07222017Headline:

BURKINA : LA CEDEAO PEUT-T-ELLE SAUVER LE SOLDAT DIENDÉRÉ ?

gilbert-diendere

Le chef des putschistes, Gilbert Diendéré accompagné de quelques inconditionnels se sont retranchés au Palais de Kossyam. Ils refusent de se rendre pour l’instant. L’armée régulière leur a donné un ultimatum pour déposer les armes avant 10heures.L’ultimatum passé, l’Armée est prête à l’offensive. Les choses pourraient aller très vite si une solution n’est pas trouvée d’ici là. Les populations sont invitées à rentrer chez elle par la société civile. La suite des évènements n’augure rien de bon. Espérons que le Général putschiste soit gagné par la sagesse, car le compte à rebours semble véritablement engagé.

Gilnert Diendéré, l’homme qui se croyait invincible, la terreur de Ouagadougou joue la ruse pour gagner du temps.Il espère par cet acte  être sauvé des eaux par ses soutiens au sein de la Cedeao. Soutiens dont les méthodes de médiation et le projet d’accord qui en a découlé ont déjà été rejetés en bloc par les populations Burkinabés.

Cherif Sy, le président du CNT (Conseil national pour la transition) a exprimé sur BBC , la position générale des Burkinabés. : « Ce qui se passe à la CEDEAO ne nous intéresse pas »

Sur le terrain, l’armée et la gendarmerie ont déjà pris position dans la ville depuis hier, quand les derniers irréductibles du RSP (régiment de sécurité présidentielle), sont cantonnés dans la zone de leur camp, à l’arrière du palais présidentiel.

Si certaines informations tendent à faire monter les enchères en faisant croire à une farouche résistance que pourrait opposer le RSP, en cas de désarmement par la force, c’est n’est que du bluff, une autre stratégie en matière militaire. Car la réalité est bien loin.

Eviter un massacre

Les hommes de Diendéré encerclés dans le périmètre du palais présidentiel et de leur camp ne peuvent tenir un affrontement de longue durée . Ce serait un véritable massacre pour les quelques éléments restés fidèles à la terreur de Ougadougou. Même des marines américains,ne pourraient sortir de pareil bourbier avec toute la puissance de l’armement des  des Etats-Unis. La somalie est encore vivace dans l’esprit des américains.

Le RSP est à cours de munitions, de moyens de locomotion faute de carburant. Et de vivres.

Le nombre insuffisant des éléments du RSP constitue un gros handicap face à tous les corps armés du Burkina Ses effectifs, officiellement de 1300 hommes (environ 2000 hommes si on y ajoute les mercenaires des pays voisins), se sont considérablement amaigris. Face au soulèvement populaire, plusieurs soldats RSP avaient déjà déposé les armes et regagné le camp Guillaume depuis vendredi. D’autres ont suivi hier à l’appel de l’Etat major des Armées Burkinabés. Nombreux ont été enregistrés au camp Sangoulé Lamizana. Beaucoup cédant à la panique se sont évanouis dans la nature (dans des coffres de voitures pour certains). Seuls quelques irréductibles, particulièrement les éléments de sa garde rapprochée, tentent de faire front. Les autres corps d’armée longtemps humiliés par le RSP, le savent. Constitués de toutes les composantes de l’armée, comprenant elle aussi des troupes d’élite (commandos parachutistes, gendarmes commandos, l’armée burkinabé n’entend pas laisser échapper, à raison, cet homme dangereux et à l’esprit revanchard.Il faut le dire tout net, la partie est finie pour le Général Diendéré et ses derniers fidèles.

La Cedeao peut–elle sauver le soldat Diendéré ?

L’homme de main de Blaise Compaoré entendra t-il raison pour se rendre ? Rien n’est moins sûr.

Diendéré, auquel la croyance populaire attribue des pouvoirs mystiques, se sait haï par la population. Mais il en avait cure et se plaisait bien dans ce sentiment de terreur qu’il inspirait jusqu’à ce jour. Durant plus de 27 ans, il fut la hache dont a usé Blaise Compaoré et ses alliés pour faire couler le sang, semer la mort en Afrique à travers rebellions et coups d’Etat.

Selon ses proches, Diendéré a toujours affirmé qu’il n’a peur de rien. Il ne se lasse pas de leur affirmer qu’il mourra en militaire. Signe prémonitoire ?

Malgré les appels incessants à déposer les armes dont celui du président français, le Général Gilbert Diendéré reste désormais reclus dans le camp du RSP à proximité du palais de Kosyam. Jouant la montre, il espère que ses parrains volent à son secours en instrumentalisant la Cédeao dont un sommet extraordinaire est prévu pour aujourd’hui. Ce qui n’est pas du tout gagné.

Les burkinabés rejettent catégoriquement ce projet d’accord suspect et immoral. Ils sont soutenus par les présidents Tchadien et Nigérien. Idriss Deby et Mahamadou Ysoufou estiment que seules les aspirations du peuple burkinabé doivent être prises en compte. On se demande bien comment le président Sénégalais, réussira-t-il à faire adopter des accords rejetés par les populations burkinabé, maîtresses du terrain. A moins qu’il ne s’inscrive dans la logique d’un scénario à l’ivoirienne. C’est une autre paire de manche. Il est fort à parier que son accord est voué à l’échec.

Cedeao, une démarche si suspecte…

Si dans le cas Ivoirien, l’opinion africaine et internationale a été enfumée par les complotistes, de sorte à apporter leurs cautions aux bourreaux travestis en victimes, vice versa, les faits sont autres dans le cas burkinabé. Les rapports de forces aussi.

D’ailleurs, que gagnent la Cedeao, Macky Sall et Boni Yahi à protéger Diendéré par une loi d’amnistie; un individu déjà vaincu sur le terrain au prix d’énormes sacrifices en vie humaines consentis par la population victimes de la barbarie de ses hommes ? Que gagnent-ils à protéger cet homme soupçonné de plusieurs assassinats dans son pays, reconnu comme un criminel par l’Onu dans des trafics illicite d’armes et de diamants, pour violation d’embargo, cité dans des rebellions meurtrières et taxé de terroristes par l’union Africaine ?

Diendéré travaillerait-il pour des dirigeants de cette organisation sous régionale qui souhaiteraient le tirer de ce mauvais pas pour continuer de bénéficier de ses services?

La résident toutes les interrogations que sucitent la démarche de la Cedeao. Le Président Macky sall et Boni yahi semblent plus des acteurs que des médiateurs, tant leur projet unilatéral donne tout au bourreau défait et rien aux victimes dans une partie macabre qu’il a engagé contre tout bons sens ?

Pourquoi, la Cedeao s’acharne-t-elle à vouloir soutraire Diendéré des griffes de la justice de son pays, alors qu’il est plus juste et plus facile de lui demander de déposer les armes et de se rendre en se portant garant de sa sécurité?

Quid du projet suspect de l’institution sous régionale, celle-ci dans sa démarche actuelle est vouée à l’échec.

S’achemine t-on alors vers un scénario ‘’Assuman Mané’’ en Guinée-Bissau, en cas de refus d’obtempérer aux injonctions de l’armée ?

Espérons que la sagesse gagne les auteurs du putsch afin qu’ils se rendent, qu’un bain de sang soit évité et que la justice fasse son travail.

Wilfried K. Sanou

Nordsud24info@gmail.com

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