09282020Headline:

Burkina: En exil, Blaise Compaoré fait trembler la transition

kafando et zida

Si la seule tenue d’une session du Secrétariat Exécutif National du CDP et une conférence de presse du Bureau national de l’ADF/RDA suffisent à mettre le tout-Etat en branle au point de pousser les autorités à des actes extrêmes aussi illégaux, il faut convenir que le pouvoir lui-même avoue son incapacité à assurer la sécurité des Burkinabè. Au quel cas il devrait se démettre plutôt que de chercher des poux sur des crânes rasés. En vérité ça sent la panique au niveau des autorités de la transition, qui après avoir essuyé les limites du populisme et du népotisme comme méthode de gouvernance face à leur incapacité à répondre aux aspirations des populations, se lancent dans une forme d’autoritarisme dont le but ultime est de museler le peuple et de faire taire toute contestation possible. Aujourd’hui c’est le CDP, l’ADF/RDA, la FEDAP/BC ; demain ce pourrait être l’UPC, le Balai citoyen ou tel autre pour les mêmes raisons.

Pour le commun des mortels de ce pays, ni le CDP, ni l’ADF/RDA, ni la FEDAP/BC n’ont tiré sur qui que ce soit et ne peuvent par conséquent être tenus pour responsables des morts tragiques des 30 et 31 octobre. Aucune rhétorique ne peut changer cette réalité. Tout comme les populations savent que le principe fondamental de la démocratie étant la liberté d’opinion, c’est par elle qu’il y avait des pro-référendum et des anti-référendum, et en toute légalité. Comment se peut-il donc que le fait d’être pro-référendum devienne brusquement contraire à la loi et puisse justifier des sanctions ?

Un véritable coup de tonnerre par temps clair en pleine saison sèche ! C’est l’effet qu’ont produit, ce lundi 15 décembre 2014, les trois (3) arrêtés du MATDS portant suspension des activités du CDP, de l’ADF/RDA et de la FEDAP/BC. Si ce n’est pas de l’incurie politique, c’est assurément le fait d’une schizophrénie qui ne dit pas son nom ou de calculs politiciens d’un cynisme incroyable.
En dehors de quelques pseudo-démocrates à l’esprit particulièrement tordu qui pensent à une stratégie des autorités de la transition en accord avec le défunt pouvoir pour permettre à ce dernier de renaître autrement en se fabriquant une nouvelle virginité, la majeure partie de l’opinion publique nationale n’a pas de mots assez durs et d’images assez fortes pour exprimer sa réprobation de ces décisions dont le caractère arbitraire et liberticide coule de source. Un précédent qu’on ne veut pas entériner de peur qu’il n’ouvre une boîte de pandore qui pourrait conduire à des drames.
Autant elle surprend autant, autant cette décision est la résultante de l’amer constat que certains milieux proches des autorités actuelles font des réalités politiques sur le terrain qui sont loin de la déliquescence de l’ancien pouvoir qu’ils espéraient. C’est du reste l’aveu, avec en prime des contre-vérités flagrantes, que fait le MATDS dans sa tentative d’explication des décisions conscient de la réprobation générale, lorsqu’il soutient que «ce regain d’activisme politique de leur part indigne les populations…» Ridicule et minable !

