12162017Headline:

Arabie saoudite : la visite de Donald trump a attiré de nombreux chefs d’états africains/les raisons

Quand Crésus reçoit le roi du monde, seuls les plus désintéressés peuvent se permettre de négliger la convocation. D’Asie et d’Afrique, les chefs d’États comptant au moins une minorité sunnite ont accouru à Riyad. Et même d’Amérique du Sud, d’où est venu David Granger, président du Guyana, membre de l’Organisation de la coopération islamique depuis 1998. La délégation africaine y était en force : pas moins de dix-huit chefs d’État. Moins sourcilleux sur la « sunnicité » de ses hôtes subsahariens que sur celle de leurs homologues arabes, le roi Salman a ouvert ses palais aux présidents chrétiens du Burkina, de la Sierra Leone, du Togo et du Bénin.

Au nord du Sahara, le président algérien s’est fait représenter par le président du Sénat, Abdelkader Bensalah, et le roi du Maroc par son ministre des Affaires étrangères, Nasser Bourita. « Mohammed VI préfère de loin les rencontres bilatérales à ces grands événements et une visite à Riyad est programmée à la rentrée. Peut-être aussi préfère-t-il ne pas apporter sa caution à un discours saoudien sur l’islam à l’opposé du sien », conjecture l’historien Nabil Mouline. Sans président, la Libye était représentée par le Premier ministre adoubé par la communauté internationale, Fayez el-Sarraj. Convié mais aussi recherché par la CPI, le président soudanais Omar el-Béchir était annoncé. Il a dû se faire représenter à la dernière minute, Washington ayant mis son veto à la présence du paria. À l’inverse, les présidents tchadien Idriss Déby Itno et djiboutien Ismaïl Omar Guelleh étaient bien là.

Si beaucoup de dirigeants africains ont nourri l’espoir de rencontrer « The Donald », peu d’entre eux ont goûté ce privilège. Trump a eu en effet des entretiens avec les chefs d’État du Golfe et rencontré le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi, aux vibrants éloges duquel il a donné cette réplique remarquée : « J’adore tes chaussures, mec ! » Mohamed Abdullahi Farmajo, président de la Somalie, a également pu discuter avec l’Américain, dont les armées n’hésitent pas à mener des actions antiterroristes sur son territoire. Comme le Tunisien Béji Caïd Essebsi, le Sénégalais Macky Sall a dû se contenter d’une poignée de main.

G5 – Sahel

Opportunément réunis, les présidents tchadien, burkinabè, malien, nigérien et mauritanien ont tenu sur place un G5-Sahel sur le jihadisme. Le Malien Ibrahim Boubacar Keïta a d’ailleurs choisi la circonstance pour laisser entendre qu’il pourrait se présenter à sa propre succession en 2018 : « Inch Allah ! » Le nouveau président gambien, Adama Barrow, a pour sa part fait parler de lui quand a circulé une photo le montrant les yeux clos durant le discours de Trump, et des observateurs ont noté qu’il portait le même vêtement deux jours de suite : les organisateurs gambiens du voyage ont failli, et le président, arrivé épuisé, a été par la suite débordé, regrette-t-on officieusement à Banjul. S’il n’a pu rencontrer Trump, le Nigérien Mahamadou Issoufou a eu la consolation d’être reçu par le roi Salman et de signer nombre de projets de coopération.

Est-ce pour de semblables démarches que le Sierra-Léonais Ernest Bai Koroma a tenu à se faire accompagner par des responsables économiques plutôt que religieux et sécuritaires ? À Libreville, le gouvernement a présenté, le 23 mai, l’émission d’un emprunt international de 150 millions d’euros et l’on voit dans la recherche de riches souscripteurs une raison de la venue du président Ali Bongo, certes converti au sunnisme, mais dont le pays ne compte qu’une proportion infime de musulmans et apparaît bien loin des cercles menaçants du terrorisme.L.S.P.

jeuneafrique

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