont des forces progressistes et qui sont des forces de gauche et vous avez également des libéraux qui ont leur vision économique de notre pays. Nous pensons qu’il faut que chacun puisse jouer son rôle. C’est notre point de vue. Nous ferons en sorte de ne pas avoir un gouvernement monocolore de type Mpp, parce que nous avons été accompagné dans cette élection par 17 partis politiques. Donc, nous travaillerons dans ce sens.

Votre prédécesseur, le Président Blaise Compaoré, ne vit pas aujourd’hui au Burkina Faso, et ce, suite à l’insurrection populaire d’octobre 2014. Que lui réservez-vous ?

Vous savez pourquoi le Président Blaise Compaoré a été reçu en Côte d’Ivoire où il vit actuellement. Nous avons dit que rien ne l’empêche de réintégrer son pays. La seule chose, c’est que nul n’est au-dessus de la loi. Cela veut dire que si les procédures engagées arrivent à un aboutissement qui montre effectivement qu’il a une responsabilité, soit dans des crimes de sang, soit dans des crimes, il répondra devant la loi. Nous croyons que cela est valable pour lui et pour moi-même, en tant qu’actuel Président du Burkina Faso, à la fin de mon mandat. Cela est valable pour tous les Burkinabè. La justice suivra son cours, conformément à ce qui a été engagé depuis la transition.

Vos compatriotes placent beaucoup d’espoir en votre élection. En témoigne la forte mobilisation lors du scrutin. Quelles seront vos premières actions ?

Nous avons parcouru l’ensemble des communes et des régions de notre pays. Nous avons vu toute la confiance et toute l’attente et l’espérance de la population. Il est évident que c’est une lourde charge. Nous ne pouvons pas nous appesantir un seul secteur parce que tout est prioritaire au Burkina Faso. Et c’est pourquoi, nous devons non seulement travailler à remettre les Burkinabè au travail, à relancer l’économie nationale. Mais nous devons faire en sorte de répondre aux besoins de nos populations qui vont de l’école en passant par la santé, l’eau potable, l’électrification. Il faut que, de façon urgente, dans les premières années, nous prenions à bras-le-corps toutes ces préoccupations. Cela est très important. Et nous croyons que la première des actions que nous devons mener, c’est la bonne gouvernance, c’est également la réduction du train de vie de l’État pour montrer que depuis le sommet, nous sommes engagés à faire des efforts et amener tous les Burkinabè à s’engager à faire des efforts pour amener notre pays à sortir de la situation difficile dans laquelle il est.

La communauté burkinabè en Côte d’Ivoire, vous l’avez dit, est importante. Quel message pour elle ?

Nous lui disons simplement que dans notre programme, nous avons prévu de faire en sorte que la diaspora participe plus, aussi bien intellectuellement économiquement, à l’action et à l’avenir de notre pays. Une institution sera en mise en place dans ce sens pour suivre nos compatriotes et veiller à ce que dans les pays où ils vivent, les relations soient suffisamment bonnes pour eux, afin de leur permettre de s’épanouir. Nous voudrions dire à la diaspora que nous prenons l’engagement qu’en 2020, elle participera à l’élection présidentielle au Burkina Faso. Cela nécessite que chacun s’organise et se prépare à jouer son rôle en 2020. Nous demandons également aux Burkinabè, partout où ils sont notamment en Côte d’Ivoire, de veiller à vivre en conformité avec les règles du pays. Nous demandons également au gouvernement ivoirien, autant que cela peut se faire, qu’on puisse veiller sur l’ensemble de ces populations qui travaillent non seulement dans l’intérêt de la Côte d’Ivoire mais également dans notre intérêt. Puisque, les ressources qu’elles peuvent avoir peuvent permettre d’investir au Burkina Faso.

Interview réalisée par
Jules Claver AKA (Fratmat)
en collaboration avec la Rti

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