Si réellement les populations sont indignées pourquoi ne pas laisser le CDP, l’ADF/RDA et la FEDAP/BC essuyer cette indignation et se voir contraints de rentrer dans leurs coquilles ? Si la seule tenue d’une session du Secrétariat Exécutif National du CDP et une conférence de presse du Bureau national de l’ADF/RDA suffisent à mettre le tout-Etat en branle au point de pousser les autorités à des actes extrêmes aussi illégaux, il faut convenir que le pouvoir lui-même avoue son incapacité à assurer la sécurité des Burkinabè. Au quel cas il devrait se démettre plutôt que de chercher des poux sur des crânes rasés. En vérité ça sent la panique au niveau des autorités de la transition, qui après avoir essuyé les limites du populisme et du népotisme comme méthode de gouvernance face à leur incapacité à répondre aux aspirations des populations, se lancent dans une forme d’autoritarisme dont le but ultime est de museler le peuple et de faire taire toute contestation possible. Aujourd’hui c’est le CDP, l’ADF/RDA, la FEDAP/BC ; demain ce pourrait être l’UPC, le Balai citoyen ou tel autre pour les mêmes raisons.
Par la même occasion, les grands stratèges de la transition préparent un boulevard à leurs alliés du moment pour les élections à venir. C’est un secret de polichinelle que cet allié est le MPP, nouveau parti majoritaire dont l’objectif, dit-on, est de faire élire son candidat au premier tour pour éviter contre lui la coalition de toute l’opposition au deuxième. En effet, malgré tous les discours de dénigrements et les violences qu’elle a subies, l’ancienne majorité conserve presque intacts ses appuis, puisque le mouvement de démission massive attendu n’a pas eu lieu et que les formations politiques favorables à la junte ne trouvent pas plus grâce aux yeux des populations. Voilà pourquoi il faut donner un coup de pouce au besoin en tordant le cou à la loi. Mais tout de même.
Pour le commun des mortels de ce pays, ni le CDP, ni l’ADF/RDA, ni la FEDAP/BC n’ont tiré sur qui que ce soit et ne peuvent par conséquent être tenus pour responsables des morts tragiques des 30 et 31 octobre. Aucune rhétorique ne peut changer cette réalité. Tout comme les populations savent que le principe fondamental de la démocratie étant la liberté d’opinion, c’est par elle qu’il y avait des pro-référendum et des anti-référendum, et en toute légalité. Comment se peut-il donc que le fait d’être pro-référendum devienne brusquement contraire à la loi et puisse justifier des sanctions ? Nos populations sont moins idiotes que certains de nos politiques qui pensent tout le contraire. Ce serait une erreur fatale que de croire qu’on peut lui faire gober tout ce qu’on voudrait.
A moins que derrière toute cette gesticulation ne se cachent des programmes cachés comme le pensent certains analystes pour lesquels ce qui se passe frise tellement le ridicule qu’on pourrait y avoir une stratégie élaborée visant à exaspérer les populations et à conduire à des violences ou des mouvements de défiance qui serviraient de prétextes à l’aile militariste de la transition pour s’accaparer de tout le pouvoir. Très plausible ! Dans ce capharnaüm qu’est cette transition avec ses demies-vérités et ses gros mensonges, rien n’est impossible.
Personne n’est dupe. Toute l’histoire de cette transition est à écrire ! Quand les Burkinabè en arrivent à prendre l’exemple sur la Côte d’Ivoire où, en dépit des milliers de morts causés par Laurent GBAGBO et son FPI avec leur théorie de l’ivoirité, le FPI n’a pas été suspendu ou que ce dernier n’a pas suspendu le RDR d’Alassane Dramane OUATTARA parce qu’il serait Burkinabè, les autorités doivent comprendre le poids de leur propre bêtise et avoir l’humilité de faire machine arrière. Encore mieux tout le monde sait que depuis l’instauration de la démocratie en 1991, aucun parti ou formation politique, aucune association n’a été suspendue ou interdite d’activité. En un mois, ZIDA et KAFANDO en font 3 !
Il n’y a même pas à attendre que la justice vienne le leur intimer pour revoir leur copie car ces arrêtés-là sont tellement illégaux et mal montés qu’il ne fait aucun doute que le Tribunal Administratif saisi ne pourrait que dénoncer leur caractère arbitraire et liberticide. Il n’y a aucune honte à cela. Tout au contraire persister dans l’erreur pouvait conduire à des drames.
Cela fait déjà un peu trop en moins d’un mois de transition et de deux semaines de gouvernement avec tous les couacs connus malgré des compétences qu’on dit de premier ordre, puisque la crème des OSC et de notre armée est au gouvernement.
Voilà pourquoi nombre de Burkinabè commencent à s’inquiéter sur l’avenir de leur cher pays. Où ZIDA nous conduit-il ?

Cheick AHMED

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