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Burkina Faso : l’ex-président Blaise Compaoré regagne la Côte d’Ivoire

Après un bref séjour à Ouagadougou, l’ancien président du Burkina Faso Blaise Compaoré est reparti, samedi, à Abidjan où il réside. Il n’était pas revenu depuis huit ans au Burkina Faso, dont il a été chassé du pouvoir en 2014 par une révolution populaire. Et la justice locale l’a condamné, par contumace, en avril à la prison à perpétuité pour l’assassinat en 1987 de son prédécesseur, Thomas Sankara.

L’ex-président du Burkina Faso Blaise Compaoré a quitté Ouagadougou après un bref séjour pour une rencontre d’anciens chefs de l’État avec le nouvel homme fort du pays, le lieutenant-colonel Paul Henri Sandaogo Damiba, a appris l’AFP dimanche 10 juillet de sources gouvernementale et aéroportuaire.

Blaise Compaoré “a quitté Ouagadougou hier (samedi) soir et a regagné Abidjan avec sa famille, notamment son épouse et sa fille”, a indiqué une source gouvernementale, saluant ses “efforts pour le retour de la paix au Burkina”.

Un avion de la République de Côte d’Ivoire “a décollé de la base aérienne” dans la soirée de samedi, avec à son bord “la délégation de l’ancien président” Compaoré, a confirmé une source aéroportuaire.

Blaise Compaoré, président de 1987 à 2014, avant d’être contraint à l’exil en Côte d’Ivoire à la suite d’une insurrection populaire, était revenu jeudi à Ouagadougou pour la première fois depuis huit ans, suscitant une polémique au Burkina Faso.

Alors que pour ses sympathisants, ce retour nourrissait de véritables “espoirs de paix”, des voix se sont élevées pour demander son arrestation, en exécution de sa condamnation par contumace, le 6 avril, à la prison à perpétuité pour son rôle dans l’assassinat de son prédécesseur, Thomas Sankara, lors du coup d’État qui l’avait porté au pouvoir en 1987.

Une “mascarade”
Blaise Compaoré a participé, vendredi, à une rencontre avec un autre ancien président, Jean-Baptiste Ouedraogo (1982-1983), et le lieutenant-colonel Paul-Henri Sandaogo Damiba, qui a pris le pouvoir lors d’un putsch le 24 janvier.

À l’issue de la rencontre, Paul-Henri Sandaogo Damiba a appelé à “la cohésion sociale au regard de la situation difficile” que traverse leur pays en proie à la violence jihadiste.

Blaise Compaoré et Jean-Baptiste Ouedraogo ont, de leur côté, publié une déclaration dans laquelle ils ont appelé “au dépassement des clivages politiques, générationnels, ethniques, religieux et autres croyances traditionnelles” pour “rebâtir ensemble les fondements du pays dans un sursaut patriotique”.

Trois anciens présidents également invités n’ont pas participé à la réunion.

Roch Marc Christian Kaboré, renversé en janvier, a été “physiquement empêché par un groupe d’individus de participer à la rencontre”, selon Paul-Henri Sandaogo Damiba.

Plusieurs de ses sympathisants ont manifesté, vendredi matin, devant son domicile à Ouagadougou, l’appelant à boycotter cette “mascarade”.

Également invités, Isaac Zida, qui avait brièvement pris le pouvoir en 2014 et vit actuellement en exil au Canada, n’a pas pu venir “pour raisons administratives”, selon Paul-Henri Sandaogo Damiba, et Michel Kafando (2014-2015) pour “des raisons de santé”.

Melv

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