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Burkina Faso: manifestation sur la situation sécuritaire dégradée après l’attaque d’Inata

C’est la suite de l’attaque du détachement de gendarmerie d’Inata, dans la province du Soum dimanche dernier, qui a fait officiellement 32 morts selon un bilan provisoire. Des centaines de personnes ont manifesté ce mardi matin à Ouagadougou pour exprimer leur colère face à la dégradation récurrente de la situation sécuritaire.

Réunis à la place de Nation, les manifestants tentent de rejoindre le Premier ministère sans succès. Ils crient leur colère face à la récurrence des attaques terroristes et leur bilan macabre. « On a l’impression qu’on envoie nos frères, nos enfants, nos oncles, à l’abattoir ! Tous les jours, des condoléances. On en a marre. Combien d’orphelins sont là ? Qui va s’occuper d’eux ? », interroge Hermann Tassembedo du mouvement Carton rouge.

Dans les cafés ou lieux de publics, c’est la dernière attaque contre la gendarmerie à Inata qui alimentent également les causeries. Aloïse Kaboré, entrepreneur dans les travaux publics et Ousmane un commerçant, se posent les mêmes questions depuis six ans maintenant.

« On ne sait plus à quel saint se vouer, on ne sait pas ce qui ne va pas. En quelque sorte, on ne sait même plus exactement à quel niveau c’est concrètement ? Mais vraiment, c’est révoltant ! », dit l’un des deux hommes. « Personne n’est content, parce que vu la situation sécuritaire, ce qui se passe ici au Burkina… Personne n’est en sécurité. Depuis que le Burkina Faso est Burkina Faso, on n’a jamais vécu ça ! », reprend l’autre.

Face à la situation, certains Ouagalais appellent à l’union sacrée de tous les Burkinabè. Par contre, d’autres pensent qu’un changement à la tête du pays serait la solution. « On ne comprend plus rien. Qu’est-ce qui ne va pas ? C’est très, très décevant », poursuit un dernier. Certaines organisations de la société civile prévoient d’autres manifestations dans les semaines à venir face à l’insécurité grandissante.

La province du Soum, une région en proie à de nombreux groupes armés

Par Bineta Diagne

Développement local en panne et incompréhension avec l’État central… Cette région du nord du Burkina Faso, frontalière avec le Mali, connaît une série de problèmes et a été à plusieurs reprises la victime de groupes armés.

Parmi eux figurent le JNIM, le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans, l’EIGS, l’État islamique au Grand Sahara, mais aussi de nombreux petits mouvements qui évoluent en permanence. Ils instrumentalisent les frustrations exprimées par les populations locales.

Les groupes armés sont parvenus à s’implanter dans plusieurs localités. Ils contrôlent notamment des sites d’orpaillage, ressources importantes pour l’économie de cette région. Dans certains villages, les groupes armés prélèvent même des taxes.

Ces derniers mois, la violence est montée d’un cran contre les civils, les volontaires pour la défense de la patrie (VDP) et les forces de sécurité. Face à ces violences, les autorités mettent l’accent sur la réponse militaire : l’armée et la gendarmerie sont présentes à Arbinda, Kelbo, Djibo et Tongomayel. Des sites eux-mêmes régulièrement ciblés par les groupes armés.

Melv Le Sage

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