05192022Headline:

Angola : le lourd héritage de la guerre civile

Il y a 20 ans s’achevait en Angola l’une des guerres les plus longues, les plus brutales et les plus meurtrières du siècle dernier. En 27 ans, ce conflit a fait près d’un million de morts, 4 millions de déplacés, et a laissé un pays en ruine : en 2002, 60 % des Angolais n’avaient pas accès à l’eau potable, 30 % des enfants mourraient avant l’âge de 5 ans. Le pays a-t-il remonté la pente et tourné la page des années noires ? Un reportage de Clément Bonnerot.

La guerre civile en Angola commence en 1975 avec le départ de la puissance coloniale portugaise, qui laisse les mouvements indépendantistes s’affronter entre eux. En pleine Guerre froide, le pays ouest-africain devient un terrain de bataille à distance entre le bloc communiste et celui des États-Unis et de leurs alliés.

D’un côté, le Mouvement populaire de libération de l’Angola (MPLA) d’Agostinho Neto est soutenu par l’URSS et Cuba. De l’autre, l’Union nationale pour l’indépendance totale de l’Angola (Unita) de Jonas Savimbi bénéficie de l’appui de l’Afrique du Sud, des États-Unis et du Royaume-Uni. Au début de la guerre, le MPLA domine le terrain, prenant le contrôle de la capitale et établissant un gouvernement de fait. Mais au milieu des années 1980, les combats s’intensifient, jusqu’au point culminant – en 1988 – de la bataille de Cuito Cuanavale, au cours de laquelle près de 10 000 combattants perdent la vie. La victoire est revendiquée par les deux camps.

À la fin des années 1980, les soldats cubains et sud-africains se retirent. Les accords de Bicesse signés en mai 1991 aboutissent à un cessez-le-feu et à l’organisation d’élections générales supervisées par l’ONU en 1992. Le MPLA remporte les élections mais Jonas Savimbi dénonce des fraudes et reprend les armes, cette fois sans aucun soutien international. Les combats ne prendront fin que dix ans plus tard, avec la mort de Jonas Savimbi, tué par des troupes gouvernementales en 2002.

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