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Zamblé Bi Zamblé Ghislain, président de la FEPACC-CI, « Nous demandons à l’Etat de penser à refaire urgemment la route de la côtière »

Le président de la Fédération des producteurs actifs de café-cacao de Côte d’Ivoire (FEPACC-CI), Zamblé Bi Zamblé Ghislain, souhaite que la nouvelle campagne se fasse dans de bonnes conditions pour le bonheur de tous. Dans l’entretien qu’il a accordé à Linfodrome, il a fait des propositions à l’Etat et aux producteurs.

Pouvez-vous vous présenter aux Ivoiriens ?

Je me nomme Zamblé Bi Zamblé Ghislain, producteur de café-cacao. Je suis le président de la fédération des producteurs actifs de café-cacao de Côte d’Ivoire (FEPACC-CI) qui est une fédération des producteurs individuels de café-cacao de Côte d’Ivoire.

Lors de la campagne de 2016-2017, vous avez connu d’énormes difficultés quant à la vente de vos produits. Quelles sont les mesures que vous avez prises pour éviter que cette situation se répète cette année ?

La campagne 2016-2017 nous a laissé de mauvais souvenirs mais nous pensons que cette année la situation sera meilleure pour les producteurs. Non seulement c’est une nouvelle direction qui gère le conseil café-cacao, mais également le gouvernement s’active pour augmenter ce prix qui n’honore pas la Côte d’Ivoire. Au cours de sa conférence de presse du lundi 17 septembre dernier, le Premier Ministre Amadou Gon Coulibaly a même annoncé que de concert avec le Ghana, ils sont en train de travailler pour améliorer le prix pour les producteurs et nous en sommes déjà satisfait en attendant que cela soit effectif. Nous, on n’a pas de mesure à prendre pour éviter une quelconque situation, à part produire du cacao de bonne qualité et c’est ce que nous faisons toujours.

Etes-vous associés aux négociations pour fixer les prix ?

Malheureusement non, mais l’ancien directeur adjoint chargé de la production de Mme Touré Massandjé, M.N’guessan Edouard, nous avait reçu, le 3 février 2017, en présence de ses proches collaborateurs pour des échanges lors de la crise que nous avons connue en 2016. On espère que M. Yves Brahima Koné saura tenir compte de notre avis car si ce n’est pas le cas, nous serons obligés de nous inviter aux discutions parce que le cacao c’est notre affaire et on ne doit pas nous mettre en marge des discutions. Nos autorités doivent comprendre que nous ne sommes plus à l’ère où on réunissait ses partisans dans une salle acquise à sa cause pour annoncer le prix du cacao sous de fortes acclamations malgré nous. Ce temps est passé, nous sommes une nouvelle génération qui a son mot à dire et on doit en tenir compte.

Selon vous, le prix va être augmenté pour la nouvelle campagne ?

Le prix va et doit augmenter car l’Etat n’aura pas d’autres choix, je vous ai dit toute à l’heure que le Premier Ministre a annoncé déjà les couleurs. Maintenant, nous disons que nous n’accepterons pas un prix en dessous de 1000f/kg. C’est sur ce point peut être que le problème peut se poser mais nous espérons qu’il n’y aura pas de problème. Vous savez que nous on n’a pas changé de position depuis la baisse du prix, on n’est pas d’accord et on l’a toujours fait savoir à qui veut l’entendre car pour nous, rien ne justifie cette baisse. Je vous rappelle que la Côte d’Ivoire est le premier producteur de cacao dans le monde devant le Ghana qui le paye à environ 1000f/kg. Sur le plateau de la RTI (en 2017) l’ancienne directrice Touré Massandjé nous avait rassuré qu’il existait un fond de réserve logé dans un compte séquestre à la BECAO pour faire face à ce genre de situation et comme nous savons tous que l’Etat est une continuité, M. Koné Brahima, le directeur actuel, ne saurait nous dire le contraire donc nous dormons tranquille.

Quelles sont vos propositions pour un meilleur avenir du cacao ivoirien ?

C’est la transformation de notre cacao en produit fini (le chocolat). La Côte d’Ivoire doit être capable d’exporter le chocolat et non le cacao. Il faut que l’Etat s’investisse dans la transformation car imaginez, si la Côte d’Ivoire exporte le chocolat que nous avons sur le seul marché de la Chine qui a plus de 2 milliards d’habitants. Mais nous avons espoir que ce sera possible car le président de la République Alassane Ouattara a déjà commencé à entreprendre des démarches dans ce sens avec sa dernière visite en Chine et cela nous réjouit énormément. Aussi, nous proposons que l’Etat associe tous les acteurs dans la gestion de la filière, je parle de nous, les fédérations et associations des producteurs, les coopératives, les exportateurs etc…Toujours dans les propositions, nous demandons à l’Etat de mettre en place un système de vérification des prix sur le terrain qui va attester qu’effectivement c’est au prix annoncé que le cacao est acheté aux producteurs car souvent ce n’est pas le cas et nous recevons beaucoup de plaintes de nos membres. Enfin, il faut mettre en place une plate-forme d’échanges permanente avec tous les acteurs pour réfléchir sur les perspectives.

Quel appel lancez-vous à l’Etat et aux producteurs ?

A l’Etat, nous demandons de créer les moyens pour faciliter notre travail, nous parlons des routes pour évacuer nos produits vers les centres de stockage que sont les villages, les villes et les ports. Nous demandons à l’Etat de penser à refaire urgemment la route de la côtière qui est une route très importante pour nous les producteurs car elle relie nos de deux ports que sont le port de San-Pedro et celui d’Abidjan, cela va faciliter le transport de nos produits à moindre coût. Aussi nous avons besoin de produits phytosanitaires pour améliorer la qualité de notre cacao et enfin, nous avons besoin du soutien de l’Etat face à la maladie du Swollen Shoot. Aux producteurs, nous leurs demandons de rester mobilisés et de toujours croire en un avenir meilleur pour notre filière car ensemble, on pourra relever les grands défis qui nous attendent comme la transformation de notre cacao made in Côte d’Ivoire.

Adolphe Angoua

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