01212017Headline:

Voici le cri de coeur de Koné Katinan depuis son exil à Ouattara : 
« Grand-frère, … »

koné katina

L’ex-ministre du Budget et porte-parole de Laurent Gbagbo (ex-président ivoirien), Koné Katinan Justin, a produit une déclaration dont nous avons reçu copie, lundi 9 novembre 2015.

Intitulé « Le silence de la trahison », ce document de 7 pages dépeint une situation délétère marquée par la division, dans laquelle se trouverait la Côte d’Ivoire. « Grand frère Ouattara : « libère Gbagbo, son épouse et les centaines de prisonniers qui croupissent en prison pour la seule raison qu’ils sont ses supporteurs, et alors, tu pourras peut-être améliorer ton estime auprès des autres populations. Tu as besoin de tous pour diriger, y compris des (…). Nous n’avons pas le monopole de l’amour des nôtres », a déclaré Koné Katinan depuis son exil ghanéen. Il a indiqué dans son document, qu’il ne cessera pas de dire ce qu’il estime juste pour le pays et pour le peuple dont il est originaire. En effet,  l’en croire, les populations de sa région font mal, en ne se tournant pas effectivement vers celles des autres régions. « Je m’imagine que notre fils, notre frère, n’est pas au courant de tout ce que je viens de dire. Nos autres enfants qui gravitent si nombreux autour de lui, ne lui rapportent pas fidèlement le mécontentement des autres populations. Ils sont occupés à jouir des privilèges princiers que leur confère le pouvoir que nous avons conquis de haute lutte. Je me rends compte que c’est l’appât de la jouissance du pouvoir qui les a poussés à mentir plusieurs années durant (…)», a-t-il écrit. « Moi je me donne le devoir de dire à « mon grand-frère » ce que les autres refusent de lui dire. Nos parents nous ont appris une grande leçon de vie : « si ton ami ou ton frère ne peut te dire la vérité, alors paie ton ennemi pour qu’il te la dise ». Si je me tais devant le faux que nous servons aux Ivoiriens, je ne serai pas moins complice que ceux qui se taisent pour préserver leurs petits intérêts égoïstes auprès de notre « brave fils ». Je refuse le silence de la traitrise et de la honte », a martelé le porte-parole de Laurent Gbagbo. Non sans affirmer s’identifier comme le fou au sein d’une famille, qui ne mâche pas ses mots. « Il semble que beaucoup des nôtres me détestent. Ils me considèrent comme un égaré, un infiltré de l’extérieur dans la famille, qui mérite la potence. Il faut bien du tout dans une famille. Je suis fou et j’assume ma folie. Mais je préfère ma folie à une sagesse qui nous condamne collectivement. Je répète : nous sommes dans le faux », a-t-il asséné. Utilisant des expressions souvent dures, il a apostrophé Alassane Ouattara, le président de la République, réélu le 25 octobre 2015 à une large majorité. Mais aussi, il a égratigné les cadres originaires de sa région, qui seraient réfractaires à une idée de réconciliation avec le reste de la Côte d’Ivoire, prétextant de mauvais traitements qu’ils auraient subis durant des décennies. Par ailleurs, Koné Katinan a fustigé la forte implication de l’ambassadeur des Etats-Unis en Côte d’Ivoire dans l’élection présidentielle du 25 octobre, dénonçant un « activisme débordant » de Terence McCulley dans le processus électoral. Il a aussi parlé du taux d’abstention à l’élection présidentielle qu’il juge élevé. « Mes chers parents, ouvrons les yeux et débouchons nos oreilles(…). Nos méthodes (…) n’arrangent pas les affaires de notre « fils et de notre frère ». Il ne peut gagner le cœur des Ivoiriens si nous continuons notre guerre de conquête. Notre destin collectif vaut bien plus que les ambitions de chacun de nous », a-t-il soutenu, ajoutant : « Il faut savoir s’arrêter. Nos concitoyens souffrent de nos agissements, des humiliations que nous leur infligeons ». Pour Koné Katinan Justin, il est temps de consolider la cohésion et faire la réconciliation nationale.

 

Hervé KPODION

Soir Info

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