05172022Headline:

Afrique du Sud: le phénomène des orages étudié à l’université de Witwatersrand

En Afrique du Sud, la fin de l’été austral signe aussi la fin de la récolte de données pour les chercheurs du centre d’études de la foudre. Au sein de l’université du Witwatersrand, une équipe scrute et filme le ciel chaque été, pour tenter de mieux comprendre le phénomène de la foudre.

Deux tours de communications se distinguent dans le paysage de Johannesbourg, et attirent les éclairs du fait de leur taille. Juste à mi-chemin se trouve l’université du Witswatersrand. C’est ici que la chercheuse Carina Schumann a installé ses appareils.

« Ici c’est une caméra à haute vitesse, pour enregistrer 50 000 images par secondes. Et celle-ci, elle se déclenche selon les mouvements, donc on n’a pas forcément besoin d’être là pour la déclencher. Car jusqu’à présent, explique-t-elle, j’ai passé beaucoup de temps à courir sous les tempêtes. »

Grâce à des instruments de mesure installés également sur les tours, la chercheuse brésilienne, avec ses boucles d’oreilles en forme d’éclairs, ne perd pas une miette des différents orages estivaux. C’est durant cette période que les orages s’abattent régulièrement sur la ville de Johannesburg, à la fin de journées chaudes, et où de spectaculaires éclairs peuvent être observés.

« La foudre peut tomber jusqu’à 50 fois par an sur ces tours. Pour moi, ces études scientifiques permettent d’aider les ingénieurs à créer de meilleurs équipements de protection, de mieux prédire quand le phénomène va se produire, et d’en apprendre toujours plus. »

« Bien sûr, il y a des zones où il y a davantage d’éclairs, souvent plus près de l’Équateur, comme au Congo, au Venezuela, à certains endroits en Indonésie. Mais la plupart de ces zones ne comportent pas de grands centres économiques, remarque Hught Hunt. Ici, notre production d’électricité est concentrée dans la région voisine du Mpumalanga, donc il y a des lignes électriques dans toute la zone. Et notre cœur économique est également situé ici, où il y a beaucoup d’éclairs. »

La foudre tue chaque année plus de 200 personnes dans le pays. Et les dégâts sont aussi économiques, alors que les chercheurs manquent encore d’informations scientifiques sur ce phénomène :

« Ces dommages s’élèvent à plusieurs millions de rands chaque année, cela peut aller de la perte de boîtiers internet et de télévision chez des particuliers, à de gros soucis très sérieux sur des lignes électriques, précise le chercheur. Et il y a de nouveaux défis qui émergent avec les énergies renouvelables. Tout d’un coup, tout le monde installe des systèmes solaires, mais il faut étudier comment ils sont touchés par la foudre, c’est différent de nos installations électriques actuelles. Il y a encore des choses à analyser, et de nouvelles situations auxquelles il faut réfléchir. »

Les scientifiques ont désormais le reste de l’année pour étudier toutes les données récoltées, afin de déchiffrer les derniers mystères de la foudre.

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