05232017Headline:

Burkina: Des élèves agressent des enseignants et déchirent le drapeau national/les faits

RTB

NAGARÉ : DES ÉLÈVES AGRESSENT DES ENSEIGNANTS ET DÉCHIRENT LE DRAPEAU NATIONAL

Les faits se sont déroulés le 14 avril 2016 à Nagaré dans la Tapoa. Dans le CEG de ce village, après l’expulsion d’un élève, ses camarades ont saccagé et  brûlé les biens des enseignants. Le drapeau national qui flottait dans la cour de l’école a également essuyé le courroux des manifestants.

Tout est parti, selon un reportage de la RTB Télé, d’un « malentendu » entre un élève de 3e, Timothée Lompo, par ailleurs chef de la classe et délégué général adjoint du comité des élèves du CEG de Nagaré, et son prof de maths. C’est le directeur du CEG, Babou Bama, qui l’explique au micro de la RTB Télé :

« Le professeur de mathématiques est entré trouver que le tableau était à moitié effacé. Il a demandé aux élèves pourquoi ils n’ont pas effacé le tableau. Ils ont dit qu’ils n’avaient pas fini de recopier leur leçon de français.

Le chef de classe, qui est en même temps le délégué adjoint du comité des élèves, a écrit sur un bout de papier adressé au carillonneur qui est dans la même classe : (…) « Je vois que le professeur a refusé qu’on utilise ses heures. A la pause, ne laisse pas une minute perdre. S’il est l’heure, tu sonnes ». Il (le prof de maths, ndlr) demande à l’élève de sortir. L’élève a résisté.

Je suis rentré également dans la même classe demander à l’élève en question d’aller appeler ses parents. Voici la réponse de l’élève (disant) que je suis trop petit pour le faire sortir et (aussi) pour aller appeler son papa  qui est plus vieux que moi ».

Une version des faits que réfute le mis en cause, Timothée Lompo, qui parle d’un acharnement du prof de maths contre sa personne et qui se défend en ces termes :

« Le jeudi matin, quand le professeur est venu me  faire sortir,  on est sorti ensemble parce qu’à cause de cela, (les élèves ont dit qu’) ils ne peuvent pas laisser le chef sortir et eux ils vont rester. C’est à cause de ça quand le prof de maths est sorti, il est allé taper dans la main du prof de français en disant que c’est très-bien, qu’ils ont eu ce qu’ils voulaient. C’est ça qui a énervé les élèves et ils se sont dit que si c’est à  cause de ça, ils ne sont pas d’accord qu’on renvoie  des camarades pour ce petit problème ».

Les élèves se déchainent donc. Les 400 apprenants que compte l’établissement se mobilisent et font sortir les élèves de l’école primaire publique de Nagaré. Son directeur, Sita Tinto, raconte :

« Quand ils sont arrivés, ils ont commencé par des jets de pierre sur nos toits. Ils ont perforé nos toits. Après ça, ils sont allés casser le mât du drapeau, enlever le drapeau, déchirer en deux, prendre essuyer leur sueur, traîner ça par terre ».

Les enseignants sont ensuite attaqués. Le directeur du CEG raconte que pendant que lui et les siens étaient cloitrés dans sa maison, les élèves s’attaquaient à ses biens dans la cour, dont certains seront brûlés. Le directeur de l’école primaire, lui, dit avoir un autre sort.  « Ils nous ont fouettés correctement », affirme-t-il, ajoutant que la volaille a été emportée et des poussins ont été tués.

Il a fallu l’intervention de la population, avec en tête le chef du village, pour ramener le calme et peut-être éviter le pire. La police, venue de Tambaga, a alors pu évacuer les enseignants et leurs familles du village.

Un arrêt de travail a été observé le lendemain dans toute la province de la Tapoa par le corps enseignant. Quant aux enseignants des deux écoles, ils disent ne pas être prêts à remettre les pieds à Nagaré.

Burkina24

Pascale Andrée 

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